‹ Portraits sans modèlesChapitre 4 sur 51 · SOLEIL DE MARS · texte numérisé non relu

SOLEIL DE MARS

L'hiver fuit. L'oiseau sur le toit S'abat, lisse son aile et chante.

Le monde paraît moins étroit, La Providence moins méchante.

On rajeunit donc en dormant ?

Sentez-vous déjà cette brise Dont le parfuni réveille et grise?

Tout semblait vieux, tout est charmant.

Regardez comme tout se lève Et s'aventure hardiment Dans la vie, au sortir du rêve.

A peine sur les arbres nus Frissonnent quelques feuilles vertes; Les lilas ne sont pas venus.

Les roses ne sont pas ouvertes.

L'air qui souffle est encor bien frais !

Mais les légères promeneuses Ont déjà de plus doux attraits ; Déjà leurs lèvres savoureuses Et le son de leurs fines voix Nous rappellent les gais murmures Des nids chantant sous les ramures Et Tincarnat des fraises mûres, Des petites fraises des bois.

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