‹ Possibilités et Conditions d'une Politique ImpérialeChapitre 18 sur 119 · LA GENÈSE DE L’IDÉE D'EMPIRE · texte numérisé non relu

LA GENÈSE DE L’IDÉE D'EMPIRE

échanges entre la métropole et ses colonies ne doivent pas être exclusifs des autres, ils les suppléent néanmoins et. c’est une des raisons qui militent pour leur développement.

Il en est d’autres plus importantes.

Le commerce colonial présente une sécurité remarquable. « On sait, disait M. Paul Leroy-Beaulieu, les périls nombreux d’un commerce à l'exportation surtout avec les pays lointains. Ces périls sont beaucoup moindres avec les colonies. La métropole n’a pas à redouter de se trouver en guerre avec elles ; elle peut attendre de leurs magistrats, de leurs administrateurs une justice équitable et un traitement impartial. Les goûts également sont plus stables et moins changeants dans ces sociétés jeunes et analogues à la mère patrie par leurs éléments constitutifs. Les colons, ont, sauf les différences de climats, des mœurs semblables à celles des habitants du vieux pays. Tous les produits de ce dernier ont plus de chance de leur plaire que les produits étrangers. Le commerce entre la métropole et les colonies a donc quelque chose de cette permanence et de cette régularité dont jouit le commerce intérieur ; et cependant il | offre cet avantage spécial de porter sur des articles très différents ; produits sous des climats très divers ; eten même temps d’être rapidement progressif par le développement prompt et ininterrompu des colonies, grâce aux privilèges naturels qui leurs sont propres !. »

Pour n’envisager que les colonies de peuplement une telle formule n’en est pas moins heureuse. Elle affirme que sur ce point l'intérêt et la nécessité de la politique se confondent.

4. Paul Leroy-Beaulieu. De la colonisation chez les peuples modernes, 6e édit., Paris, p. 563.

Le

Au surplus, le moment n'est-il pas venu pour nous de choisir, de parier, eût dit Pascal ?

D’aucuns ont cru trouver dans la formule radicale de l’autarcie un remède aux maux dont nous souffrons. Cela peut permettre à la rigueur de vivre dans une économie cristallisée.

Mais si comme certains symptômes semblent le faire prévoir, il.est possible d'envisager dans un prochain avenir la reprise.des relations internationales : n'est-ce pas plutôt dans le-cadre.agrandi d’un « Empire » qu'il y auraitlieu.d’y songer et ce faisant n’aurons-nous pas travaillé à la fois à l'accroissement de notre puissance et au retour vers les saines notions du libéralisme économique ?

LÀ

Sila guerre et.la.crise ont amené en fait un resserrement entre la France -et ses possessions d'outre-mer, c'est dans un courant d'idées qui remonte à plus d’un siècle que la doctrine impériale anglaise trouve ses origines déjà lointaines.

En un temps où les disciples de l’école de Manchester proclamaient la nécessité d'abandonner les.colonies, dernier obstacle dressé devant les exigences du libéralisme utilitaire? ; la voix de Carlyle s'élève. Aux sophismes.de tous les «Mac Croudy * » de «la petite Angleterre ». C’est une apo-

1. À. Meggle. « La France au travail », Publication du Centre d’'Expansion française, 77, rue des Saints-Pères, Paris.

À. Piettre. Professeur à la Faculté de Droit de Strasbourg. « La reprise française, apparences et réalités », Reowe Politique et Parlementaire, 10 mars 1937.

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