RBSISTÀNCE DU PEUPLE PORTUGAIS AUX PRETENTIONS DE L'ESPAGNE
Avant même la réunion des états , qui avait eu lieu le 1*' juin 1579, pour jurer fidélité au roi Henrique , le premier élan de la nation avait été de protester unanimement contre la force étrangère , Le 8 mai , deux simples artisans , Martim Fernandez , cordonnier, et Antonio Pirez^ potier, tous deux prenant le litre de maitres en la cUé de- Lisbonne^ avaient fait cette allocution dans une des salles du monastère do Carmo , et ils avaient cru devoir s'adresser aux gentilshommes dont la loyauté leur était connue :
A Seigneurs , nous avons su que quel- « ques personnes principales, quelques « nobles, oubliant les obligations aux- « quels ils sont tenus , et mettant de côté « leur honneur , tiennent un langage et « font des choses qui sont contre le bien « commun et la sécurité de ces royau- . « mes. Comme bons Portugais , nous « sommes décidés à y porter remède; « car nous nous souvenons de ce qu'ont « faitles habitants de cette ville, au temps « du roi Joam P^et sous d'autres monar- « ques. Pïous demandons à vos seigneu- « ries , comme étant têtes principales de « cette république, d'aider au moins à « la soutenir. Nous demandons qu'on « ne perde ni son honneur ni son droit, « en écoutant la partialité ou les eonsi- « dératioDS particulières de quelques in- « dividus. Vos grâces peuvent être assu*
< rées d'aoe chose ; c'est que, pour la dé- « fense de nos droits et le châtiment des (( Portugais versatiles , nous sommes a prêts à nous lever avec quinze ou vingt « mille hommes de cette cité et de ses eua virons. Deux heures sufOront pour les a réunir si cela est nécessaire , et nous « brûlerons les habitations de ceux qui a commencent à parler et à agir contre « le bien général ; toutefois, rien de ceci « ne sera mis à exécution, tant que nous « attendrons châtiment et remède à ces « maux par une autre voie. Il nous a « semblé que nous devions rappeler cela « à rétat de la noblesse et également « aux deux autres états , afin que fassem- « blée entière tr^tât en toute sécurité « du bien commun et du repos de ces « royaumes , sans crainte de la force , « de la violence, des moyens cauteleux « ou préjudiciables. Nous espérons donc « qu'on n'entendra plus dorénavant la « voix de ceux qui rendent tout imposa sible , et qui ne veulent ni donner ni « chercher le remède à de tels maux (*)*"*
Les noms du cordonnier et du potier de Lisbonne n'ont été redits que nous sachions par aucun historien. Leur dis« cours généreux est enfoui aujourd'hui dans un recueil ignoré. Il nous a semblé qu'il était bon de faire voir tout ce qu'il restait de ferveur patriotique à ce peuple généreux qu'on allait charger de chaînes.
Don Antonio le savait ; il connaissait les maux du pays , et il y cherchait sincèrement remède : la postérité doit lui tenir compte au moins de quelques sentiments généreux.
MOBT DUBOI CABDINAL.— DON AN- TONIO ÉLU PAR LE PEUPLE. — EXPE- DITION DU DUC D'ALBE GONTBE LIS- BONNE.— PBISE DECETTE VILLE. — RÉ- SISTANCE DU PBÉTENDANT. — Lcslut-
tes orageuses qui agitèrent les derniers mois du règne de donHenrique minèrent sa constitution débile et le conduisirent rapidement au tombeau. Il eut bien certainement le sentiment de sa Gn pro-
(*) Toy. le manascrit de la Bibliothèque du rui D<^ 10,241 (fonds Saint-Germain.) Ce précieux recueil renferme d'autres pièces d'une certaine importance pour l'histoire du Portugal : nous nous empressons de le signaler aux historiens nationaux dont les publications récentes nous révèlent chaque Jour la science réelle et les généreuses tendances.
