‹ Portraits & paysagesChapitre 2 sur 114 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

quand il est tenté par des affirmations trop fortes. Remarquez-le. Ce n'est pas manque de courage. M. Michel Salomon n'a jamais caché aucune de ses convictions profondes. Catholique et traditionaliste, il s'est déclaré tel avec une netteté qui exclut toute équivoque. Mais l'on sent en lui, à côté de ses croyances si entières, si fortes, la constante présence du scrupule, un souci de ne pas méconnaître des sincérités contraires à la sienne. Pourquoi ? C'est que l'adolescent a éprouvé tout jeune cette « grande pitié » dont parlait Jeanne d'Arc. Il a com]prisqu*après cette première guerre punique il en viendrait une autre, et qu'à cette heure décisive, la France aurait besoin de tous ses enfants. Exaspérer l'antagonisme des esprits, c'était d'avance nuire à cette union. M. Michel Salomon fut de ceux qui ne voulurent jamais avoir été des ouvriers de haines civiles. Je ne sais pas de plus pathétique disposition d'âme dans une époque comme celle qui marqua l'établissement et l'installation d'un régime où les sectaires l'ont trop souvent emporté pour que des représailles n'eussent pas été légitimes. Ceux qui se les sont interdites par amour pour le pays ont vraiment été de bons citoyens.

Cet amour, l'auteur de ces Portraits et Paysages l'avait puisé à la vraie source. Il avait appris à chérir la France en chérissant l'Auvergne, car il est né à Riom, dans cette vieille ville parlementaire, dont les boulevards aujourd'hui presque déserts, et les nobles maisons silencieuses racontent la splendeur dis-

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