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Partie d’une ville minuscule du Latium, la puissance

romaine rayonnera bientôt sur tout un monde qui s’éten- à

dra des Alpes à l'Atlas, de l'Océan aux rives de l'Euphrate. Vers 130 avant Jésus-Christ la série des guerres sera close, l'Empire sera fondé et bientôt la Paix romaine régnera sans partage sur des régions qui avaient été le théâtre de toutes les rivalités. Une vie économique intense va se développer alors. Strabon, qui en fut le témoin, atteste Pactivité commerciale qui naîtra lorsque la mer sera purgée de pirates et le temple de Janus fermé ; mais ee que l’on ignore généralement c’est qu’elle dépassa largement « F'Orbis Romanus » pour intéresser des régions qui en étaient très éloignées.

La péninsule produisait du vin, de l’huile, du blé, des laïines de Tarente et de Cisalpine maïs les exportations consistaient surtout en objets de luxe. Rome en effet était par excellence la ville des ouvriers d’art ; fondeurs, ciseleurs, ébénistes, teinturiers, brodeurs, passementiers y travaillaient à longueur de journée ; des libraires, ne trouvait-on pas chez Attrectus un Martial relié en pourpre pour cinq deniers ? on fabriquait aussi en grosses quantités du verre et du papier que l’on vendait à bas prix.

Les provinces de leur côté apportaient les produits les plus variés. Par Narbonne et Marseille la Gaule exportait des fruits, de l’huile, du vin, du porc salé des Séquanes, des laines, des saies gauloises dont on habillait les esclaves italiens, des-étoffes de lin, des cadurques et des draps rouges d’Arras qui valaient, dit-on, la pourpre d'Orient.

L'Espagne fournissait l’huile renommée de Lérida, les jambons des Cerretans et des Cantabres, les étoffes de Soetabis et d’Empories. Mais sa plus grande richesse provenait de ses mines. Le fer du Cap Dianun était trempé à Bilbilis et à Turiasso et les cuirasses espagnoles s'étaient acquis une renommée. On trouvait des pépites de dix livres dans les mines d’or de la Bétique, tandis que la Galicie, la Lusitanie et l’Asturie en fournissaient au dire de Pline plus de vingt mille livres pesant chaque année. Il y avait encore du plomb à Castellon, de l’étain chez les Gallaïques, et en Turdetanie on extrayait du cuivre pur.

De la Grèce et de ses îles, Rome tirait surtout des vins, ceux de Chios et de Lesbos étaient renommés. On allait encore chercher les parfums d’Athènes, les marbres du Pentélique, de Paros et de Chios, l’airain de Corinthe, le cuivre de l’Eubée, le byssus de l’Élide si apprécié des Romains et cet ellébore d’Anticyre, remède, dit-on, contre la folie que Perse conseillera un jour à Néron.

Des cinq cents villes d'Asie qui servaient aussi d’entrepôts pour les produits venus de la lointaine Sérique, de la Taprobane ou de la Chersonèse Dorée :, provenaient les toiles peintes et les étoffes de Milet, les tapis de Laodicée, les poteries de Tralles, les statues, les bronzes, l’orfèvrerie d’or et d’argent, les bagues bithinéennes, les fers ciselés de Cibyra, les marbres de Symade veinés de rouge et les teintures d’'Hériopolis.

Le Pont donnait des bois de construction, la Colchide un fer renommé, la Phénicie, cette pourpre de Tyr qui se vendait à Rome au poids de l’or et cette huile de Cèdre dont les poètes oignaient, dit-on, leurs rouleaux pour les faire passer à la postérirté.

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