JOHANNIS DE BREBEUF
C'est la vérité que le P. de Brébeuf naquit à Condésur-Vire, aujourd'htii du département de la Manche, le 25 mars 1593. Ses parents luidonijèrent au baptême le nom de Jean.
Comme il sera constaté par des témoins bien informés, qui indiqueront la source de leurs connaissances, et diront si ce sont là des choses constantes et de notoriété publi([ue.
C'est la vérité ciue le P. J. de Brébeuf fut admis au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Rouen, le 8 novembre 1617. Il s'y distingua par son amour du sacrifice. Son humilité le poussa à renoncer à la prêtrise et à demander le degré de coadjuteur temporel* Toutefois, il obéit à ses supérieurs qui en disposèrent autrement. Après deux années de professorat, il tomba malade. Le S. d. D. profita de son inaction forcée pour acquérir quelques connaissances théologiques.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf fut admis au sous-diaconat en l'année 1622 et célébra sa première messe le 25 mars 1623. A ])eine remis de sa «jurande fatigue, il fut nommé procureur du collège de Rouen.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf sollicita et ol)tint la mission du Canada. Il s'embarqua avec deux autres ])ères, le 27 avril 1625, et arriva à Québec le 19 Juin de la même année.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf prit une part active à la construction de la maison des missionnaires, au fort Jacques-Cartier. Chargé du soin spirituel des colons français, il sut gagner la confiance de tous, et la plupart lui firent la confession de toute leur vie. Kmpêché de suivre les Hurons dans leur j)ays, il se dédommagea en se livrant à l'étude de la langue indigène, connaissance essentielle pour leur faire du bien. Pour y arriver plus vite et mieux, il suivit les Algoncjuins dans leur chasse d'hiver, mena leur vie de privations et ])artagea leurs travaux et leurs dangers. Il parviul à composer un vocabulaire des mois usuels, et à saisir (|uel(|ue chose du mécanisme des laugues nidiennes. Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que, peu après son retour à Québec, le S. d. D. partit pour les Hurons en compagnie du P. de la Roche-d'Aillon, récollet, et du- P. de Xoiie. Les Hurons le faisaient ramer toute la journée, et transporter les canots et les bagages dans les endroits où la navigation était impossible ; le P. de Brébeuf s'y assujettissait avec obéissance et humilité.
Comme il sera constaté, etc.
C'est avec une très grande douleur que le P. de Brébeuf voyait les Hurons se livrer à leurs pratiques superstitieuses ; et il n'épargna ni les soins ni les sacrifices pour conduire tant de gens à la connaissance de la foi, malgré la stérilité apparente de ses efforts. Il put à sa grande consolation célébrer la sainte messe dans l'ancienne cabane du P. Caron, récollet.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que les Anglais s'étant emparé du Canada, le S. d. D. dut ([uitter une première fois le pays et retourner en France. A Rouen, il prononça les voeux de coadjuteur spirituel entre les mains du P. Bertrix, le 30 janvier 1630.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le S. d. L). revint au Canada en 1633, supérieur par intérim, en remplacement du P. Le jeune ; il conduisit la mission avec tant de zèle et de prudence que ce dernier, à son retour, disait de lui : " C'est un homme choisi de Dieu pour ce pays. Je l'ai laissé à ma place six mois durant, et tout a procédé toujours dans la paix.
Comme il sera constaté, etc.
Kl
C'est la vérité que le P. de Brébeuf et les PP. Daniel et Davost, après les plus pressantes instances, obtinrent des Hurons la faveur de s'embarquer avec eux. Ils établirent leur mission à Ihonatiria. Mais après la destruction presque complète de ce village par une maladie contagieuse, le P. de Brébeuf fonda une autre résidence à Ossossané, où il eut la consolation de baptiser solennellement le premier adulte huron en santé, auquel il imposa le nom de Pierre.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité ({ue le P. de Brél)euf, avec un autre ])ère, alla fonder une mission dans la nation Neutre. Abandonné brus(picmcnl par ses interprètes, il prend pour guide le premier jeunt- lionnnc (pTil rencontre, poursuit son vovage. et après de grandes fatigues.
