Trois idées pUitiques, p. b
2. A remarquer ici l'expression de religion positive et le sens qui lui est donné.
dis, malgré sa forme paradoxale, ne signifie pas autre chose )),si ce n'est que ce sont « les classes supérieures qui, tendant la main aux inférieures, les attirent à elles et leur facilitent les étapes » ^ 11 est bien vrai que Griton nous y est représenté comme tendant, non pas la main, mais le pied, pour donner des gourmades, quand il ne se paie pas la fantaisie de crucifier n contre la justice ». Mais ce n'est là — l'honnêteté native de AJ. Maurras ne nous en est-elle pas garante ? — que forme paradoxale. Et puis gourmades et crucifiement tirent-ils donc tant à con-
1. Etudes, 5 septembre J909, p. 615. N'est ce pas justement en cela que consiste l'action sociale telle que l'a préconisée Léon XIII en proclamant « comme un fait nécessaire la diversité des classes et des conditions » ? Et par ce rapprochement très avisé, M. Descoqs met V Action française sous le patronage de Léon XIII. Le P. Barbier pensera certainement que c'est une compromission ; et si, après cela, il ne fait pas schisme, c'est qu'il manque de conviction et de caractère. Mais, comme preuve que tel est bien le rôle que V Action française attribue aux classes supérieures, M. Descoqs aurait dû citer, entre autres, cette phrase de M. Lasserre: « Si indispensable que soit pour la paix et la nécessité de la nation une aristocratie, sa fm essentielle ne^l pas le bien général, mais sa propre vertu. Elle a la jouissance des honneurs, et seule elle fait fii'ure » [Action française, t. ï).
séquence, puisque les uns en sont « couronnés de joie » et que les autres a ne s'y refusent point » ' ? Et les transmutations de ce genre se multiplient à discrétion.
Les doctrinaires de VActioîi française n'ont qu'un souci, c'est de « chasser le surnaturel, le mystique », c'est de supprimer jusqu'à la préoccupation de l'infini. M. Descoqs traduit qu'à leurs yeux « le culte de Tinfini n'oiïre... que dangers et déboires, s'il n'est réglé par le catholicisme M>. Et il faut l'entendre proclamer que M. Maurras, « de par sa méthode, doit tenir compte du fait chrétien et du résultat de l'influence chrétienne » ^ ; comme si tenir
1. M. Descoqs n'omettra certainement pas de dire que M. Maurras a bien trop le sens des réalités et des contingences pour rêver de rétablir l'esclavage tel qu'il existait dans l'antiquité. Et du reste il nous renvoie à cet égard à une page du Dilemme de Marc Sangnier, p. 104, où M. Mauras parle en effet en ce sens. Mais ce n'est pas la question. La question est de savoir s'il maintient le principe de l'esclavage, quelle que soit la manière dont il se propose de l'organiser. Et là-dessus ses affirmations et celles de ses amis sont aussi claires et aussi fermes que possible. Que sont donc les êtres « dépourvus de conscience et de responsabilité » que réclame M. Gilbert, si ce ne sont des esclaves ?