‹ Portraits sans modèlesChapitre 34 sur 51 · MATINEE PARISIENNE · texte numérisé non relu

MATINEE PARISIENNE

ri uiT heures du matin. Il souffle sur les toits

Un air tiède, apportant la bonne odeur des bois.

Paris joyeux fait sa toilette du dimanche.

Une femme se peigne en camisole blanche

A sa fenêtre, où pend un petit miroir rond ;

Un flot de cheveux bruns retombe sur son front,

Et sur son cou penché frise une boucle folle.

Elle me voit, rougit, ferme sa camisole.

Et se cache en riant derrière le rideau.

Sur le trottoir le pas pesant du porteur d'eau

Résonne, Le soleil miroite à la croisée.

Un moineau franc s'abat d'un toit sur la chaussée.

Et pique de son bec une miette de pain.

Deux jeunes amoureux roulent dans^ un sapin :

Les stores rougissants cachent leurs escarmouches ; Un invisible dieu les protège. Les mouches Harcèlent le cheval; et le pavé vermeil Fuit sous la roue en feu dans For du grand soleil.

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