arrive enfin à sa nouvelle mission qu'il appelle mission des Saints-Ans^es. Accueillis comme des ennemis et des sorciers, menacés d'être tués, les missionnaires se préparent à la mort pleins de foi et de charité. Contre toute attente et par une protection sj)éciale du ciel, l'assemblée des capitaines se décide à leur laisser la vie sauve. Alors les missionnaires se mettent courageusement à l'oeuvre, parcourent dix-huit villages, et s'arrêtent dans dix, souffrant le froid et toute espèce de mauvais traitements.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité qu'en retournant, le P. de Brébeuf se rompit la clavicule gauche. Au milieu de ses cruelles souffrances, il refusa tout soulagement, même de monter en traîneau, préférant endurer quelque chose par amour pour Jésus-Christ. Vers la fin de l'été de 1641, le P. de Brébeuf fut envoyé à Québec, après sept années de mission au pays des Hurons. Dans cette ville régnait alors la petite vérole: le S. d. D. exerça son ministère avec une charité héroïque, se sacrifiant volontiers pour le salut spirituel et corporel de son prochain.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que, empêché une première fois de repartir jjour les Hurons, il put enfin satisfaire l'ardent ainour cju'il portait à sa mission. Il fut chargé de la
mission de Saint-Ignace, tout en restant confesseur de la résidence de Sainte-Marie et consulteur de la mission. Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que les Hurons invitèrent le P. de Brébeuf à une assemblée dont le but réel était de chasser les missionnaires ou de les tuer. Le P. de Brébeuf réussit, non sans efforts, à calmer les esprits et à gagner du temps. Toutefois, au sortir de la réunion, il eut grand peine à éviter les coups C|ui lui étaient destinés. Un vieux sauvage lui dit effrontément : "Si on te fend la tête, nous n'en dirons mot. " l'n autre Huron fit rouler à ses pieds la tête d'un sauvage. " Est-ce à nn)i cjue tu destinais ce coup ? — Non, répondit le rusé Huron, tu peux passer : cet autre était un misérable sorcier, dont j'ai voulu débarrasser le pays."
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (pic les Hurons tentèrent d'incendier la cabane où se trouvaient le P. de Hrél)eur, le P. (larnier et les autres missionnaires. Heureusement ([u'ils s'en aper(;urent à temps. De i)lus. (pichpies jeunes gens de la tribu de l'Ours ayant résolu de jnassacrer les i)ères sans attendre la décision du conseil, les deux serviteurs de Dieu se disposèrent au martvrc avec ime sanite rési-
gnation. "Nous étions tous résolus, écrit le P. Le Mercier, à attendre la mort devant le saint autel. " Mais pour cette fois encore le coup manqua.
C'est la vérité que vers la fin d'octobre, les missionnaires avant reçu l'ordre de se présenter au conseil, le P. de Brébeuf, qui était à Ihonatiria, accourut tout de suite au devant du péril. Il alla d'abord chez les cajDitaines du pavs pour chercher à détourner le danger, mais ayant acquis la certitude de leur prochain massacre, il en avisa ses compagnons sans aucune crainte ou émotion. En prévision de la mort très imminente, le P. de Brébeuf écrivit, d'une main ferme comme son cœur, une lettre adressée au R. P. Supérieur, à Québec. Le P. Garnier et tous les pères présents la signèrent.
Comme ils sera constaté, etc.
