‹ Possibilités et Conditions d'une Politique ImpérialeChapitre 68 sur 119 · BLÉ · texte numérisé non relu

BLÉ

MaARoc

Jusqu'à ces dernières années le Maroc à été exclusivement un pays de monoculture céréalière et le blé occupe

encore la première place dans les exportations du protectorat.

Exportations des possessions françaises en milliers de tonnes.

Maroc.

4934 1935 RENE A TES site tele Eu te 47

A Ne 1e FRERE)

Blé dur 177

La France accepte de recevoir chaque année en franchise des droits de douane, un contingent qui à été fixé pour cinq ans, en 1932, à 1.650.000 quintaux de blé tendre et à 150.000 quintaux de blé dur. Ces chiffres ont été établis en tenant compte des intérêts divergeants des agriculteurs français, algériens et marocains.

Cette mesure, venue après le Dahir du 4 juin 1929, qui interdisait importation des blés et farines étrangères au Maroc, devait intensifier cette culture au point que la production doubla en deux ans.

Mais les prix de revient étant supérieurs à ceux du mar-

1. Bulletin Economique du Maroc, avril 1935, « La production du blé au Maroc ».

ché mondial et la consommation intérieure s'étant révélée insuffisante, il devait s’ensuivre une chute verticale des cours qui amena le Gouvernement à prendre des mesures de protection. Une caisse du blé fut instituée par le Dahir du 13 juillet 1933, dans le but d’écouler sur le marché mondial les stocks invendus. Les commerçants et les dockssilos reçurent à cet effet, une prime d'exportation qui fut fixée à 45 francs pour les premiers 50.000 quintaux et à 27 francs pour le surplus ainsi que pour les blés soumis à dénaturation.

Si cet édifice protectionniste est rappelé ici c’est pour montrer à quels déboires peut conduire le développement inconsidéré des productions concurrentes. Ce devait être d’ailleurs une leçon pour le protectorat et depuis lors, les services techniques et les producteurs du pays se sont attachés à améliorer la qualité des blés marocains, de façon à remplacer peu à peu les « Blés de force » que la Métropole importe actuellement des États-Unis et du Canada. Ainsi comprise la production marocaine qui peut, par ailleurs, nous fournir des blés durs que nous achetons à l'étranger lorsque notre récolte algérienne est déficitaire, deviendrait nettement complémentaire.

ALGÉRIE

La majeure partie des terres arables est consacrée en Algérie à la culture des céréales. La superficie cultivée qui est très variable, représente en moyenne 3 millions d’hectares dont les 5/6 sont ensemencés en orge et blé dur et 1 /6 réparti entre blé tendre et autres céréales. C’est

4. Victor Demontes. « L'Algérie agricole », Collection du Centenaire, Laroze, Paris, 1930.

à partir de 1851, que l'Algérie a commencé à exporter l’excédent de sa production. Actuellement les exportations sont appréciables, si nous en jugeons par les chiffres suivants : "

Exportations des possessions françaises en milliers de tonnes.

Algérie.

1934 4935 Die dur. PAS MONET EPS 240 127 Blé:tendre. 222200 AR LS TES LS PERS Le 105 138

Les blés tendres sont surtout cultivés par les colons européens et les quantités exportées sur la France permettent d'effectuer la soudure entre nos récoltes. Le surplus, qui est liquidé sur le marché mondial, bénéficie de la législation métropolitaine relative à l’organisation et à la défense du marché du blé.

Les blés durs, au contraire, sont surtout cultivés par les indigènes et consommés par eux. L’excédent est dirigé sur la métropole où il sert à la confection des semoules.

La culture algérienne du blé est étroitement solidaire de celle de France, en raison de l’union douanière qui, nous le verrons, rattache les deux pays. C’est dire que cette question doit être réglée au point de vue complémentaire et, qu’en particulier, un accroissement de producion ne peut être envisagé que dans la catégorie des blés durs et surtout des blés de force qui nous proviennent de l'extérieur.

TUNISIE

Le problème se présente sous un aspect analogue en ce qui concerne la Tunisie qui est également un pays de culture de céréales et qui, à ce point de vue, est en union douanière avec la France depuis 1904.

Exportations des possessions françaises en milliers de tonnes.

Tunisie.

1934 4935 BR ee Le ad ct 108 MORE TE, er enr à 47 91

Là encore, c’est vers la production des blés durs et surtout des blés de force qu’il y a lieu de s'orienter si l’on veut éviter les conflits avec l’agriculture métropolitaine.

En somme et pour conclure, cette étude comparée permet de remarquer l'identité des directives qui peuvent être données à ce sujet à nos trois possessions d'Afrique du Nord.

Page 1