chaîne; mais il donna des preuves publiques de son animadversion pour don Antonio : peut-être n'eut-il pas la fermeté nécessaire pour désigner un successeur quelconque lorsqu'il en fut requis de nouveau ; il crut avoir accompli son devoir de roi , en désignant par son testament les cinq gouverneurs qui devaient régir le royaume dans l'interrègne qui allait s*écouler. Telle fut la ' faiblesse )hysique qu'il eut dans ses derniers ours» telle fut aussi Timpatience que 'on avait de connaître ses volontés dernières , que l'on agit de son vivant , dit-on, comme s'il eût déjà compté parmi les morts. La caisse renfermant son testament fut ouverte solennellement , et l'on sut du moins à quoi s'en tenir sur les dépositaires futurs du pouvoir. Il revint à la vie cependant; mais, dès ce temps , ses jours étaient comptés , et le 30 janvier 1580, comme il était environné de religieux qui ne quittaient plus son chevet, une éclipse de lune commença. Il demanda l'heure , se retourna sur son chevet et garda quelque temps le silence, puis changeant de position tout à coup, il dit aux moines : « Mettez-moi dans la main cette chandelle, l'instant est arrivé ; » et il expira paisiblement. L'éclipsé , dit-on, avait eu le temps de s'accomplir entre l'heure où il avait parlé et celle qui l'avait vue finir (*]. Les dignitaires désignés par le testament de don Henrique prirent aussitôt possession de la charge importante qui qui leur était dévolue; et le prieur do Crato, de son coté, réclama avec vivacité
Sour qu'on admît en fait ce qu'il regarait comme un droit incontestable. On a pu voir par le discours que nous avons donné quelques pages plus haut, s'il y avait des esprits énergiques dans le peuple et s'il restait des haines vigoureuses dans les cœurs portugais contre les Castillans. Don Antonio s'adressa à eux ; et il trouva aussi, parmi les nobles, des hommes comprenant que le plus grand malheur d'un peuple est de subir Tinvasion étrangère. Tel , fut entre autres , ce généreux Diego de Menezes, qui avait
C) Le pseudonyme*du comte de Portalègre, Hyeronimo Franchi, raconte cette mort étrange avec de grands détails; et il se livre ensuite à une appréciation assez modérée, contre son ordt> naire, uu caractère de ce monarque.
L'UNIVERS
combattu jadis dans l'Inde , et qui ^'offrit à commander Tarmée , dans le cas ou l'on songerait à résister vigoureusement aux prétentions de l'Espagne.
De son côté , Philippe II ne négligeait rien pour obtenir pan l'adresse ce qu'il savait déjà pouvoir obtenir par la force. Il écrivit aux gouverneurs,
{)Our revendiquer ses droits. Les signes es plus minutieux de son adhésion complète aux usages des Portugais ne furent pas négligés. On remarqua qu'au lieu de signer sa lettre el Rey , il souscrivit la dépêche du simple mot Rey, comme les anciens rois de Portugal, ayant grand soin , en outre , de faire suivre la signature ofGcielle des cinq points qui rappellent les cinq quinas, symbole des plaies du Sauveur, et, comme tout le monde le sait, souvenir tout national d'un peuple qui avait su conquérir son indépendance.
Phih'ppe, après tout^ avait de chauds adhérents en Portugal ; et qui plus est, il avait entraîné dans son parti des gens dont l'habileté était restée mcontestable : des noms parmi lesquels on comptait ceux de plusieurs seigneurs , tels que Portalègre et Christovam de Moura, prouvent sufOsamment ce que nous avançons ici. Cela n'empêcha pas le prieur do Crato de lutter avec avantage contre ce pouvoir menaçant. Philippe, tentant de séduire le prétendant, alla jusqu'à lui écrire, de sa propre main, d'une manière tout affectueuse. Ces avances furent rejetées à bon droit par le prieur do Crato : il y a, je le répète, quelque chose de digne et de noble dans ce prince, c'est sa persévérance à faire triompher l'indépendance des Portugais.
