A LA PREMIÈRE VENUE
wnLoonABLE et menteuse Femme, Être faible aux charmes puissants, Je t'aimais de toute mon âme^ Quand tu m'aimais de tous tes sens.
Je t'ai quittée et t'ai reprise Dans le même avilissement; Mais ton beau corps^ ta chair exquise Brillaient vertigineusement !
Matière, ô Matière enivrante, Douce ambroisie, acre poison.
De l'Ame serais-tu parente?
Serais-tu soeur de la Raison?
sa PORTRAITS SANS MODELES.
Dans ces flancs pleins d'ombres épaisses Où s'émousse For des rayons, Sous de ténébreuses espèces Se font mille communions.
Nul à ton culte n'est rebelle.
La Mort te rajeunit. Comment La Forme serait-elle belle, Sans l'être irrévocablement ?
La Beauté sainte est le symbole De l'Absolu mystérieux; La Lumière est son auréole, La Vérité luit dans ses yeux.
Par elle notre argile est digne D'être, et de subsister toujours :
Toujoiu's la couleur et la ligne Auront nos plus fortes amours.
Les types premiers de la Forme Sont plus purs que les sentiments ; Ils tiennent Tunivers énorme Dans leurs souples embrassements.
Hommes vains, tâchez de comprendre Un Dieu qui vous puisse être cher, Un Dieu vraisemblable, un Dieu tendre.
Sans que son Verbe ait été chair.
Matière, éclosioii immense Ayant pour parfums les amours^ Tombeau fécondant la semence.
Printemps qui sors des sombres jours,
Epanouissement sublime Où TAube naît de la Beauté^ A toi la Force, à toi Fablme De l'insondable Eternité !