C'est la vérité ([ue, dans cette lettre, le P. de Brébeuf dit que lui et tous les pères attendent la décision du conseil "avec un grand repos et contentement d'esprit", s'abandonnant entièrement entre les bras de la divine Providence. "Si le bon Dieu veut que dès cette heure nous mourions, ô la bonne heure pour nous ! S'il veut nous réserver à d'autres travaux, r[u"il soit béni! Si vou« entendez dire cjuc Dieu ait couronné nos petits trav£iux,ou plutôt nos désirs, bénissez-le ; car c'est pour
lui que nous désirons vivre et mourir, et c'est lui qui nous en donne la grâce. Au reste si (juelques-uns survivent, j'ai donné ordre de tout ce ([u'ils doivent faire." Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf commença une neuvaine de messes en l'honneur de S.Joseph. La lumière et la protection ne se firent point attendre. La pensée vint au P. de Brébeuf de donner un festin d'adieu, selon la coutume des sauvages. Il saisit cette occasion pour exalter la puissance de Dieu et pour enseigner (ju'une récompense ou un châtiment attend les hommes au-delà de la vie. L'effet inattendu de ses paroles et de sa fermeté fut de conjurer momentanément le péril.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf et les autres missionnaires reprirent sans retard et avec une nouvelle énergie leurs travaux apostoliques. Le P. de Brébeul fonda la résidence de Teanaustaya", et peu après tut nommé Père s])irituel de la coninumauté à Sainte- Marie. De nouveau, les pères furent accusés d'être la cause d'une maladie contagieuse qui envahit tout le pays. Ils ])rodiguèrent leurs soins aux malades avec un dévouement sans égal. Le P. de Brébeuf fut néanmoins indignement traité et l)attu, bien (|u'il .'lit été souvent juscju'à s'ôter la nourriliir».' de la bouche pour les assister.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que, le péril éloigné, le P. de Brébeuf et un autre père allèrent, au mois de novembrel64-l, en mission chez la nation Neutre. Le S. d. D., arrivé dans un village qu'il appela Tous-les-Saints, fut accusé de pratiquer la sorcellerie et de chercher la ruine de ce peuple. On assembla un conseil pour le condamner à mort, mais l'abandon du S.d. D. à la divine Providence était tel que son hôte, messager de la lugubre nouvelle, le trouva dormant paisiblement. Toutefois le projet n'eut pas de suite pour des raisons politiques.
C'est la vérité que le P. de Brébeuf, étant arrivé dans un autre village de la même nation et ayant cherché l'hospitalité dans une cabane, les sauvages voulaient l'obliger d'en sortir pour le massacrer. Un d'entre eux lui dit : "Je suis las de manger la chair noire de mes ennemis, je serais heureux de goûter la chair blanche des Français." Un autre fit mine de le percer de ses flèches. A toutes leurs menaces le S. d. D. répondait avec bonté : "Je ne viens au milieu de vous que pour votre bien. Je veux vous apprendre à servir le Maître de la vie, et à être heureux dans ce monde et dans l'autre. " La douceur et l'intrépidité du missionnaire énuirent les cœurs des sauvages.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le P. de Brébeiif confessa luimême s'être trouvé ((uelquefois si las cjue le corps n'en pouvait plus ; "mais d'ailleurs mon âme ressentait de très grands contentements, considérant que je souffrais ])ovir Dieu. Nul ne lésait, s'il ne l'expérimente." Consacrant un jour la mission à la Vierge Immaculée et à saint Joseph, il fit vœu de célébrer douze messes en douze mois, afin que, par l'intercession de S. Ignace, de S. François Xavier et des anges gardiens de ces régions, Dieu se révélât à ces peuplades barbares et leur appliquât les mérites de son sang précieux.
Comme il sera constaté, etc.
