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CHAPITRE III

Car c’est là tout le problème. Préparer des décisions, donner des directives, assurer une impulsion continue en dehors des fluctuations gouvernementales, tel doit être le but à atteindre.

La politique, a-t-on dit, n’est pas article d'exportation ; malheureusement ses répercussions se font fortement sentir dans nos possessions et leur mise en valeur à été trop souvent le jouet des directives changeantes de nos gouvernants.

L'idée de placer auprès des divers départements ministériels des organismes consultatifs n’est pas nouvelle. C’est ainsi qu'ont vu successivement le jour le Conseil supérieur des Ponts et Chaussées, celui de la Navigation intérieure, celui des chemins de fer aux Travaux publics, celui de la Marine marchande. Enfin nous devons à A. Sarraut le Conseil supérieur des Colonies.

En lui-même le principe est intangible. Doter les ministères de compétences indépendantes correspond à un véritable besoin. Nombre de questions abordées réclament en effet des connaissances techniques qui ne se rencontrent

pas ordinairement dans les commissions parlementaires, -

et les ministères intéressés devraient pouvoir trouver dans ces conseils supérieurs les indications indispensables à la mise au point de projets très étudiés.

DFC

En fait une sourde hostilité n’a cessé de régner à l’encontre de tels organismes qui se sont toujours plus ou moins heurtés au mauvais vouloir des fonctionnaires ministériels. À tort ou à raison, on les à considérés comme de redoutables concurrents et ils ont été en général victimes d’une indifférence systématique.

Cependant « ils pouvaient et peuvent encore rendre de grands services, s’ils étaient demeurés vivants et pourvus d’une réelle autorité. Ils avaient, dans l’ordre du tourisme par exemple, fixé une doctrine de la propagande à l’étranger ; dans l’ordre maritime, ils ont lutté pour la suppression de la flotte d'échantillons pour la création de zones franches maritimes, pour l’autonomie des ports. Ils n’ont rien épargné pour obtenir que notre flotte de commerce fut remise à la hauteur des flottes étrangères.

Dans l’ordre colonial ils ont mené la campagne que l’on sait au sujet de la Maison de France, la suppression du Bagne colonial et de maints sujets non moins urgents.

Ils étaient donc, et demeurent par excellence un instrument de réalisation 1. »

Nous devons au Conseil supérieur des colonies toute une documentation. Malheureusement et bien qu’il s'intitule depuis le décret du 26 décembre 1935 « Conseil supérieur de la France d'outre-mer » il n’existe plus guère en fait que sur le papier ?.

La conférence de la France Métropolitaine et d’Outremer avait cependant montré la nécessité de tirer un meilleur parti de sa collaboration en apportant certaines modifications à la Commission économique.

1. H. Rondet-Saint. Le pardoxe du Conseil supérieur des colonies et autres conseils, Le Courrier colonial, 21 mai 1937. 2. Décret du 26 décembre 1935, J. O., 29 décembre, p. 13780.

Il eut fallu organiser ses nouvelles attributions, sa composition et les conditions de son recrutement, sa compétence et son bureau, prévoir sa transformation tous les deux ans én conférence impériale.

D'autre part sa tache eut gagné à être répartie dans les organismes ci-après : |

a) Section de la production (y compris celle des mines).

b) Section du commerce, de l’industrie, des douanes et conventions commerciales.

e) Section des organisations professionnelles.

d) Section des travaux publics, des moyens de communications, de la marine marchande et des pêches.

e) Section financière.

f) Section de la propagande du tourisme et de la chasse

g) Section de l’hygiène et de médecine socïale.

h) Section de l’enseignement technique, de lPartisanat et des beaux-arts. |

Enfin il eut été nécessaire de le composer de membres de droit et autres membres représentant les grands groupements coloniaux et métropolitains.

Saisi de toutes sortes de questions coloniales, le bureau du Conseil aurait pu de sa propre initiative proposer au ministre l’étude de problèmes qui, par leur importance ou leur actualité, seraient en mesure de motiver une étude particulière.

Afin d'assurer à cet effet une liaison entre les divers départements intéressés l'intervention de la présidence du Conseil était jugée nécessaire et par ailleurs le secrétariat permanent actuel du Conseil supérieur des eolonies «aurait été mis à même par le développement de ses moyens, de rechercher les documentations utiles, d'établir les procès verbaux des séances, d'assurer leur transmission au

ministre et aux services de Padministration, de suivre par : lentremise de ceux-ci les enquêtes auprès des gouvernements locaux qui auraient été décidées ».

Mais tout ceci devait rester lettre morte et on peut dire qu’en fait le Conseil supérieur des colonies n'existe plus.

La continuité d’action de la conférence avait-elle de son côté été mieux réalisée ?

Faisant suite à ces idées de réorganisation du Conseil supérieur des colonies, un autre projet avait vule jour afin de suivre l’exécution de mesures proposées par la conférence et de la politique par elle définie. Par un arrêté du 17 mai 1935, M. Louis Rollin maintenait en vigueur le bureau de la conférence impériale, qui devenait aussi le « Bureau Permanent de la conférence économique métropolitaine et de la France d’outre-mer ».

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