‹ Positioni et articuli beatificationis et canonizationis servorum Dei Societatis Jesu in CanadaChapitre 3 sur 11 · ANTONII DANIEL · texte numérisé non relu

ANTONII DANIEL

Ce fut et c'est la vérité ((iic le P. Antoine Daniel naquit à Dieppe. Ses parents furent...

Au baptême, on lui donna le nom d'Antoine.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité ((u' Antoine Daniel, après ses études classiques, suivit pendant un an mi cours de jurisi)rudence, mais Dieu (|ui le voulait entièrement à son service lui inspira la pensée d'entrer dans la Conijiagnie de Jésus. Antoine Daniel, iidèle aux inspirationsdu Seigneur, entra au noviciat de la Coni])agnie, à Rouen, le 1er octobre l()lil .

Comme il sera constaté, etc.

Ce lut et c'est la vérité (pic le I'. Daniel, son noviciat .'iclievé, ]»assa au collège de l;i mcnic ville pour v lairc sa régence ; sans doute, ses pensées se tournaient dé)à vers le C.'inad.'i, piiis(nroii lui confia l'instniction «l'un

jeune liiiron, nommé Amantucha, f[iii avait été envoyé en France par le gouverneur de Quéljec. Le S. d. D. étudia la théologie à Paris, tout en donnant ses soins aux pensionnaires du collège de Clermont. Devenu prêtre, il attendit encore deux ans avant de voir se réaliser ses vœux pour les missions.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que les désirs du P. Daniel furent exaucés en 1632. Son frère, le capitaine Daniel, qui commandait un vaisseau de Dieppe, allait partir pour le Canada, et il se chargea de conduire le P. Antoine et son compagnon, le P. Davost, au poste de Sainte-Anne dans l'île du Cap Breton. Ils furent reçus câtnme des anges du ciel par ces Français, ])rivés depuis longtemps des secours religieux, et les assistèrent pendant un an. L'année suivante, le P. Le Jeune, supérieur du P. Daniel, l'appela à Québec, où il arriva le 24- juin 1633. Ensuite il partit avec le P. de Brébeuf pour la mission des Hurons.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que, arrivé chez les Hurons, la première jiréoccupation du P. Daniel fut de se perfectionner dans la langue huronne qu'il avait commencé à étudier à Oué1)ec. Le P. de Brébeuf, c[ui la lui enseignait, put donner de son disciple ce témoignage, fpi'après luie

seule année, il possédait la lani^ue huronne aussi bien c|uc lui. Un des premiers usages cpi'il fit de sa science fut de traduire le Pater Xostcr en vers Hurons, (|u'il fit chanter aux néophx^tes et surtout aux enfants. Cette connaissance, le mettcjnt à même de rendre les plus grands services, fut ini des titres aux veux des supérieurs pour lui accorder de faire les voeux de profès, en

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (juc le P. de Brébeuf chargea le P. Daniel du soin d'un séminaire qu'il voulait fonder à Québec pour l'éducation des enfants hurons, dont on ferait des catéchistes auprès de leurs concitoyens. Mais à cause de l'inconstance des sauvages et de l'aveugje tendresse des mères, sur douze enfants trois seulement eurent le courage de partir. En passant à la petite nation des Algonquins, le P. Daniel trouve ces sauvages en train de préparer le supplice d'un prisonnier Irotjuois tombé dîins leurs mains. Cet infortuné connaissait heureusement la langue huronne. Le missionnaire s'en apjjroche aussitôt, et, grâce à quel{|ues ])résents donnés aux gardiens, il put l'aborder en liberté. Il lui témoigne un vif intérêt, kii ])arle de son salut, de l'éternité et des avantages que lui i)rocurerait la foi. Le prisonnier l'écoute d'abord avec curiosité et finit par demander le b.Mptême. Le S. d. I). se mit alors ti l'instruire toutes les fois (pril pouvaiten apijrocherct il luidonna le baptême.

Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que le P. Antoine Daniel, animé d'un zèle infatigable pour former de nouveaux et vaillants propagateurs de l'œuvre du Seigneur, se consacra avec une inexprimable charité à l'éducation de ces enfants : mais de terribles épreuves l'attendaient. Deux de ces jeunes gens tombèrent malades et, après avoir reçu le baptême, s'envolèrent au ciel. Epuisé par tant de fatigues et d'émotion, le P. Daniel tomba lui-même malade. A peine rétabli, le S. d. D. reprit ses occupations ; il lit un règlement pour ces jeunes enfants et les disposa avec zèle et délicatesse à recevoir le baptême et à se défaire des mœurs sauvages auxquelles ils étaient habitués. Le P. Daniel s'exerçait et exerçait ses disciples dans les œuvres de charité : à l'arrivée des convois hurons, où se trouvaient frétpiemment des malades et des blessés, il ne mancpiait pas d'aller à leur rencontre avec SCS jeunes disciples et de leur prodiguer tous les secours dont ils avaient besoin et pour le corps et pour l'a me.

Comme il ser(i constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité (pte le P. Daniel trouva un jour un de ces vovageurs réduit à un tel état d'inconscience qu'il ne pouvait rien lui faire entendre. 11 eut recours au ciel et ht mettre en prière ses élèves qui raccompagnaient. Leur prière ne fut pas vaine. Le

malade ouvrit tout à coup les veux et écouta le missionnaire avec intérêt. En apprenant le danger où il était et la nécessité ])our lui de s'occuper de son âme s'il voulait être heureux dans l'autre vie, le sauvage donna au P. Daniel de grands témoignages de reconnaissance et demanda avec instance de lui montrer ce ([u'il avait à faire. Il reçut avec avidité ses instructions et montra bientôt un grand désir de recevoir le baptême. Il le reçût en effet avec de pieuses dispositions et expira peu après. Comme il sera constaté, etc.

Ce fut et c'est la vérité que le P. Daniel passa une bonne partie de l'année 1638 à Ossossane, employant son temps à la conversion et à l'instruction des sauvages. 11 faisait aussi des courses régulières aux villages environnants pour y porter la bonne nouvelle, ])()ur y visiter les malades et les enfants moribonds et les baptiser. L'année suivante, le S. d. D. fut envoyé à Contarea. Son zèle y produisait les plus heureux fruits, lorsqu'une épidémie vint à éclater parmi ce peuple. Une apparition vraie ou sujjposée causa un revirement d'opinion. Celui <|ui l'avait eu chercha à persuader aux habitants de chasser les robes noires et de faire 1)oire îi tous les malades un breuvage (ju'il préjiarait ; pendant ce temi)S, la jeunesse devait se livrer aune fêtede débauche et de sacrilège. La fête eut lieu, mais les missionnaire restèrent. IVu après, le T. Danirl parut devant une assemblée des anciens |><)ni' répondre aux eal<»nnues.

Sa parole animée et son accent de conviction parvnirent à en imposer aux sauvages de façon que personne n'osa lui répondre. Toutefois la crédulité du peuple jjour les songes dialioliques et l'exaltation qui en résultait, mit bien souvent en péril la vie des missionnaires. Une fois, le S. d. D. parvint à retenir un sauvage qui, après avoir renversé le P, Chaumonot, s'apprêtait à le tuer. Durant tout le cours de 164-4, le P. Daniel se livra aux travaux de la mission dans les villages de Saint-Jean- Baptiste, de Saint-Joachim et de Saint-Ignace.

La ferveur et le nombre toujours croissants des néoph^^tes témoignent de son zèle infatigable.

Ce fut et c'est la vérité que le village de Saint-Jean étant trop exposé aux incursions des Iroquois, les habitants l'abandonnèrent pour se réfugier dans le village de Saint-Joseph. Grâce à l'activité incessante du P. Daniel qui avait suivi son peuple, le nombre des chrétiens croissait de jour en jour et on vovait fleurir parmi eux les plus belles vertus chrétiennes.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le P. Daniel montra une foi très vive et se proposa, comme but de toute sa vie, d'amener à kl connaissance de la doctrine de Jésus-Christ et £i la pratique de ses commandements ces sauvages (pii en

