TOILETTE CLAIRE
Après les jours de neige, après les jours de pluie, Le temps se rassérène et l'air redevient doux ; Les derniers pleurs du ciel, un rayon les essuie: Sens-tu le gai printemps se réveiller en nous ?
Mets ton chapeau de fleurs et ta robe légère. Je t'aime chaque jour mieux que je ne t'aimais ; Mon âme pour ton cœur n'est plus une étrangère : Il ne faut pas douter du bonheur désormais.
Hors du fiévreux Paris nous irons le dimanche
Cueillir aux jardins verts un bouquet de lilas;
Dans l'eau fraîche, en rentrant, nous mettrons chaque branche.
Nous nous endormirons amoureusement las.
Nous travaillerons bien les jours de la semaine. J'espère peu de gloire en ce siècle d'argent; Tu n'auras ni Torgueil ni l'éclat d'une reine, Mais notre amour sera pour lui-même indulgent.
Je te rapporterai parfois une parure ; Le soir tu me diras de vieux airs oubliés ; Et dans mon rêve ému montera ta voix pure, Comme un frisson d'eau vive entre les peupliers.