III. — Ce qui est nouveau APRÈS LA Consécration
1. Ce qui est nouveau, sous les espèces, après la Consécration, c'est Notre -Seigneur Jésus-Christ.
2. Il est de foi que sous chacune des espèces eucharistiques Jésus-Christ se trouve tout entier, avec son corps, son sang, ses os, ses nerfs, ses dimensions, son âme, sa divinité. Mais il faut distinguer ce qui de Jésus-Christ se trouve sous les apparences du pain et du vin par la force du sacrement et ce qui s'y trouve par concomitance.
3. Ce qui est opéré par la force du sacrement (par la vertu des paroles sacramentelles), c'est la conversion de la substance du pain en celle du corps de Notre-Seigneur et de la substance du vin en celle de son sang. Suhstantia in substantiam.
4. Une chair vivante et un sang vivant. Jésus- Christ, dans l'Eucharistie,, ne peut être divisé. 11 est présent tout entier sous chacune des espèces. Ce qui n'est pas présent par la force du sacrement est présent par concomitance, c'est-à-dire les accidents — le sang avec la chair, la chair avec le sang — et tout ce que j'ai énuméré au paragraphe 2. C'est ainsi que pour un sourd une personne est tout entière présente sous l'espèce de la vue, et, pour un aveugle, tout entière présente sous l'espèce de l'ouïe. (Comparaison, bien entendu, et non pas assimilation.) Dieu, sous les apparences de l'azyme, est un Dieu mangeable et, dans la coupe, il est un Dieu buvable.
Quand donc nous communions, nous recevons une substance qui est à la fois unie, par la force du sacrement, aux accidents du pain, et unie, par concomitance naturelle, aux dimensions et à tous les accidents du corps sacré. L'Eucharistie, entre ces deux mondes, forme un lien indissoluble et quelque chose qui leur est commun. Nous recevons en elle la substance avec ses accidents dont l'un est la quantité que Jésus déploie dans le ciel.