Cf. Annales de philosophie chrétienne, juin
ll\1 PROPOSITION d'alliance
M, Descoqs par conséquent ne peut réellement s'accorder avec lui qu'en voulant ces résultats comme lui et par les mêmes moyens que lui, c'est-à-dire par les moyens que fournit la physique sociale telle que la comprend M. Maurras, — et nous avons vu ce que sont ces moyens pour l'usage desquels on a bien soin de récuser « le fantôme obsédant de la morale ».
Mais M. Descoqs ne saurait malgré tout s'y résigner. Aussi, en même temps qu'il veut, il ne veut pas. Mais quand il ne veut pas, c'est pour se permettre ensuite de vouloir. Et voilà comment il est amené à séparer les résultats voulus et des principes au nom desquels on les veut et des moyens par lesquels on prétend les réaliser. Cette séparation faite, il rejette les principes,il repousse les moyens... et il garde les résultats. En d'autres termes, sans prendre la responsabilité du système de M. Maurras — à Dieu ne plaise ! — il en retient « le bénéfice » . Toutefois comme malgré tout il sent bien que l'effet ici risque d'être contaminé par la souillure de la cause, il tâche ensuite, du mieux
LA VALEUR DE l'eNTENTE 1^3
qu'il peut, d'effacer, ou au moins de dissimuler cette souillure. Et c'est ce qui nous vaut l'ingénieuse casuistique qui lui permet de baptiser, ou à peu près, Tathéisme de M. Maurras, tout en déclarant bien iiaut que c'est un système (( caduc et ruineux », inacceptable pour les croyants. Ainsi tout est sauf: son catholicisme, son « honnêteté native » et acquise, et par dessus le marché les résultats très palpables et très appréciables du positivisme de ï Action française. C'est ce qui s'appelle, dans Je langage de M. Maurras, créer une « intérieure harmonie ».
De cette façon, M. Descoqs peut nous parler de « Tordre régnant dans la société )> comme s'il n'y en avait que d'une espèce, ou plutôt comme si c'était un ordre en soi, un ordre matériel, brut, sans valeur, sans signification et comme si cet ordre régnant, établi en vertu de n'importe quels principes, fussent-ils l'athéisme et la conception de l'homme qui s'y rattache, et par n'importe quels moyens, fussent-ils ceux que nous savons, était « une condition souverainement efficace pour hâter dans les âmes l'instauration du royaume du Christ^ ».