Le chemin de Paradis, Préface, p. XXX
2. La morale de Nietzsche, p. 95. Bien que ce soient les idées de Nietzsche que M. Lasserre expose direclement dans ce livre, nous ne saurions hésiter à lui attribuer à lui-même ce qui s'y trouve : car, outre que le ton de l'approbation y règne partout sans aucune critique et que le dessein avoué en est de montrer qu'on « ne saurait sérieusement continuer de répandre que la doctrine de
Ils se donnent ainsi l'air de n'attaquer que l'individualisme, la déaiocratie égalitaire, le romantisme en tant que tout cela consiste dans la divinisation de linstinct, dans l'exaltation de la spontanéité sans règle et sans mesure, acceptée comme une inspiration d'en haut. Et si, en un sens, c'est cela qu'ils repoussent, c'est cependant beaucoup moins cela qu'autre chose. Us ne diffèrent pas tant des romantiques en effet qu'ils se l'imaginent et qu'ils le disent.
[ies romantiques se divinisent en projetant idolâtriquement leurs passions dans rinfmi, en supposant que Dieu même en est l'auteur afin de s'y abandonner sans mesure : c'est leur manière de libérer leur égotisme de ce qui s'appelle la responsabilité et le devoir. Les esthètes de {'Action française s'athéisent, si on nous permet cette expression, en s'enfermant en euxmêmes pour s'y suffire, en supposant que, par ce qu'ils pensent et ce qu'ils veulent, ils sont, dans leur conscience de surhommes, supérieurs à tout, par delà le bien et le mal : et ce n'est qu'une autre manière d'éliminer la responsa-
iS'ielzsche soit malsaine >^ (p. 40), il est parfaitement consonnant avec ce que M. Lasserre a dit ailleurs, et en particulier dans son Romantisme français.
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bilité et le devoir pour être égotistes à leur gré. Mais prétendre qu'on n'a pas à justifier ce qu'on est et ce qu'on fait, sous prétexte qu'il u n'y a rien de moins aristocratique » \ parce que, être aristocratique c'est être supérieur aux lois ; ou bien justifier indistinctement ce qu'on est et ce qu'on fait en l'attribuant à Dieu luimême, n'est-ce pas exactement la même chose? et dans un cas comme dans l'autre, n'est-ce pas ériger l'instinct et la spontanéité en un absolu individuel qui ne se doit à rien? Et on sait.que la raison, la discipline, la mesure dont parlent nos égotistes athées est une raison, une discipline, une mesure dont ils entendent changer comme bon leur semble, en se créant, selon leurs goûts et les circonstances, « d'intérieures harmonies » ; si bien qu'à cet égard ils se meuvent plus que personne dans un infini chaotique et que rien n'est plus singulier que de les entendre reprocher aux romantiques d'être sans lois, quand eux-mêmes se glorifient de n'en point avoir.
Et si les uns exaltent la nature jusqu'au « paroxysme » en se révoltant contre tout ce