Rien qu'une incertitude
(( femmes » ou des « consciences ». Et n'oublions pas que, par dessus le marché, la fin d'ordre supérieur dont il s'agit ici, c'est l'organisation politique et sociale, c'est « l'Ordre » tel que le conçoit la haute e1 positiviste raison de M. Maurras.
Selon M. Descoqs, à défaut de l'esprit, je rivalise par les procédés avec « l'auteur des Petites-Lettres ». Ce n'est pas le lieu d'examiner les procédés de celui-ci. Que son esprit me fasse défaut, on s'en doutait quelque peu. Mais assurément c'est tout à fait dommage : car il n"a jamais eu pareille matière où s'exercer. Et puisque M. Descoqs s'afûige de ce que les Annales de philosophie chrétienne portent ce titre, on comprendra, par la délicatesse d'âme dont il témoigne ici, quelle est la valeur de son affliction.
Mais ce qui est peut-être plus surprenant que tout le reste, c'est qu'après s'être tant donné de peine pour faire valoir les doctrines de V Action française et après avoir tant prodigué de facile indulgence pour en estomper l'impiété, il vient nous dire qu'il n'a x( jamais eu l'intention de
montrer la fécondité, encore moins la nécessité n d'une alliance. C'est presque l'intention contraire qu'il aurait eue, tant il a fait de réserves (( sur l'opportunité d'un tel pacte ». Ce qu'il a voulu, c'a été seulement définir u les conditions qui le rendraient licite, si par' ailleurs on jugeait qu'il pût apporter en fait à la cause de l'Eglise un sérieux appoint ». Mais de (( ce dernier ,92», dit-il modestement je n'ai «jamais abordé la discussion o et u je me sens tout à fait incapable de l'engager et de la soutenir»'. Il est bien vrai que M. Descoqs n'a pas décrété que l'alliance devait être conclue, et il est non moins vrai que de cela, grâce à Dieu, il est en effet incapable. Mais, si tous ses articles, avec tout ce qu'il y a ajouté dans son livre, n'ont pas manifestement pour objet de montrer : 1° que les conditions qui rendent le pacte licite sont remplies, et 2" qu'au jugement de M. Descoqs ce pacte peut apporter en fait à la cause de l'Eglise un sérieux appoint, je déclare ne plus savoir lire. Etque signifie-t-il donc quand il nous dit, en marquant la manière dont M. Maurras concilie son posivitismc avec le catholicisme :
« Vraiment n"y a-t-il pas là de quoi rassurer un peu les âmes timorées?» et quand il ajoute qu'en fait il semble que cette réponse accorde ^« les garanties réclamées par les consciences catholiques » ? Et que signifie-t-il donc encore, si ce n'est que « le sérieux appoint » sera obtenu en effet, quand il insiste sur ce que « M. Maurras, lui (par opposition aux autres incroyants), n'a rien de plus à cœur que de faire triompher l'Eglise, sinon dans les âmes, du moins dans la société » ? et quand il rappelle, avec (( un docte religieux » ', que la morale n'a jamais déclaré '( que des catholiques ne pouvaient contracter aucune alliance avec des non-catholiques pour atteindre un but commun dont l'Eglise doit, en somme,bénéficier))^Et chacune de ces pages ne tend-elle pas à nous faire voir M. Maurras et ses amis comme pouvant « devenir, après tout, des agents précieux de reconstitution sociale'», et comme seuls capables de procurer à l'Eglise (( l'ordre » dont FEglise a besoin ? Et en vérité de quelle autre manière aurait-il pu s'y prendre
1. Dom Besse, Bulletin des dames royalistes, juillet 1907, p. 88.