‹ Positivisme et catholicisme à propos de l'Action FrançaiseChapitre 70 sur 124 · Cf. Annales, ibicL, juin 1910, p · texte numérisé non relu

Cf. Annales, ibicL, juin 1910, p

niste pour parler de la sorte. Ce serait trop gros. Mais on est traité de moderniste pour penser de la sorte et pour agir en conséquence. Et les livres du P. Barbier, du P. Fontaine, pour ne citer que ceux-là, et combien d'articles de journaux et de revues, ne vont pas à autre chose. C'est tout le crime dont on accuse les Semaines sociales. Et quand vous-mêmes vous insinuez que, chez Testis et chez nous, le goût de l'intériorité penche au protestantisme, vous n'allez pas à autre chose non plus.

Que vous le vouliez ou non, par le fait seul que vous érigez les résultats du positivisme en condition de l'efficacité de votre action religieuse, vous vous subordonnez à ces résultats. Pour y viser avec ceux qui y visent, de votre propre aveu vous faites abstraction de votre fin propre ; vous vous matérialisez en vous accordant (( matériellement » avec eux, et votre fin propre n'est plus qu'un surcroît qui s'ajoute artificiellement à l'ordre établi par les procédés positivistes, à moins que, comme M. Maurras,

LA VALEUR DE L'ENTENTE l55

VOUS n'en fassiez un moyen pour cet ordre même. Mais de toute façon vous vous fixez cala terre, vous vous attachez à ce qui est de la terre. Malgré l'intention qui demeure en vous et qui y répugne et que nous nous gardons bien de méconnaître, c'est le triomphe de l'Eglise dans la société, comme faisant partie de l'ordre positiviste, qui est au premier plan de vos préoccupations. Vous en faites votre centre de perspective, le point de vue d'où vous jugez tout, d oii vous appréciez tout. Et comme le triomphe de l'Eglise ainsi envisagé est un triomphe matériel, un triomphe de parti, vous avez toutes les transigeances et toutes les intransigeances des hommes de parti.

Toutes les transigeances d'abord, en vous alliant à ceux qui offrent de vous prêter main forte, sans vous inquiéter ni de l'esprit qui les anime, ni de la fin ultime à laquelle ils tendent, pour ne regarder qu'aux résultats immédiats et bruts.

Toutes les intransigeances ensuite en déclarant la guerre et en portant anathème à quiconque, sous quelque forme que ce soit, vise plus haut et que vos résultats et que votre triomphe matériels. Voilà pourquoi, tandis que le maté-

I 56 PROPOSITION DALLIAISCE

rialisme des gens de V Action française ne vous effraie pas, ou au moins ne vous effraie pas au point de vous empêcher de contracter alliance avec eux pour collaborer avec eux à l'ordre positiviste, vous comprenez toutes les sévérités dont on poursuit « les catholiques mystiques, démocrates, sociaux S). Et vous les comprenez si bien que vous ne comprenez pas autre chose.

Avec les uns vous avez un terrain d'entente, vous pouvez vous mettre u matériellement » d'accord. Ils vous proposent de constituer un ordre avec des individus « dépourvus de conscience et de responsabilité », et c'est aussi ce que vous attendez d'eux ; et vous ne pouvez pas en attendre autre chose puisqu'ils n'ont pas autre chose à vous donner.

Avec les autres, au contraire, quels qu'ils soient, il n'y a rien de semblable. Ceux-ci en effet ne s'avisent-ils pas de parler de conscience, d'intériorité, de personnalité humaine et de Dieu présent aux âmes ? Et tout ce que vous y voyez, c'est que les protestants et d'autres encore en parlent également. Et dès lors, au Jieu de vous demander si ce n'est pas là le germe de

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