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ART. 4. — Est nommé secrétaire général du bureau permanent de la conférence économique métropolitaine et de la France d’outre-mer M. Gignoux, ancien sous-secrétaire d’État.
ART. 5. — M. Édouard de Warren est chargé, en accord avec le secrétaire général, des travaux, études et enquêtes incombant au bureau permanent ainsi que des liaisons avec les administrations intéressées.
ART. 6. — M. Léger, Conseiller à la Cour des comptes, Chargé de mission du Cabinet du ministère des Colonies ; Peigne, directeur de la comptabilité et des affaires algériennes au ministère de l'Intérieur ; de Saint-Quentin, sousdirecteur d’Afrique Levant au ministère des Affaires étrangères ; Chasteney de Gery, Inspecteur des Colonies ; A. Laurence, attaché au service de la propagande des agences économiques de Madagascar et de l'A. E. F. apporteront leur concours au bureau permanent de la conférence économique de la France métropolitaine et d’outre-mer.
Fait à Paris, le 1er mai 1935.
Louis ROLLIN.
Cet arrêté maintenait le bureau de la conférence sous forme de bureau permanent. Mais malgré leur compétence le secrétaire général M. de Warren et le secrétaire adjoint M. Roland Meyer ne peuvent évidemment rien faire sans moyens ni collaborateurs dans l'appartement désert qui est le siège du bureau au n° 11 de la rue Tronchet.
C’est pour compléter cette ébauche d'organisation que le décret du 5 septembre 1935 a créé le Comité d’action civilisatrice et de paysannat indigène dont le Président est M. de Warren et qui, nous l’avons vu, s’occupe plus spécialement de notre politique agricole d’outre-mer.
Mais un organisme de cette sorte est voué à l’inaction avant que de naître en raison de l’imprécision qui entoure les conditions d’exercice de son activité.
Pour qu’il puisse arriver à coordonner effectivement notre politique impériale il faudrait qu’il assure une liaison entre les ministères intéressés, les organismes officiels métropolitains comme le Conseil national économique, le Comité interministériel de l’économie nationale, le Haut Comité méditerranéen de l’Afrique du Nord et les gouvernements généraux de nos possessions.
Un tel organisme remplaceraïit le bureau permanent et engloberait le Conseil supérieur des colonies.
Son action pourrait être efficace pour obtenir un équilibre de production et d'échange entre toutes les parties de l'Empire à condition toutefois qu’il soit muni des pouvoirs nécessaires pour assurer l’unité et la stabilité de doctrine, de direction, d’impulsion et de contrôle en matière économique. Mais cela serait insuffisant s’il n'avait également l’autorité de se saisir lui-même des questions et de présenter d'office les propositions qui lui sembleraïent opportunes, ce qui n’est pas le cas, par exemple, du Conseil supérieur des Colonies.
Ainsi conçu cet organisme serait le pendant du Conseil national économique et il pourrait se nommer par exemple le Conseil économique impérial.
À une telle organisation impériale les critiques ne manquent pas.
= Les unes sont de principe, les autres de doctrine, enfin il y à les objections de fait.
Car, dit-on tout d’abord, on ne peut au point de vue international se retrancher dans ce splendide isolement qu'est l’autarcie ; les relations lentre les peuples sont nécessaires et les expériences d'économie fermée SONG à CON damner de facon définitive.
Mais qui parle ici d’économie fermée ? La vie impériale et le commerce international sont intimement liés. La conférence d'Ottawa à été un effet de la crise, mais, l’'Empire britannique existait depuis longtemps déjà dans un cadre qui était celui du libéralisme économique.
Bien plus, il n’est point question de nous retrancher définitivement derrière des barrières douanières comme le font certains peuples pour lesquels la recherche de « l’ersabz» est devenue une religion ; mais à l’abri d’un soutien provisoire, c’est une économie plus vaste qu’il va falloir organiser de façon à donner au monde un fournisseur plus important qui ne sera autre que l’Empire français.
