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VINS

De toutes les productions concurrentes c’est bien le vin qui à suscité les conflits les plus aigus avec la Métropole.

ALGÉRIE

La superficie du vignoble algérien qui était restée infé- ‘rieure à 175.000 hectares jusqu’en 1922, passa brusquement à près de 375.000 hectares en 1933. Pendant ce temps dans la Métropole, la superficie plantée en vignes restait fixée à un chiffre moyen de 1.400.000 hectares et la production à 55 millions d’hectolitres.

Jusqu’en 1933, les vins algériens s'étaient vendus normalement. Mais à partir de cette date la fermeture des débouchés étrangers, qui coïncidait précisément avec Paccroissement de la production devait amener une chute

4. Pierre Bertault. « L'Algérie et la nouvelle législation sur les vins », Bull. du Comité de l'Afrique Française, mars-avril 1934.

rapide des cours. La consommation locale, ne représentant qu’une part infime de la récolte, le 1/10° environ, c’est vers le marché français que l’on se tourna pour la vente de l’excédent. Le conflit qui en résulta, reste trop présent à l'esprit de tous, pour qu’il soit besoin de le rappeler ici. Les viticulteurs français élevèrent des protestations légitimes et le Conseil National économique fut saisi de la question. L’attention fut attirée dès ce moment, sur la nécessité de développer en Algérie des cultures complémentaires de celles de la Métropole et une loi du 8 juillet 1933, qui modifiait celle du 4 juillet 1931, vint limiter la production, orienta les viticulteurs vers une politique de qualité en fixant un degré alcoolique minimum pour les vins mis en vente et tenta un assainissement du marché, par le blocage et la distillation obligatoire.

De nombreuses dispositions législatives se sont sans doute succédées depuis cette date ; maïs leur étude serait moins intéressante que les considérations générales qu’il faut poser en cette matière.

Tout d’abord, en ce qui concerne les vins ordinaires, le marché métropolitain peut et doit rester dans une certaine mesure un débouché normal. |

Exportations des possessions françaises en milliers d’hectolitres.

Algérie.

1934 1935 Exportations totales. : . …. . . . . . 11,655 11.962 dont vers la France . . . . . so. + 11:555 11.830

11 y à beaucoup à faire également pour intensifier la consommation du vin, dans nos diverses possessions

APN

d’outre-mer!. Mais, c’est surtout vers la production des vins de liqueur, des raisins de table et des jus de raisin,

qu’il faut nous orienter si nous voulons donner à ce problème une solution effective.

a) Vins de liqueurs. — La France reste en effet cliente de l'étranger pour des qualités spéciales qui nous proviennent en majeure partie d’Espagne, du Portugal, de Grèce.

Importations en France en milliers d'hectolitres.

Vins de liqueur et mistelles.

Importations des possessions françaises . . . . 161 218 Importations de l'étranger . . . . . . . . . . ER 136 DORA LE PNR 272 354

ROMANE ERONICIRENE tEN Re ESlEL amn 13 125 RATS Ou VEN OPEN CR PET 32 9%

C’est une question qui mérite une longue étude et ne peut être réglée par des improvisations. Il est permis cependant de penser, qu’étant donné l'identité de climat de tous les pays méditerranéens, elle n’est pas entièrement insoluble.

b) Raisins de table. — T’Algérie ne possède pas plus de 5.000 hectares plantés en vignes à raisin de table ; c’est dire tout l'intérêt qu’il y aurait à développer cette culture qui est susceptible d’une grande extension. Mais, la question est liée au succès de la propagande qui à été inaugurée par la création de « stations uvales » en France.

Dans cette mesure, de beaux débouchés sont assurés à

4. Conf. du Com. Col. « Le vin », rapport de M. Prats, déjà cité.

cette production puisque, si nous en croyons certaines évaluations, le Français ne consommerait que 2 kilogrammes de raisins frais par an, tandis que l'Allemand en consommerait 3, l'Anglais 4, l'Espagnol 10 et l’Italien 12:.

c) Jus de raisin. — Les indigènes musulmans de l'Afrique du Nord ne peuvent, en vertu d’interdictions coraniques, consommer de boissons provenant de la fermentation alcoolique. Il n’est fait exception à cette règle impérative, qu’en ce qui concerne les vins mousseux, qui, par une subtile interprétation des textes, sont considérés comme eaux gazeuses. En outre, les jus de raisin, qui n’ont pas subi de fermentation sont très appréciés et sous réserve d’un prix de vente abordable à une clientèle dont le pouvoir d'achat est minime, ils sont susceptibles de trouver dans ces pays un débouché très important.

TUNISIE

Le vignoble correspond en Tunisie à la formule de la petite exploitation. La superficie totale représente un chiffre d'environ 50.000 hectares, autour duquel elle s’est stabilisée depuis le décret beylical du 15 juillet 1932, qui équivaut pratiquement à une interdiction de toute nouvelle plantation.

L'entrée en franchise des vins en France à été restreinte d'autre part par la loi du 28 juillet 1933 au contingent de 550.000 hectolitres et c’est dans cette mesure queles exportations vers la métropole sont possibles.

41. Conf. du Com. Col. « Pour la renaissance du commerce colonial

français. Les fruits et. pres », rapport de M. Samuel de Lestapis, déjà

Cité.

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