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C'est la vérité que les Irocpiois tuèrent le P. Jogues en haine de la foi et de ses pieuses ]3rati(pies (ju'ils entachaient de sorcellerie et auxquelles ils attribuaient tous leurs malheurs. Déjà dans sa première captivité, les Iroquois le menacèrent plusieurs fois de mort, ou parcequ'il se refusait à des actions (|ui sont contre la religion chrétienne, ou jjarce (lu'il se livrait à des exercices (pii sont commandés ou conseillés par notre sainte religion. Lorsfpie le S. d. D. suivait à la chasse ses maîtres, il
s'aperçut que toutes les fois qu'une l)ête avait été abattue on prenait le morceau le plus estimé de l'animal et qu'on l'offrait au génie Aireskoï qui était le démon de la chasse. Le P. Jogues refusa de toucher à cette viande, protestant qu'il ne se nourrirait jamais d'une chair offerte au démon. Mais les sauvages interprétèrent son abstinence comme un signe de mépris de leur divinité, et attribuèrent au missionnaire le peu de succès de leur chasse, et le firent souffrir beaucoup par leur -aversion et leur haine.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité qu'un jour, les Iroquois voulurent ■contraindre le P. Jogues à prendre part à certaines danses et cérémonies qu'ils faisaient pour la guérison d'un malade. Il s'v refusa ; mais les sauvages résolurent de l'amener de force et chargèrent de la commission quelques jeunes gens vigoureux. Le S. d. D. parvint toutefois à s'échapper de leurs mains et à s'enfuir dans la forêt. Une autre fois, un sauvage qui vit le S. d. D. faire le signe de la croix et prier Dieu avant de commencer s©n repas lui dit: " Ne fais pas cela. Les Hollandais nous ont dit que ce signe ne valait rien, et nous haïssons cette action-là comme eux. Elle a été cause de la uKjrt de ton •compagnon et elle t'attirera le même sort. Le S. d. D. répondit avec fermeté: " N'importe I je ne cesserai pas de le faire, puisque l'Auteur de la vie l'approuve. Advienne que pourra, je suis prêt à mourir 1 "
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (|ue le P. Jogues raconta de sa première captivité que les Iroquois, l'ayant trouvé agenouillé devant une croix (|u'i] avait gravée et devant lacjuelle il priait, commencèrent à le traiter plus mal qu'auparavant, parcequ'ils abhorraient cette croix et la déclaraient abhorrée par les Hollandais.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que cette haine contre la foi et ces préventions jiréparèrent la perte du P. Jogues. Mais la cause immédiate de sa mort fut l'accusation portée contre lui par les Iroquois d'avoir renfermé le génie du mal dans la cassette cpi'il avait laissée avec les vêtements sacrés ; accusation (pii voilait la haine ])rofonde qu'ils nourrissaient contre la religion. Leur haine contre notre sainte religion était également alimentée par ce fait que les Hollandais, leurs voisins, ne suivaient pas les pratiques du P. Jogues et de ses compagnons, mais,, au contraire, les abhorraient.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (pie le gouverneur de Manhatte, (tuill.'iunie Kieft, écrivait, dans une lettre au chevalier de .M(»ntniagnv, gouverneur du Canada, à la date du Ki novembre ir>4-G, ce qui suit: " Notre ministre de Kenselaerswich s'est encpiis soigneusement aux jirincipaux
fle cette Ccinaillc de la cause de ce malheureux acte (le massacre du P. J()<^ues et de Jean de La Lande ), mais il n'a pu avoir d'autre réponse d'eux, (jue le dict Père avait laissé le diable parmi (pielriues hardes qu'il leur avait données en garde, C[ui avait fait manger leur bled ou mays aux vers." Le P. Bressani (jui était en ce temps-là, en mission, au Canada, écrit que le ministre protestant (le prédicant) hollandais donne une exjjlication identique du fait et ajoute : " dès lors ils le tuèrent comme magicien. C'est du nom de magie ((u'ils appellent nos saints mystères et spécialement le signe de la croix que le P^ère alhait leur enseigner." Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que Jean de La Lande fut tué pour les mêmes motifs que le P. Isaacjogues. Le désir de contribuer à la gloire de Dieu l'avait excité à demander à Dieu la grâce d'accompagner le missionnaire. Il connaissait càcjuels périls il s'exposait, mais il alla au-devant volontiers, offrant au Seigneur son sang et sa vie pour le salut de tant de sauvages.
Comme il sera constaté, etc.
