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coqs. Mais, il faut bien le dire et le lui dire et tâcher, si c'est possible, de lui ouvrir les yeux sur lui-même, ce qui le gêne c'est la forme et non le fond. Ce que M. Maurras, en effet, exprime par là, c'est vraiment l'essentiel de sa pensée, la caractéristique de son attitude, d'où découle tout le reste de son système, toute sa physique sociale de positiviste athée, tout son hrutalisme en un mot, c'est-à-dire tout ce que M. Descoqs admire comme une œuvre de « raison » par excellence et comme la manifestation « d'une robuste santé intellectuelle ». Si donc M. Descoqs, bien loin de consentir si peu que ce soit à ce qu'on appelle Jésus un frénétique, rougit au contraire d'entendre un tel langage, ce n'en est pas moins ce que M. Maurras repousse, en parlant de la sorte, qu'il repousse avec lui. Il ne le voit pas, il a besoin de ne pas le voir ; et s'il réussit à ne pas le voir c'est que, malgré tout, il ne va pas jusqu'au terme oij il tend. Et s'il le voyait, c'est de lui-même qu'il rougirait. Il veut conserver le Christ, le vrai Christ de l'Evangile et de Thistoire. Mais à la suite de M. Maurras, il abandonne ce que le Christ a apporté, il méconnaît la vérité du Christ. Et il s'imagine lui aussi qu'il suffit de
la baptiser romantisme ou protestantisme pour n'avoir plus qu'à lui courir sus. Et, puisqu'il s'agit d'explication, c'est ce qui explique que dans les pires propos de M. Maurras et de ses amis il vient toujours à bout de découvrir, comme ici, « des vues justes» : il fait plus qu'excuser, il sympathise.
Et cela le mène vraiment loin. Il se plaint, encore comme d'une calomnie, de ce que j'ai parlé de sou indulgence au sujet de l'emploi de u tous les moyens ^). Mais, c'est moi qui ai été trop indulgent en ne parlant que d'indulgence. J'aurais pu dire quilallait jusqu'à l'admiration. Car n'est-ce pas de l'admiration qu'il exprime, par exemple, pour ÏAve?îir de fhitel/igence où^ selon lui, M. Maurras se montre « successivement politique, philosophe, critique littéraire, historien... àundegrééminent » malgré « quelque lacune » qui se laisse « entrevoir de ci de là »? Et n'est-ce pas à propos de ce livre qu'il écrit : « Quand l'ensemble de nos publicistes se laissera guider par de telles vues, n'y aurat-il pas quelque chose de changé en notre
France ' » ? Or, dans ce livre, dont la nouvelle édition que j'ai sous les yeux est datée de 1909, M. Maurras ne s'applique à rien moins qu'à nous faire comprendre comment, grâce à une conception positiviste et athée de la nature et de la société, « Tiatelligence et la volonté des humains » — entendez ceux qu'il appelle « le petit noQibre d'élus » ^ — peuvent contribuer à rt la génération des événements ». Et comme modèle de ce genre d'action, il nous raconte de quelle manière a la Restauration de la monarchie très chrétienne fut conspirée entre une dame très païenne et un ancien évêque assermenté et marié » ^ 11 s'agit d'Aimée de Goigny qui, devenue maîtresse de M. de Boisgelin, fut dépêchée par celui-ci à la conquête de M. de Talleyrand. Elle usa de l'argument dont elle disposait. Talleyrand fut conquis à la cause du roi. Et le « philosophe » éminent qu'est M. Maurras découvre qu'à peu près comme les « chevauchées de la Pucelle, les allées et venues d'Aimée de Goigny laissent voir le jeu naturel