étaient éloignés. 11 éprouvait un puissant soula.Licnicnt dans la lecture de la sainte Ivcriture et dans la méditation des souftVauces de Notre-Seigneur ; il transcrivit en vers hurons le Pater Noster pour le faire réciter par les sauvages. Une prière continuelle et fervente était un effet de sa foi admirable, comme aussi de sa vénération pour les augustes mystères de la sainte Trinité et de l'Incarnation. Il avait ime dévotion particulière ])()ur l'Eucharistie et pour la Vierge Immaculée et il éprouvait une joie céleste dans la célébration du divin sacrifice. Quand il fut massacré par les sauvages, il venait de faire, peu de jours auparavant, les Exercices de S. Ignace ([u'ii avait terminés par une confession générale. Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que le S. d. D. se défiait de lui-même autant qu'il se confiait à la divine misécorde.et mettait toute son espérance dans les mérites de la passion et de la mort de Jésus-Christ. Dans ses longues et graves souffrances, il se consolait p:ir rosi)'jrancc du Bien futur et éternel, et parla ])ensée (pie Dieu avait béni sesfatigues pour amener tant de jiauvres âmes à la connaissance et à l'amour du vrai Dieu.

Comme il sera constaté, etc,

C'est la vérité (pie le D. Daniel aimait Dieiid'un liés grand amour et lui faisait souvent le sacrifice de tout

son être, disposé à tout souffrir et à mourir pour sa gloire. Il mettait ses délices à demeurer recueilli et vini à Dieu ; il dédaigna les biens et les commodités de la vie qui auraient pu l'éloigner de Dieu. Son plus vif désir était d'obtenir la grâce du martyre et de se réunir éternellement à son Seigneur.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que de son ardent amour pour son Seigneur découlait chez le S. d. D. une vive charité pour le prochain ; et afin de procurer le salut des âmes, il ne reculait devant aucun sacrifice, devant aucune souffrance ; vivant constamment au milieu de ses ouailles, plein de sollicitude pour leurs intérêts spirituels et temporels. Les coups de ses ennemis l'atteignirent pendant l'accomplissement d'un acte de charité héroïque, alors que seul et sans armes, à la porte de l'église, il concentrait sur sa personne toute la haine des assaillants, donnant ainsi aux chrétiens le temps de s'enfuir.

Comme il sera constaté, etc.

C'est la vérité que, déjà avancé en âge, il s'adonna néanmoins avec une grande ardeur à l'étude de la langue huronne qui lui permettait d'annoncer aux sauvages la divine parole. Le P. de Brébeuf qui la lui enseignait, écrivait à ce sujet au T. K. P. Général : "Si grande est l'ardeur cpi'il mettait à cette étude (pi'il a

fait des i)rogrès vraiment remaniuables dans une lan^^ue à peine eonnue, et qui n'est pas eneore réduite en prineipes. "

Comme il sera eonstaté, etc.

C'est la vérité que le S. d. D. priiticpia d'une manière admirable les vertus de prudenee et de justice, ayant toujours en vue la gloire de Dieu dans toutes ses entreprises, accomplissant très exactement tous ses devoirs envers Dieu et envers le prochain ; il se distingua notamment par sa mansuétude et sa bénignité.

Comme il sera constaté, etc.

oo

C'est la vérité (|ue non seulement le S. tl. D. supportait avec joie les |)rivations, les peines et la faim (|u'il eut à endurer durant ses missions, mais cpi'il les augmentait encore par ses jeûnes, ses veilles et ses disciplines. Il s'exerça i)articulièrement dans les vertus de son état et dans l'obéissance aux règles de la Compagnie, (ju'il s'efforçait de suivre fidèlement même dans ses courses apostoliques ; il afl'ectionna grandement la ])au\i'eté (pii le rendait plus semblable à son Seigneur et les vertus d'humilité et de charité. Envisageant en tous ceux (pii lui commandaient l'autorité dérivée de Dieu, il ol)éissait avec une promj)titude d'autant plus grande que, s'cstimant propre à rien dans son humilité, il aimait

à être guidé par les autres. Favorisé de doiiset degrâces spéciales de Dieu, il était considéré comme un saint par les pères, par les sauvages eux-mêmes, partons ceux qui le connaissaient.

Comme il sera constaté, etc.

Page 1