‹ Portraits sans modèlesChapitre 20 sur 51 · BERGERIE · texte numérisé non relu

BERGERIE

Lb ciel est rose, et les arbres sont bleus.

Ma bien-aimée esc vécue en bergère.

Nous traversons des pays bbuleux, Le cœur noyé d'ivresse mensongère.

Dans les lointains flotte un charme indolent. De blancs moutons aux faveurs d'azur tendre Le long des prés nous suivent en bêkni ; Je dis : • Lucindel » Elle répond : -i Clttandrel

Près des ruisseaux nous cueillons des bouquets. La fleur de feu ne croît pas sur ces rives ; Mais Véglantine y prend des airs coquets.

Et le muguet des pâleurs si plaintives!

• Les peupliers, qui bordent l'horizon.

Chantent là-bas comme des cœurs sensibles ; Un saule nain, tombant en pâmoison. Soupire aux flots ses rêves indicibles*

Le vent murmure et meurt autour de nous.

Il ne fait pas grand jour ni clair de lune :

Plus que Phœbus le crépuscule est doux.

Plus que Phœbé la pénombre opportune.

Les nids cachés chantent des menuets ; Nous ébauchons une danse fluette.

Puis nous faisons de beaux saluts muets Sous le ruban qui flotte à ma houlette.

Du lait, des fruits forment nos soupers fins. Je ne sais plus si nous avons une âme ; Mais nous avons des sens vraiment divins.

Qu'un paradis très délicat réclame.

Nous nous couchons sous un berceau de fleurs; Nous nous parlons, mais ce n'est pas en prose; Nous nous aimons, mais sans rire et sans pleurs : Les arbres bleus dorment sous le ciel rose.

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