‹ Portraits littérairesChapitre 6 sur 36 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

ier au Verbe éternel, et la science en effet n'est qu'une participation à ce Verbe. Penché sur les chroniques et sur les chartes, sur les appareils de physique, sur les alambics du chimiste et sur les livres des érudits de toutes les nations, le catholique doit avoir toujours Tesprit en éveil et se tenir obstinément au courant des dernières découvertes de la science. Il doit connaître le dernier Mémoire qui a été publié sur la formation et l'origine du langage, les derniers éclaircissements qu'on a donnés sur la Saint-Barthélémy ou sur Ja Ligue, la dernière planète dont on a deviné l'orbite dans le ciel, le dernier corps simple que l'analyse a révélé, et surtout les dernières harmonies qu'on a solidement établies entre la doctrine de l'Eglise et tant de découvertes merveilleuses. Cette dernière connaissance est à ses yeux la plus précieuse de toutes celles qu'il a le devoir de désirer. Assuré que l'Koflise ne peut errer, il pousse de véritables cris de joie quand il lui est donné de constater une fois de plus le parfait accord, souvent caché, toujours réel, qui existe entre la science et la foi. Il vit au milieu du siècle de la critique, il le sait, ne s'en désole point et n'hésite pas à proclamer très-haut que le dernier mot de la critique sera Dieu. Jamais il n'est troublé dans sa foi par le langage des érudits ; s'ils affirment quelque chose de contraire à sa croyance,

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il lève les yeux au ciel, raiïermii son courage, et se dit que tel est en réalité l'état actuel de la science, mais que la science varie et que peut-être elle en viendra demain k adorer ce qu'elle brûle aujourd'hui. Puis, il se remet à ses labeurs d'un front absolument tranquille et n'en aime moins vivement ni la science, ni les savants. Il attend, il espère, il est certain !

[1 nous semble qu'en se plaçant à ce point de vue très-élevé, on envisage aussitôt plus d'une question sous une physionomie toute nouvelle. Il nous est pénible de penser que quelques esprits inquiets ont combattu les progrès de l'instruction primaire et ont cru servir la cause de la Vérité en ne détestant pas l'ignorance, en favorisant les illettrés, a Ils ne liront pas de mauvais journaux», dit-on. On n'ajoute point, hélas! qu'ils ne pourront pas lire non })lus toutes les grandes et bonnes œuvres que Dieu a fait écrire ici- bas pour la diffusion de sa Lumière. On ne se dit pas que, si les illettrés échappent à cette lecture des mauvais livres, ils se les feront lire, raconter et commenter par d'autres, et que le poison leur arrivera ainsi plus dangereux encore et en quelque manière plus envenimé: En principe, il est évident que les développements des connaissances humaines ne sauraientjamais être nuisibles àl'éternelle Vérité. Mais, pendant une période de temps plus ou nioins

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longue, et jusqu'à ce que l'élément chi^étien ait pénétré l'enseignement des sciences, il arrivera seulement que ces progrès seront parfois dangereux pour un certain nombre d'âmes. C'est à nous, catholiques, d'amortir ces dangers, mais sans combattre, sans nier, sans détester la Science elle-même. On a beaucoup agité en ces derniers temps le grave problème de l'éducation des filles. Les pères de la société chrétienne, les Evêques ont élevé la voix et défendu l'honneur de nos familles. Ils ont montré quels dangers résulteraient de ces Cours publics où l'on surexcite la vanité des jeunes filles par une mauvaise émulation, où l'on remplace au fond de ces âmes sereines la foi par la discussion et la candeur par le pédantisme. Mais la question est loin d'être épuisée. 11 convient d'ajouter, pour être juste, que l'éducation des filles n'est pas aujourd'hui ce qu'elle devrait être ; et, pour tout dire en quelques mots, « il y a quelque chose à faire. » Nous avons entre les mains certains traités de littérature et d'histoire destinés à celles qui seront un jour des femmes et des mères chré^ tiennes. Plusieurs de ces livres sont véritablement médiocres. Y aurait-il quelque inconvénient à les remplacer par de bons livres pleins de science et de lumière ? L'Histoire littéraire et l'Histoire sont le plus souvent enseignées d'après de vieux petits

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