AVANT-PROPOS
S'il est une thèse à soutenir, c’est bien de celle-là qu’il s’agit. ‘
Que la France soit restée à l'écart des conceptions autarchiques qui ont tenté certains pays, question sans nul doute de bonsens; tôt ou tard, on paie l’égoïsme inter-
Mais, n'est-ce pas voir juste que de plaider pour J'Empire ? N'est-ce pas aller à l'encontre d’une économie fermée, puisque, aussi bien, la vie impériale est inséparable du commerce international ?
A vrai dire, la cause n’a plus besoin de défenseur. Elle a montré d'elle-même une vitalité singulière. Au fur et à mesure que les liens internationaux se rompaient, il s’en tissait chaque jour de plus serrés entre la France et ses Colonies.
Maïs un tel phénomène ne doit pas rester spontané. IL est besoin que toutes les énergies se tendent dans la réalisation d’un même programme ; qu’un idéal se crée, qui
soit pour tous une obsession de tous les instants.
N'est-ce point aussi une impérieuse nécessité ? Ces Colonies qui ont été fertilisées de tant de sang français,
certains ne songent-ils pas à les prendre, prétextant d’une non-mise en valeur 1 ?
Il est bien question de vaines querelles. Là-bas, dans la liberté des espaces que la paix française à ouverts aux bienfaits de la civilisation, il y à du pain pour tous.
Lorsque, il y à cinquante ans à peine, Seely écrivait son livre sur « L'expansion de l’Angleterre », pouvait-il imaginer la puissance qui serait un jour celle de l’Empire britannique ?
Si les quelques pages qui vont suivre, ont pu donrier enfin conscience du grand édifice que doit être la France de demain, nous serons bien payés alors en songeant que « veiller au salut de l’Empire ? » c’était penser au prestige
de notre pays.
1. Esprit International, 1 juillet 1936, M. R. Karlowa. .Le point de vue allemand dans la question coloniale.
Henri Hauser. La question des matières premières et la redistribution des colonies, Rev. Econ. Int., janvier 1937.
Georges Hostelet. La question des revendications coloniales et la condition essentielle de la prospérité des nations, Rev. Econ. Int., janvier 1937.
2, F. Pietri, Veillons au salut de l’Empire, Ed. de France, 1937.