S'il faut en croire des ouvrages , assez rarement consultés , don Antonio crut que la France , effrayée de l'accroissement de puissance qu'allait acquérir l'Espagne , n'hésiterait pas à lui envoyer des secours efficaces , et cette pensée le soutint dans sa résistance. Mais ces promesses furent d'abord illusoires ; et Henri III , sollicité par sa mère, se tint dans l'inaction. Il fallait agir cependant; car Philippe fePrt^fif^n^ agissait. Après avoir pris le titre de défenseur du royaume, titre qu'il aurait, voulu garder, disent ses ennemis , n'ayant pas la force d'aller plus loin dans ses prétentions , don An-'
tonio reçutofficiellement le nomde roi , mais à l'iiflproviste et dans une assemblée quelque peu tumultueuse. Durant un rassemblement populaire qui eut lieu à Santarem, le mot solennel d'acclamation : Real! Real! fut prononcé avec enthousiasme. Les pièces , validant le choix spontané du peuple, furent signées par plusieurs seigneurs et par certaines autorités locales, mais il n'y eut ni prise du sceptre , ni baise- main ; et cette dernière cérémonie, qui constatait jadis le vasselage des grands en Portugal , ne vint jamais confirmer le choix populaire. Tout rappela bien, en cette circonstance, les débuts glorieux du Mestre d'Aviz ; mais rien ne répondit dans la conduite du prétendant au commencement du règne de Joam !*'(*).
(') Le prlear do Crato manqua peut-être de résolution soudaine , sHi ne manqua point de persévérance ; mais le comte de Portalègre, qui se cache sous le pseudonyme de Conestagw Franchij calomnie cemallieureux prince, lorsqu'il raconte son élection à Santarem. Après avoir rappelé la journédu l» juin i&so, où don Antonio était venu faire ses dévotions à une chapelle de la ville, avant de fonder une forteresse qui devait arrêter Finvasion de Philippe, il s'exprime ainsi : « hà cérémonie ne fut sitôt commencée qu'Anthoine Baracchio, ' homme audacieux, haussant un mouchoir sur la pointe de Tépée, cria : Anthoine Roy , et fut
Suivi avec grand rumeur et grands cris, quasi ie toute la multitude, laquelle, pour s'assurer de ceux gui n'étoient de cet ad vis, ou pour une certaine vaillantise, tira les espées. En cet instant, Apthoine , feignant modestie, ou hien poussé de son irrésolution, cria : Non, non, et marcha un pas avant comme pour faire taire le peuple ; et Pierre Goatigno, capitaine de cette place, avec colère, vouloit aussi empêcher les cris, disant que le prieur ne désiroit d'être appelé roy : mais cela ne servit de rien, car le Baracchio , iMiissant contre le capitaine une pistote qu'il ienoit, le fit taire ; à Toocasion de quoi il se partit. Aothoine, soit que se voir tant d'armes nues à l'enlour ou que se monter en telle sorte à telle dignité, porte avec soy crainte, estoit peureux et tremblant, et en donna des indices notable aux siens; desquels estant aidé à monter à cheval, au premier pas, bronchant le cheval en signe de mauvais augure, il tomba quasi, et tonte la noblesse qui 8'y trouva le suivit à pied, la teste nue, comme ^roy.> Non-seulement l'acclamation solennelle de : Real, Real para Portugal, ittt prononcée dans cette occasion; mais, on le répète, les actes écrits, qui donnaient la couronne au grand prieur, furent signés par la noblesse et par le peuple. On voit donc que ce n'étoit pas sans
Suelque fondement que don Antonio prenait le tre de roi durant son exil ; il l'était, comme l'était devenu Jean 1^, par la volonté da peuple ; il ne lui manque pour garder la couronnç • qu'une Journée glorieuse comme celle d'Abjubarotta.
Philippe n'avait pas attendu que les choses en vinssent où elles étaient en 1580 pour prendre une résolution décisive; il avait fait taire un mouvement d'humeur contre leducd'Albe , et il avait rappelé cet impitoyable exécuteur de ses volontés pour le mettre à la tête d'une armée d'invasion , destinée à con(|uérir le Portugal. L'homme de fer obéit au maître. Vingt mille soldats d'infanterie, deux mille chevaux, s'avancèrent contre la frontière, sous le commandement du vieux général, pendant que Philippe le Prudent demeurait à Badajoz.