ZÔ
C'est la vérité (jue le P. de Brébeuf, content des heureux fruits du dévouement des pères, écrivait au R. P. Général : " Celui (|ui donne la mort et rend la vie, qui conduit aux portes de l'enfer et (|ui en retire, nous a sauvés de tous ces périls et a même amené ces barbares
à nous demander pardon C'est ainsi que la foi se
projjagera, mais dans le travail, les veilles, les tribulations et la patience. Il nous faudra longtemps arracher et semer. Plus tard viendra la récolte "
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (pie le S. d. D. vivait de la loi comme de l'air cpi'il respirait. Il désirait vivre, souffrir et
mourir pour elle seule. Chaque fois qu'il faisait une conquête à Dieu, il la lui consacrait avec le nom d'un saint. Il considérait S. Ignace comme l'homme destiné à la diffusion de la connaissance et de la gloire de Dieu et marchait sur ses traces. Le S. d. D. n'arrivait dans aucun endroit sans en saluer l'ange gardien. Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que l'espérance héroïque du S. d. D. -se manifeste j^ar la confiance illimitée qu'il mit constamment dans la bonté et la miséricorde de Dieu. Pénétré de son indignité, il espérait avec la plus grande fermeté d'obtenir le bonheur éternel par les mérites de Jésus-Christ. Au milieu des périls, il faisait des vœux à la très sainte Vierge et à saint Joseph ; et après avoir remis sa cause entre les mains de Dieu, il s'abandonnait entièrement à lui.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (ju'à la demande (pi'on lui fit s'il ne craignait pas le supplice du feu, le S. d. D. répondit: "Je le craindrais, si je n'envisageais que ma faiblesse, car la piqûre d'une mouche est capable de m 'impatienter, mais j'espère que Dieu m'assistera toujours, et avec le secours de sa grâce, je ne redoute pas plus les tourments terribles du feu que la pointe d'une é])ingle." Alors même que les fatigues des missionnaires ne semblaient j)orter aucun
fruit, le S. d. D. écrivait au R. P. Général : "Quoique nous ne semions maintenant que dans les larmes et les gémissements, nous espérons bien recueillir un jour, dans la joie, une abondante moisson." Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que l'amour héroïque que le P. de Brébeuf avait pour Dieu lui faisait écrire pendant sa retraite de 1630 : "J'ai senti un vif désir de souffrir quelque chose pour Jésus-Christ... J'aurai confiance dans mon salut, quand Dieu me donnera des occasions de souffrir... Rien maintenant ne me séparera de votre amour, ni la nudité, ni le glaive, ni la mort, etc." Et dans sa retraite de 1631, le S. d. D. écrivit cette protestation et la signa de son sang : " Seigneur Jésus, mon Rédempteur, vous m'avez racheté par votre mort et votre sang très précieux ; c'est pourquoi je vous promets de vous servir toute ma vie dans la Compagnie de Jésus, et de ne jamais servir aucun autre que vous. Je signe cette promesse de mon sang, disposé à vous le sacrifier tout entier, aussi volontiers (pie cette goutte... Jean de Bréljeuf, Soc. J."
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (pic le S. d. I). avait un amour aussi grand j)()iir le prochain. .Ayant ap])ns (pi'un enfant,
baptisé par lui, s'en était allé au ciel, il s'écria : "Je viendrais tout exprès de France pour gagner une de ces petites âmes à Notre-Seigneur." Venant à savoir qu'un de ses ennemis les plus acharnés était sur le point de mourir, le S. d. D. vola à son chevet, ce c[ui émut tellement le malheureux qu'il consentit à se confesser. Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que pendant une maladie épidémique, le S. d. D. fut toujours au chevet des malades qu'il soignait de ses mains. Il n'épargna aucun moyen pour assister le corps et l'âme des sauvages ; il alla jusqu'à s'ôter le pain de la bouche, bien qu'il ait été payé souvent d'ingratitude. La douceur et la patience furent les traits caractéristiques de sa vie. Nul ne le vit jamais en colère ni perdre patience. Il reconnaissait ces qualités comme un don de Dieu, et il en faisait le sujet de son examen particulier.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le S.d. D. déploya la plus grande prudence pour aider au développement de la mission, pour écarter les menaces et les massacres, cherchant l'appui des chefs de tribu et se conformant à leurs usages bien (ju'ils fussent répugnants. Les instructions et les renseignements c|u'il donna par écrit aux nouveaux missionnaires chez les Hurons sont un monument de son héroïcjue prudence. Cette vertu le portait encore
à attendre longtemps avant d'accorder le ])aptêmc aux catéchumènes, voulant s'assurer parfaitement de leur foi et de leur vertu.
