Etudes, 5 septembre 1909, p. 614 (note
cation à Minerve ' qu'il appelle nn u médaillon achevé », comme M. Banzet avait appelé « une médaille d'effigie très romaine » le livre de M.Lasserre, il en vante la beauté, en regrettant toutefois que « cette page si supérieure par le style à la Prière sur r Acropole » ne contienne que « des vues étroites et bornées à l'ordre contingent ». Mais du moins, ajoute-t-il, n'y retrouve-t-on pas '< cette haine, cette inintelligence du christianisme qui déparent » la page de Renan. De son propre aveu, V Invocation à Minerve chante le paganisme hellène comme « un idéal qui ne sera pas dépassé - ». Que lui faudrait-il donc pour y trouver 1 inintelligence du christianisme ? Et si M. Maurras n'exprime point là une haine qui repousse l'esprit du Christ, qu'eyprime-t-il donc ? Du reste, M. Des coqs n'avait qu'à se reporter à une autre page qui est le pendant de celle-là etoiile sentiment de haine, c'est bien le cas de le dire, « saillit vif et pur ». Découvrant subitement au milieu des ruines d'Athènes un buste désigné comme reproduisant les traits du Christ, M. Maurras écrit : « Je n'eus aucune surprise. Je sentis
J. L'avenir de l'intelligence, p. 289-296. 2. Etudes, 5 décembre, p. 608.
pourtant le besoin de courir au grand air pour dissiper le trouble où me jetait ce brusque retour du nouveau monde et du Nazaréen par qui tout l'ancien s'écroula... Je regardai la nuit qui approchait. Il me semblait qu'ainsi sous la croix de ce Dieu souffrant était arrivée la nuit sur l'âge moderne ^ ». Renan aurait-il parlé de la sorte ?
M. Descoqs la connaît cependant, cette page ; il y fait ailleurs allusion. Seulement c'est pour ajouter, — avec une intrépidité qui ne se dément pas et comme s'il s'agissait d'une simple boutade,— que M. Maurras réprimera vite «d'aussi insensés regrets ». Or M. Maurras les réprime si peu que dans les lignes qui suivent,il se console avec cette espérance que le retour éternel fera refleurir le paganisme mort. Et s'il est vrai qu'il se console aussi, comme le veut M. Descoqs, en admirant l'œuvre de l'Eglise romaine, c'est uniquement parce qu'il y trouve l'antidote du venin chrétien. Tout le mérite qu'il attribue à l'Eglise — combien de fois faudra-t-il le redire ? — c'est d'avoir éteint l'esprit de l'Evangile. Et quand il crie : vive le pape 1 c'est pour signifier : mort au Christ !