Malgré le péril de sa situation , don Antonio recevait des preuves évidentes de la sympathie des peuples, et même du dévouement de quelques familles puissantes. Lorsqu'il entra dans Lisbonne, et lorsque Ton confirma dans cette capitale l'acclamation spontanée de Santarem, il y eut, maigre la peste gui régnait encore , des divertissements populaires, qui témoignaient de l'assentiment qu on donnait à cette élection. Hieronymo Franchi , dont le témoignage ne saurait être suspect , rappelle qu'à cette occasion les femmes du peuple elles-mêmes voulurent donner des preuves non équivoques de leur amour pour rindépendance nationale. £lles formèrent des espèces d'escadrilles militaires ; et on les vit se promener en bon ordre dans la ville , tenant une pelle sur l'épaule : elles voulaient rappeler ainsi qu'à la fameuse bataille d'Aijubarotta une Portugaise, Brites de Almeida, armée simplement d'un pareil ustensile, avaitassommé à elle seule six Castillans.
Ces démonstrations encourageaient don Antonio; mais elles n'arrêtaient pas le duc d'Albe. Don Fernando de Tolède savait mieux que personne que les plus braves et les meilleurs de ce royaume avaient succombé dans les plaines voisines de Larache; il marcha et ne rencontra qu'une faible résistance. L'histoire nous a conservé les noms de quelques dignes seigneurs, qui demeurèrent dans l'opposition armée, bien qu'ils ne tinssent pas pour le parti du prétendant. Honneur à ces Portugais du vieil âge, qui se rappelèrent les temps héroïques de Nuno Alvarez Pereira !
Don Diego de Menezes avait concen-
tré ses forces dans le château de Cascaes ; il résista avec une valeur digne d'un meilleur sort; soit qu'il eût été trahi , comme le veut Vasconcellos de Figueiredo , soit qu'il eût méconnu, par une fatalité malheureuse, les parlementaires du général espagnol, sa Gn fut déplorable ; sous le prétexte qu'il avait outre-passé les droits de la défense, l'impitoyable Fernand de Tolède lui fit trancher la tête (*).
L'arméedu duc d'Albe arriva bientôt à quelques lieues delà capitale; et contre son ordinaire ( ce dont il fut loué depuis ), le vieux soldat ne temporisa pas : il passa le Tage et fut, en quelques jours, sous les murs de Lisbonne. Don Antonio était décidé a se défendre, et il résuite pour nous d'un grand nombre de documents , qu'il se vit secondé avec ardeur dans cette résolution par les ordres religieux, bien puissants encore à cetteépoque. Mais que faire avec une population mal armée , que l'on entraînait le matin au combat et qui se dispersait dès qu'il fallait s'enrégimenter et former des corps réguliers propres à la résistance? On regretta alors sans doute de n'avoir pas profité du moment d'enthousiasme qui s^était manifesté dans I assemblée du 8 mai 1579. Les derniers cris poussés à Alcaçar retentissaient sans doute dans tous les cœurs; mais la prophétie du Camoens s'accomplissait. Le prieur, dont on ne saurait faire un héros, résista cependant , et il résista avec une certaine énergie; le 25 août 1580, il avait été mis en déroute à Alcantara : il y eut encore quelques échauffourées.
Le peuple ne manqua pas de courage, puisqu^un millier d'hommes furent tués ; une lutte plus vive encore n'eût pas arrêté le duc d'Albe. Lisbonne capitula :
le centre de la ville fut excepté ; mais on pilla les faubourgs; et, si don Fernand de Tolède n'eût pas usé d'une précaution fort sage , en envoyant une garde sûre vers le port , la douane , où le commerce des Indes accumulait tant de richesses, eût été infailliblement dépouillée. Le pillage dura trois jours, et les couvents situés hors de la ville ne furent pas tous respectés.
(*) Selon Hyeronimo Franchi , les Espagnols ne perdirent qu'une centaine d*hommes dans lo combat qui précéda la reddition de ListM>nne .
