‹ Positivisme et catholicisme à propos de l'Action FrançaiseChapitre 87 sur 124 · V Avenir de l'Intelligence^ p · texte numérisé non relu

V Avenir de l'Intelligence^ p

mirer en bloc et sans préciser. 11 vient à bout de justifier, en l'expliquant, la formule « par tous les moyens ». Qu'on me permette de citer tout le passage, en le reprenant avec les remaniements et les adjonctions qu'il a reçus en passant des articles de M. Descoqs dans son livre. C'est à n'y pas croire.

« M. Maurras lui-même, dit-il, ne paraît pas échapper à tout reproche, lui qui, nous l'avons vu,passe condamnation sur l'achat des femmes, des consciences, des trahisons. Ce n'est pas qu'il ait explicitement fait sienne cette phrase malheureuse, tant exploitée depuis. Il n'en disait rien dans le commentaire, — trèsélogieux, il est vrai, quant au reste, — dont il faisait suivre la lettre de son correspondant, et les expressions de ce dernier permettaient de supposer qu'il s'agissait de consciences déjà toutes corrompues, de trahisons qui, pour lui du moins, vu les circonstances présentes, n'en seraient pas. Mais le premier moyen suggéré !... Combien de lecteurs pouvaient l'interpréter, sans un violent effort, de manœuvres innocentes (sic) que ne réprouve pas une conscience droite, et comment la plupart n'auraient-ils pas été amenés à le ranger, ainsi compris d'actes contraires à la

morale, au nombre de tous les moyens autorisés par V Action française. M. Maurras a bien expliqué dans la suite que la phrase incriminée excluait toute idée de corruption, qu'elle se bornait à conseiller d'acheter ce qui était à vendre ^ Et nous accordons sans peine qu'il y a une distinction essentielle entre ces deux points de vue; nous accordons encore qu'une fin d'ordre supérieur peut autoriser une coopération purement matérielle et tout indirecte à des actes comme ceux qu'il indiquait ici, que, pour le premier moyen (Cachât des femmes) comme pour les autres, on peut enfin imaginer des circonstances où la coopération au mal sera tout indirecte » ^

M. Descoqs fait remarquer après cela que le tort ici c'a été que (. le texte de M. Maurras n'entrait pas dans ces délicates distinctions » : d'oii il est résulté que « lui, dont la perspicacité est rarement en défaut », permettait de soupçonner, sinon qu'il approuvait a le sens

1. Si le coup de force est pos<^ible, p. 95-96. — Et qui donc a jamais acheté autre chose que ce qui était à vendre? Mais chacune des phrases de cette pai,'e serait à souligner.

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inacceptable n de la « malheureuse phrase tant exploitée depuis », au moins qu'il restait indifférent à son égard. Et pour achever de se libérer, tout en excusant ainsi de son mieux, M. Descoqs ajoute que la chose était grave et troublante parce que « les explications ultérieures... n'ont pas été de nature à faire cesser toute inquiétude ». Et en effet, dans V Action française du 6 mai 1909, ne trouve-t-on pas encore, sous la plume même de Criton-Maurras, cette autre phrase non moins malheureuse : « Il y a un culte de la dignité de l'homme qui peut arrêter net toute tentation, toute sollicitation d'un tel ordre... Mais les héros capables de surmonter l'évidence du bien public par souci et respect de la nature humaine ne font généralement pas de politique * » ? Et M. Descoqs commente fort bien cette phrase en disant qu'elle signifie que « les considérations d'ordre moral en présence de l'intérêt général ne sont plus d'aucun poids pour l'homme politique ». N'est-ce pas reconnaître qu'on proclame encore sous une autre forme que « tous les moyens sont bons » ? El par conséquent n'apparaît-il pas que,

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