‹ Portraits & paysagesChapitre 114 sur 114 · AUX BORDS DE LA. MORGE · texte numérisé non relu

AUX BORDS DE LA. MORGE

bois et des collines de son proche décor, avec^ dans le lointain horizon, la courbe douce des monts du Forez, le dessin massif des Dômes^ d'où émerge le profil du grand Puy. Et voici une autre demeure, celle-là sans horizon champêtre, la maison de ville, « l'hôtel Chabrol »» C'est à Riom, cité de recueillement, qui garde comme dans un silence religieux les gloires de ses vieilles familles.

L'hôtel est là, dans une rue qui porte son nom, longue rue déserte, où l'on entend seulement bruire une fontaine. Il se dresse au fond d'une vaste cour, grave de style, éloquent par le passé qu'il atteste. Le poète raconte ce passé» Sur les vieux murs en pierres de lave, il a lu la chronique de jadis, charmante ou émouvante. C'est, en 1779, la réception, par Michel de Chabrol, de M. de Lamoignon-Bâville, exilé de Maupeou; gai et badin exilé, qui fait la nargue à sa disgrâce. En 1793, c'est la visite des agents de Couthonqui viennentarrêter Gaspard-Claude de Chabrol et Marguerite-Marie de Vissaguet, sa femme. C'est, en 1814, un conseil de guerre où siégeaient Exelmans et Ney. Ensuite, des événements intimes ressuscitent; fêles ou deuils, renouvelés, dirait-on, et ravivés. Chacune de ces évocations s'accompagne d'un leitmotiv, lui-même évocateur, qui est la description, fine et colorée, du salon du dix-huitième siècle, témoin de tant de choses. Voilà ses tapis-

séries, ses meubles contournés, ses chinoiseries galantes...

Ainsi, tableaux de nature et tableaux d'intérieur, scènes villageoises et vie de salon, légendes et souvenirs se mêlent dans ce recueil. Et ce livre de gentilhomme artiste fait un livre de qualité rare. On y croit entendre la musique du vent, celle des oiseaux, des airs de vieille paysanne, des notes éteintes de clavecin...

14 juillet 1912.

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