C'est la vérité que le S. d. U. pratiqua à un degré héroïque la vertu de justice, cherchant à procurer dans toutes ses actions la plus grande gloire de Dieu. Lui, qui était toujours prêt à supporter patiemment les insultes, devenait plein de hardiesse et de fierté lorscju'il s'agissait de défendre l'honneur de Dieu et de l'Eglise ; ce qui le porta à protester énergic[uement contre ceux qui accusaient les missionnaires de chercher le lucre au lieu de la conversion des sauvages. 11 avait le plus grand respect pour ses supérieurs, et quand il fut chargé de diriger la mission, il traita ses ouailles avec justice et douceur.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (jue le S.d. D. se soumettait avec joie à toute espèce de privations, exer(;ant sur soi-même les rigueurs de la jiénitence par des jeûnes, des veilles et des disciplines. Dans une vision, Xotre-Seigneur lui apparut privé de sa l)eauté et reconnaissahle seulement à ses plaies, il ôta la croix de ses épaules et la posa sur celles du S. d.I).,c|ui fut très Ik-uivux de cette promesse de douleurs et de souffrances.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le S. d. D. considérait le? règles de la Compagnie de Jésus comme un code sacré, et il l'observait avec une telle fidélité que le P. Ragueneau a dit de lui : "Je ne l'ai jamais vu violer la plus petite règle." Il s'était lui-même imposé cette maxime " de se laisser mettre en pièces plutôt que d'en violer aucune."
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le S. d. D. préférait l'obéissance à toute autre chose, se tenant, même en ses dévotions, dans une sainte indifférence, prêt, comme il le disait luimême " à quitter Dieu pour Dieu ". Un jour que le S. d. D. méditait sur ces paroles de l'Évangile " Et il leur était soumis", il dit à Notre-Seigneur avec une sorte de familiarité respectueuse : ' ' Seigneur, que voulezvous que je fasse ?" Il entendit cette réponse : " Va trouver Ananie. C'est lui qui te dira te que tu dois faire." Le S. d. D. se faisant aveugle volontaire, résolut de ne marcher jamais par d'autre voie que par la volonté de ceux qui étaient pour lui de vrais Ananies.
Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité que le S. d. D. se plaisait à dire : " Incapable de me conduire moi-même, je trouve autant de plaisir à obéir c[u'un enfant qui n'a pas la force de marcher en trouve à se laisser porter dans les bras de
sa mère." Il déclarait n'être propre qu'à obéir parcequ'il était dépourvu d'esprit et de prudence; C|ue s'il était apte à quelque chose c'était à .carder une porte, à préparer un réfectoire, à faire la cuisine, et cju'enfin, sa condition dans la Compagnie était celle d'un mendiant auquel ce cpi'on donne est une pure faveur. Comme il sera constaté, etc.
C'est la vérité (|uc le S. d. U., ayant été nommé supérieur, se vengeait d'être à la première place en se mettant, dès qu'il le pouvait, à la dernière; il se chargeait souvent des travaux les ])lus l)as et les plus vils, et s'y livrait si naturellement (|u'on ne l'eut pas pris pour le supérieur, ni même pour un prêtre, mais ])our un frère coadjuteur. Quand Xotre-Seigneur lui eut fait des faveurs célestes, et que ses suj)érieurs lui eurent donné l'ordre de les relater, il fallut toute son obéissance pour résoudre son humilité à les faire connaître.
C'est la vérité (jue le S. d. D. eut souvent dans les moments les ])lus difficiles des encouragements célestes. Une fois, par exemple, étant .avec ses compagnons dans une route inconnue et ayant aclie\é, tout en marchant, sa prière, Hieu hu fit voir une tronpe dV-sprits célestes qui les j)récéd;iient et (|ui les invitaient à s'avancer avec confiance. Ce bimfait sl- renouvel.i et K- S. d. I>. en
garda toujours un excellent souvenir, il voulut pour en perpétuer la mémoire, que la nouvelle mission prit le nom de mission des Saints-Anges. Une fois. Dieu lui montra une croix énorme qui semblait venir du côté des Iroquois et qui s'étendait sur tout le pays des Hurons ; image des graves événements dont cette mission allait être le triste théâtre quelques années après. Comrrfe il sera constaté, etc.
C'est la vérité que les vertus héroïques du S. d. D. et les dons surnaturels dont il fut favorisé de Dieu, l'entourèrent d'une réputation générale de sainteté auprès des pères comme auprès des sauvages eux-mêmes.
Comme il sera constaté, etc.