‹ Post-hypophyse et délivranceChapitre 23 sur 24 · TON · texte numérisé non relu

TON

à peu. Etat général extrêmement grave, 1 cc. de pressyl; l’hémorragie continue, compression de l’aorte. On décide de faire une hystérectomie. La femme respire mal, on lui donne 3 ballons d’oxygène. Injection I.V. d’ouabaïne. Injection intra-cardiaque d’adrénaline. Tractions rythmées de la langue, respiration artificielle. La femme meurt le 26 février, à 11 h. 55.

OBS. L. — N° 805. C. M., 30 ans, I pare. Bassin normal. Dernières règles du 20 au 25 juin. Début du travail le 30 mars, à 20 h. Présentation en O.ID.P. Rupture spontanée tempestive des membranes. Dégagement en O.S. Accouchement le 31 mars 1937, à 13 h. Durée du travail : 17 h. Application de forceps pour modification des bruits du cœur après incision antérieure du col. Extraction difficile en O.S. d’une fille vivante 3.440 gr. Délivrance naturelle complète : 700 gr. Hémorragie abondante arrêtée par une injection d’hypophyse intra-utérine. Suture du col du périnée et du vagin : crins, catgut. Huile camphrée, sérum, glace et Rubiazol.

OBS. LI. — N° 1221. F. G., 34 ans, III pare. Bassin normal. Dernières règles du 26 au 30 juillet. Début du travail le 17 mai, à 4 h. Présentation en O.I.G.A. Dégagement en O.P. Accouchement le 17 mai 1937, à 14 h. 45. Durée du travail : 10 h. 45. Accouchement naturel à terme. Extraction d’une fille vivante : 3.400 gr. Délivrance naturelle : 840 gr. Aussitôt la délivrance, hémorragie. Pouls 120, léger choc. Huile camphrée 20 cc., adrénaline per linguale. Hypophyse 1 ce., sérum 500 cc. Deux heures après la délivrance, la femme saigne encore un peu. Pouls 100-110-130. On fait une révision utérine qui ramène un petit débris placentaire. Pouls 120. Température : 37°5. 1 cc. hypophyse intra-utérine.

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Si l’on élimine les cas possibles de déchirures, lorsqu’une hémorragie se produit après la délivrance, il s’agit soit d’atonie utérine simple, soit de rétention partielle. Lorsque le travail a été long et pénible, les contractions utérines d’une grande violence ou encore, quand l’utérus a été surdistendu (gros œuf, hydramnios, gémellaire ou grossesse multiple), il est fréquent d'observer l’inertie secondaire au moment de la délivrance et il est facile de la prévoir. De même, certains médicaments comme le chloroforme et la morphine peuvent favoriser cette inertie utérine. Il est certain que la simple anesthésie à la reine n’introduit pas assez de chloroforme dans l’organisme pour entrainer l’inertie.

Dès l’expulsion de l’arrière-faix, il faut l’examiner soigneusement et, dans le doute, faire une révision utérine s’il se produit une hémorragie. Si l’on est certain que placenta et membranes sont au complet, on peut en cas d’hémorragie recourir à l'injection d'extrait post-hypophysaire. BOHLER et REILES préconisent, après la révision utérine, l'injection intraveineuse d’hypophysine pour supprimer le tamponnement intra-utérin dont on a beaucoup abusé.

Leur expérience se base sur 200 cas sans accidents.

Nous n’avons eu qu’un seul échec, mais il a entraîné la mort de la femme : il s’agit de l'observation XLIX. Malgré deux injections successives de 1 cc. de posthypophyse dans le muscle utérin, malgré 1 ec. d’ergotine en sous-cutanée et un tamponnement utéro-

EN, à

vaginal, on n’a pu obtenir l’arrêt de l’hémorragie. C’est le deuxième échec que nous avons observé, et nous avons tenu à le publier. Avec celui de l’observation XXX, il prouve qu’il est des cas où toute thérapeutique est impuissante et nous ne pensons pas que ces cas d'exception puissent nuire à la bonne impression que nous a laissée l’extrait post-hypophysaire. Ces accouchements malheureux nous montrent seulement que certains utérus peuvent présenter une atonie extrême et intraitable, sans doute parce que certaines raisons nous échappent encore. Peut-être s’agit-il comme le signale DORMET dans « Marseille Médical » du 15 juillet 1936, d’après une étude expérimentale, d’une inhibition des contractions utérines sous l’action d’une trop grande quantité de folliculine. Il a en effet remarqué que de petites quantités de folliculine paraissent sensibiliser la fibre musculaire à l’ocytocine, tandis que des doses élevées inhibent les contractions utérines et deviennent antagonistes de la post-hypophyse. Certains auteurs DEvn (thèse Lyon), HOFBAUER, font jouer un rôle en quelque sorte inhibitoire à l’âge la parturiente (plus de 30 ans).

SIGWART S. signale les bons résultats qu’il obtient avec des injections I. V. de pituglandol. Depuis qu’il emploie cette méthode, il ne lui arrive plus que rarement d’avoir à faire un tamponnement utérin ou une compression de l’aorte pour hémorragie. CHATILLON déclare également que l'injection I. V. donne des résultats d’une fidélité remarquable : « En injection

I. V. la pituitrine se montre, dans les cas d’inertie utérine après la sortie du placenta, supérieure à toutes les autres préparations destinées à provoquer les contractions utérines utiles. >» Jean DEyris conclut dans sa thèse : nous nous proposons d'appliquer l'injection I. V. d’hypophyse sans hésiter, chaque fois que nous serons en présence d’une hémorragie rebelle de la délivrance.

Devant le grand nombre d’observations où l’hémorragie a cessé comme par enchantement sous l'effet de l’extrait de lobe postérieur, nous dirons avec Vau- DESCAL que « L’extrait post-hypophysaire est incontestablement un des meilleurs hémostatiques utérins que l’accoucheur ait à sa disposition. »

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