‹ Portraits sans modèlesChapitre 40 sur 51 · INSTANTS D'OUBLI · texte numérisé non relu

INSTANTS D'OUBLI

Ky la fleur de leur sang qui parfumait leurs lèvres !

O les profonds baisers, les pénétrantes fièvres,

Les deux cœurs réunis battant à Tunisson,

Les yeux ardents, les bras roidis! O le frisson

Dont leur être vibrait, tandis qu'en la caresse

De leurs regards mêlés étincelait l'ivresse !

Et puis, les longs moments de pleine volupté.

Où le désir renaît de la satiété ;

Où les sensations débordent en extase

Comme un vin fort qui mousse en jaillissant du vase

Il s'ouvre un horizon vaste et pur, tout en feu ;

L'amour y brûle ainsi qu'un astre en plein ciel bleu.

On s'enlace, on s'étreint, on voudrait se confondre ;

L'univers tout entier semble écouter, répondre.

Un (el bouillonnement de la fécondité

Surgit, qu'aux profondeurs on se sent emporté,

Et que vers l'infini, parmi des vols d'étoiles,

Les corps, sombres vaisseaux, les âmes, blanches voiles,

Nagent, baignés du flot des ruisselants plaisirs

Et tout enveloppés du souffle des désirs!

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