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Chine Ceylan, Indochine

L'Afrique était devenue le grenier de Rome. C’est elle également qui fournissait les bêtes féroces pour les jeux de cirque, les chevaux nuniides, l'or, l’ivoire et les esclaves du Soudan, les marbres de Numidie et ces fameuses calcédoines dont on faisait alors des vases et des coupes d’un grand prix.

L’'Égypte fournissait également du blé, des tissus, du papyrus, des objets précieux en verre coloré. Mais surtout, comme les villes d'Asie, elle était l'intermédiaire du trafic que l’Empire romain faisait avec l’Arabie, l’Inde, la Chine et l’Indochine.

En effet, malgré la stabilité économique acquise par le monde méditerranéen, des courants d’échanges importants subsistaient avec l'étranger.

Le Bosphore, la Thrace et l’Hellespont étaient le siège d’un grand transit qui donnait à Byzance une importance considérable. C’est là qu’arrivaient les produits des pêcheries de la mer Noire, les blés, les chevaux et les cuirs des Scythes, l’or du Caucase, les peaux et les fourrures du pays des Parthes.

Le commerce occidental s'était étendu fort loin, lui aussi, du côté de l’Orient et de l’Équateur. Avec Pomponius, Mela, Senèque, Tacite, Pline et surtout Strabon et Ptolémée les connaissances géographiques s'étaient beaucoup développées. Les marchandises venues d’Extrême-Orient suivaient en général une route terrestre passant par Antioche, la Mésopotamie, la vallée de l’Oxus, la Bactriane, la région de Pamir et c'était Palmyre qui était le grand entrepôt des caravanes de l'Orient. Mais les voies maritimes étaient également utilisées. Hippalos avait découvert le phénomène des moussons qui soufflent six mois vers l’Inde, six mois en sens inverse. Sur la côte de Mysore on à décou-

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vert en quantités considérables, des pièces d’or de l’époque Julio-Claudienne, contre lesquelles furent échangés jadis le coton, lés perles et les pierres précieuses, les parfums, les animaux sauvages pour les jeux de cirque et surtout les épices destinées aux tables romaines.

On entretenait aussi des relations suivies avec la Chine sur laquelle Pline porte un jugement avisé. Les annalistes chinois ont conservé de leur côté le souvenir d’une grande ambassade envoyée en 166 par l'Empereur An Thoun1, et dans la province de Chen-si en trouve encore de nombreuses pièces de monnaie de Néron à Dioclétien qui ont servi sans doute autrefois à payer les soieries, les laques et les vases murrhins qui étaient justement appréciés dans toute l’étendue de l'Empire romain.

Une prospérité générale va naître de cet état de choses. Elle sera à la fois la cause et la conséquence de cette « immensa pacis Romane majestas » que quatre-vingts millions de sujets révèrent comme un Dieu et dont on ne pourra envisager sans effroi la disparition. Ce seront les provinces qui en auront été les meilleurs artisans. Elles auront fourni dans la famille des Antonins, ou des Sévères, des administrateurs remarquables et lorsque surviendra la crise du nre siècle, c’est à des empereurs Illyriens qu’il appartiendra de rétablir pour plus de cent cinquante ans l'unité de l’Empire.

Virgile ? et Horace * ont chanté le bonheur des peuples au sein de cette paix profonde. C’est cette félicité, plus que la crainte des légions qui maintiendra pendant des siècles la cohésion de l'édifice. Elle se devine dans la splendeur des

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