Les échanges internationaux sont du domaine du passé, L'avenir est aux négociations économiques entre les
Empires. Déjà des conventions ont été conclues en ce sens * et le Conseil du commerce extérieur de la France dans son VIe Congrès national tenu à Lille en octobre 1936 a pu formuler à ce sujet le vœu suivant :
Le Congrès considérant :
« Que trop fréquemment et tout récemment encore les intérêts impériaux ont été méconnus dans les conventions et traités conclus par le gouvernement métropolitain ;
Qu'ils ont été également perdus de vue à l’occasion de certaines révisions de nos droits de douane ou contingents ;
Qu'on à négligé d'élaborer des accords spéciaux qui auraient été favorables à plusieurs de nos colonies, protectorats ou mandats ; | Qu’en conséquence, il à été fait obstacle à des courants de trafic qui eussent pu devenir très avantageux pour l’ensemble de notre économie, et que la situation de nombre de nos territoires s’en est trouvée fâcheusement aggravée ;
Émet le vœu :
Qu’à l’avenir le ministère des Colonies soit consulté sur toute transaction susceptible d’intéresser, directement ou indirectement, nos régions d’outre-mer, et qu'aucun traité n’intervienne avec un État, quel qu’il soit, sans que la position de toutes les parties de l’Empire vis-à-vis de cet État n’ait été examinée afin d’en tirer tout le parti possible;
Que dans les remaniements de droits de douane et de contingents présentement à l’étude dans le but de recouvrer progressivement une situation commerciale normale,
1. Une convention de Commerce entre la France et les Pays-bas, dans l’Economiste français, 8 juin 1935.
Le traité en question est destiné à assurer une base stable au développement des relations commerciales entre la France coloniale et métropolitaine, d’une part, et les Pays-Bas y compris leurs territoires d’outremer d’autre part.
soient toujours considérés les besoins de la production coloniale et soit recherché si elle est devenue assez forte pour lutter contre la concurrence mondiale et supporter des concessions ;
Que soient négociés au plus tôt les accords particuliers destinés à développer les échanges entre certains de nos territoires et divers pays étrangers. »
La première objection qui englobe dans une même critique Empire et autarcie tombe donc d’elle-même. Ainsi conçue, cette politique n’est pas viable. Notre intérêt nous commande au contraire d'augmenter avec un soin jaloux les courants impériaux avec l'étranger.
Mais il en est une autre plus profonde qui attaque à la source même la légitimité de la colonisation. Bien loin d’être une œuvre désintéressée celle-ci n’est qu’un suprême moyen employé pour sauver un régime condamné :.
Il ne nous appartient pas de faire ici œuvre d’historien en retraçant les événements qui sont à l’origine de nos «aventures coloniales ». L’hostilité, peu équivoque qu’elles rencontrèrent dans l’opinion publique suffirait au surplus à démontrer qu’elles furent bien plus la résultante de lourdes obligations que l’expression définie d’une « volonté de puissance» qui s’affirmait. Que ce soit en Algérie?, en Tu-
1. N. Lenine. Der Imperialismes als jungste etappe der Kapitalismus. Ch. Gide. La lutte pour le profit.
Rudolf Hilferding. Das Finanz Kapital.
* Werner Sombart. Der moderne kapitalismus.
Otto Bauer. Die nationalitaten frage und die social démokratie. Walter Rathenau. Où va le monde.
2. Général Paul Azan. L'expédition d’Alger, 1830, Plon, 1930, p. 67.
nisie, au Tonkin, au Maroc ou ailleurs; C’est, poussés par la nécessité et après d’angoissantes hésitations, que nous sommes intervenus. à
Rechercher avec Ernest Seillière quelle est la philosophie de l’impérialisme, loi immuable des sociétés humaines !. Remonter par Bayreuth avec le Comte de Gobineau, aux sources mêmes de l’arianisme historique ; étudier avec Nietzsche si le surhomme sera animé « d’un stoïcisme apollinien ou d’un immoralisme dionysiaque », ou encore avec Granier de Cassagnac s’il existe des races libres et ‘des races esclaves ; autant de questions brûlantes d'intérêt sans doute mais qui seraient de nulle valeur pour notre thèse si elles n'étaient assorties des faits.
Cette accusation d’impérialisme que l’on porte à l’encontre des races colonisatrices trouve sa source dans le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et c’est le bienfondé de ce droit prétendu qu’il faut ici examiner. Car enfin ces pays dans lesquels nous avons dû intervenir étaient-ils à l’âge d’or avant notre arrivée ou bien plutôt cette chirurgie un peu rude qui se nomme la conquête n’a-t-elle pas permis de sauver un malade condamné et bien souvent dangereux ?
Anarchie, misère, maladie, ignorance profonde tels sont les fléaux contre lesquels nous avons dû combattre. Un auteur peu suspect de sympathie pour nos civilisations occidentales H. de Monfreid, les à décrits dans toute leur hideur en