PREFACE VII
parue. Lisez, dans ce livre, le morceau sur la Limagne. Ecoutez de quel accentMichel Salomon célèbre « Rioni rendormi, Riom le mort », et autour de lui la plaine immense, a Tample et opulente » plaine où « le froment pousse dru », dont «riierbe, riche de suc, foisonne dans les prés arrosés d'eaux vives », et, à l'horizon, au loin se dessinent les bleues montagnes du Forez, plus près la ligne déchiquetée des volcans éteints. De cette contrée, l'écrivain sait tout, etqueSalvien appelait laLimagne «la moelle desGaules », et que Sidoine Apollinaire la peignait comme « une mer de moissons », et que de Pradt a médit des autochtones, « race laide », et que Chateaubriand a protesté, en les disant « construits fortement ». Il en a suivi toute l'histoire, et les héroïsmes et les malheurs, la lutte contre César, les ravages des routiers lors de l'invasion anglaise, les guerres de religion. Un château ruiné près de Riom : Tournoëlle est, pour lui, le témoin des « blessures de 1590 et 1591 ». C'est le terme qu'il emploie, tout naturellement. Oui. Ces pierres, pour lui, sont vivantes et souffrent encore. Ce fut, dit-il d'elles, « mon livre à épeler l'histoire... Mes idées d'enfant sur le moyen âge militaire et social trouvèrent forme et couleur dans ces courtines éventrées», et ses idées d'homme dans la méditation devant les graves figures de ses compatriotes de jadis : Michel de L'iiospital, Rlaise Pascal, les Arnauld. Il rappelle avec orgueil le mot de Sainte- Heuve: « L'Auvergne les avait trempés. » Et il ajoute: « C'en est assez pour signifier le moral