DE FAMA MARTYRII
SERVORUn DEI
Isaac Jogues S. J., Renati Goupil et Johannis de La Lande
C'est la vérité que le P. Charles Garnier, également missionnaire au Canada, où il mourut glorieusement de la main des Iroc{Uois, écrivant aux autres itères en France, leur disait: " hi sunt martyres caritatis et obedientiœ'^ (ce sont les martvrs de la charité et de l'obéissance), faisant allusion au P. Jogues et à Jean de La Lande. Le P. Jérôme Lalemant, alors su])érieur des missions du Canada, s'exprime ainsi dans sa Relation de 1647: " On peut assurer (ju'il (le P. Jogues) a été
tué en haine de la doctrine de Jésus-Christ Or tout
ainsi qu'on reprochait jadis en la primitive Église aux enfants de Jésus-Christ (pi'ils causaient des malheurs partout, et cju'on massacrait {|uel(pies-uns])our ce sujet, de même nous sommes-nous persécutés parce (pie ])ar notre doctrine, (|ui n'est autre (jue celle de Jésus-Christ, nous dépeuplons, à ce (ju'ils disent, leurs contrées et c'est pour cela qu'ils ont tué le P. Jogues. On peut le tenir ])our niart\ r devant iMeu."
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que la Relation du P. Jérôme Lalemant ajoute: "Nous avons respecté la mort du P. Jogues, comme la mort d'un martyr. Quoique nous fussions séparés les uns des autres, quand nous l'avons apprise, plusieurs, sans pouvoir se consulter, n'ont pu se résoudre à célébrer pour lui la messe des trépassés. Mais ils ont présenté l'adorable sacrifice en action de grâces des bienfaits cjue Dieu lui avait élai'gis. Les séculiers qui l'ont connu plus particulièrement et les maisons religieuses, ont aussi respecté cette mort, et se sont trouvés portés à l'invoquer plutôt (ju'à prier pour son âme."
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. Jogues écrivant au sujet de
la mort de René Goupil, dit: " il n'y a rien manqué
pour la faire d'un martyr." Et il ajoute : "Je lui donne ce titre non seulement parce qu'il a été tué par les ennemis de Dieu et de son Eglise et dans l'emploi d'une ardente charité à l'endroit du prochain, se mettant dans im péril évident pour l'amour de Dieu, mais particulièrement parce (pi'il a été tué jiour les prières et nommément ])our la sainte Croix." Le même P. Jogues raconte (|ue lors(|u'il recueillit les restes du S. d. D., il les baisa conmie ceux d'un martvr.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité cjuc dans la réij^ion où les Serviteurs (le Dieu ont été massaerés, on a élevé une eliapelle (|ui est à présent le but de nombreux ])èlerina<i"es des fidèles.
Comme il sera eonstaté, ete.
DE SIGNIS seu MIRACULIS
5ERV0RUn DEI
Isaac Jogues, S. J., Renati Goupil et Johannis de La Lande
C'est la vérité que des jières de la Compagnie de Jésus, des religieuses et d'autres personnes attribuent aux prières adressées à Dieu par l'intercession du P. Jogues des grâces et des faveurs signalées tant spirituelles que temporelles. Une religieuse, par exeni])le, nommée Marie Prévost lui dut la vie. A la suite île l'ouverture d'un abcès considérable, elle fut atteinte d'une fièvre maligne du plus mauvais caractère. Les douleurs devinrent aiguës et bientôt intolériibles. Elle pria alors la supérieure de lui a])i)liquer sur sa plaie un objet pieux qui avait servi au P. Jogues. Au premier moment, la douleur augmenta considérablement, puis elle cessa tout à coup, et la malade se trouva complètement guérie. L'année suivante, à la même ép()(|ue, et dans les mêmes circonstances, le mal rci)arut. La religieuse se souvint du bienfait qu'elle avait reçu, mais en se reprochant de n'avoir pas été assez reconnaissante envers son bienfaiteur. Elle eut de nouveau recours à lui, et elle promit de publier bien haut le ])rodige, si elle guérissait. Sa
prière fut encore exaucée et elle obtint sa guêrison immédiate.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que, par l'intercession des Serviteurs de Dieu René Goupil et Jean de La Lande, ])lusieurs ])ersonnes obtinrent des grâces et des faveurs spéciales de Dieu.
Comme il sera constaté, etc.
His pro nunc, salvo semper jure alios exhiibendi, si opus sit, non se tamen adstringens ad omis superflua* probationis, de qtio iterum protestatur.
J. EUUARDUS DÉSY, S. [.
Vice- Pos tulator
BX 3755 .E^2 190U SHC Beccari^ Cammillo
PoSITIOriI ET ARTICULI BEATIFICATIOiUS ET
AKH-4970 (mcsk)