LA GENÈSE DE L’'IDÉE D’EMPIRE
d’une entité nouvelle où la Patrie continentale et les Frances d’outre-mer, sinon confondues du moins étroitement solidarisées, composeraient la force réelle d’une plus grande France appuyant sa sécurité non plus sur 40 millions mais sur 100 millions d'êtres humains et pouvant demander toutes les nourritures de sa vie à l’ensemble d’un domaine vingt fois grand comme la patrie mater- . nelle ».
Que la guerre ait servi la cause coloniale trop longtemps méconnue et pas encore gagnée peut-être, cela n’est que justice si l’on considère la contribution qui nous fut apportée à cette occasion par nos possessions d’outremer. .
800.000 hommes — près de 700.000.000 francs — 2.500.000 tonnes de marchandises, tels dont les chiffres que nous donnait Albert Sarraut et qu’il importe plus que jamais de mettre en relief en regard des difficultés actuelles.
N'y a-t-il pas d’ailleurs à vingt ans d’intervalle une profonde analogie entre ces heures tragiques vécues alors et les problèmes des temps présents ?
Ne sont-ils pas la résultante d’un état de choses que l’on traduit précisément par l'expression de « guerre économique » et n'est-ce pas une fois encore vers nos colonies que doivent se tourner toutes nos espérances ?
Or, s’il est un fait qui mérite de retenir l'attention lorsqu'on étudie le commerce extérieur de la France,
1. Albert Sarraut. La mise en valeur des colonies françaises, Payot, 1923.
c’est la progression continue des échanges franco-coloniaux !.
Des chiffres sont nécessaires. Nous les empruntons au « Bulletin de la Statistique Générale de la France ». Si l’on fait abstraction de l’élément de trouble apporté dans les comparaisons par la dévaluation survenue en. fin d’année 1936, il reste que le mouvement. global. de nos transactions en 1937 a été de 66.250.789.000 francs.
Dans ce chiffre, les colonies, protectorats et territoires sous-mandat figurent pour une somme de 17.111.87 6. 000 francs, dont :