L'UNIVERS
Le prétendant était parvenu à fuir; un sentiment généreux pensa lui coûter la vie; il fut blessé en voulant secourir un des. siens , il échappa heureusement cependant , et il courut vers Santarem pour obtenir du moins un asile. 11 eut, dès ce moment, la preuve du sort qui lui était réservé et de la terreur c|u*inspirait le nom du duc d*Albe. La ville ou son acclamation avait retenti naguère avec tant d'enthousiasme, lui refusa l'entrée dans ses murs. La nécessité de pourvoir à sa propre sûreté lui persuada qu'il ne fallait plus désormais se présenter en suppliant ; et, quand il parut devant Aveiro, qui le repoussait également , il crut bien à tort devoir user de violence : la ville, enlevée d'assaut par ses partisans, fut bientôt livrée au pillage (*).
Pendant que ces événements avaient lieu , Tanxiété la plus vive régnait à Badajoz, où Philippe II avait transporté sa cour. Avant qu'aucun message oificiel parvînt dans cette ville, un marchand ambulant y fit connaître la victoire du duc d'Albe et la prise de Ir grande cité. Il y eut de^ réjouissances publiques qu'une antique mimitié expliquait; mais il y eut aussi des prétentions hors de saison que la prudence eût pu défendre. S'il faut en croire divers historiens, Philippe sut contenir jusqu'à un certain point ces ambitions effrénées , qui fondaient sur la destruction récente d'une nation héroïque mille projets désavoués
Ï)ar la saine politique. Le fils de Chares-Quint était trop habile pour obéir ouvertement aux suggestions égoïstes. Il fit mieux. Lorsque le récit de la victoire se fut confirmé par l'arrivée de don Fernand, le propre fils duduc d'Albe, les premières paroles officielles du monarque furent toutes en faveur du Portugal : il mit en avant même la possibilité d'établir de nouveaux privilèges 2ui pussent rehausser encore aux yeux es nations la ville insigne de Lisbonne : c'était trop pour qu'on y crût.
Quelque temps après qu'on eut pourvu aux premières nécessités de la
(♦) Voy. VasconceUos de Flguelredo : Histoire secrète de don Antoine , roi de Portugal, éd. par MmedeSalnt-Onge, p. 60. II va sans dire qae le pseudonyme Conestagio Franchi tonne, eu cette circonstance, contre don Antonio.
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conquête , un événement inatteoda vint jeter la consternation parmi les Espagnols. Philippe tomba dangereusement malade, et bientôt son état empira à tel point , qu'on put croire à une mort prochaine. Dans les prévisions que cet mcident faisait naître, bien des gens comptaient comme une faute irréparable le peu de diligence que le ducd Albe avait tait pour devenir maître de la personne du prétendant; il semblait même que cette faute , aux yeux de quelques personnes, compensât les avantages de la conquête.
Loin d'abandonner la partie , le prétendant faisait, au contraire, un appel Elus énergiaue à ses partisans. Sur le ruit que Pnilippe était mort, il se renferma dans la ville de Porto et s'y défendit avec vigueur. Des forces considérables envoyées par le duc d'Albe , à ce que l'on assure , et la trahison de quelques habitants , contraignirent le prieur à abandonner cette ville et à se réfugier dans le port de Viana , d'où il espérait gagner la France. Ce fut alors qu'il écrivit à Catherine de Médicis, en lui peignant sa triste position. Sa lettre, écrite d'un style plein de véhémence, ne fut pas inutile, et la reine vint à son aide.
On lui expédia un navire afin qu'il pût gagner la France; mais les mesures prises par le duc d'Albe s'opposèrent d'abord à ce qu'il profitât de ce secours. Il futdoncerrant dans le Portugal tout le reste de l'année 1580. ISéanmoins , le 6 janvier 1581, grâce à l'adresse d'un cordelier, il put s'embarquer et gagner Calais ; de là il passa en Angleterre pour tenter quelques efforts auprès d'Elisabeth.
Le moribond était revenu à la santé; et déjà la noblesse du Portugal pouvait s'en apercevoir; car de terribles exécutions ensanglantaient Lisbonne. Le nouveau roi , oui avait pris le nom de Philippe rs choisit naturellement ses victimes parmi les hommes dévoués au parti de don Antonio. « Les plus intré-
Sides furent intimidés par ses cruautés, it VasconceUos de Figueiredo; il ne pardonna pas à un de ceux qui avaient favorisé ce prince ; la comtesse deVimioso, mère du connétable de Portugal , sept de ses filles , belles et jeunes , furent les
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