‹ Posthumes et revenantsChapitre 34 sur 43 · Optima quœque dies miser is mortalibus œvi · texte numérisé non relu

Optima quœque dies miser is mortalibus œvi

Prima fugit

(Virgile):

Il y aura bien là, dans une pareille étude» un peu de parti pris ; et il n*y manquera même pas une certaine perfidie.. .Hais comment faire ? On n*est pas un critique impunément.

Je me suis imposé la tâche délicate de chercher dans les confidences de la première jeunesse de Daniel Stern ces révélations involontaires et, si Ton peut le dire, ces échappées de pinceau qui pouvaient nous servir à reconstituer son portrait tout entier. Je m'y veux essayer sérieusement, non sans rendre d'abord à l'auteur des Souvenirs une justice qui s'étend à l'œuvre entière. L'auteur a voulu, lui, non pas faire un portrait, mais un récit, écrire les Hémoires de son enfance et de sa jeunesse; et ce récit tout seul, à part les inductions que la critique en peut tirer avec plus ou moins de succès, est une des plus agréables lectures qui se puissent faire ; — simple, élégant, sincère, parfois touchant, toujoui^ amusant, avec une nuance de malice qui a pu se changer en véhémence et en passion chez la femme ; qui, dans la jeune fille, a toujours le ton et l'accent de ce bel âge qui ne peut pas hairy qui ne sait pas mentir. La belle devise I

Nous avons cité précédemment tout ce que le souvenir de l'auteur, déjà avancé dans la vie quand il écrivit ses Hémoires, lui a rappelé du charme physique et des magnificences plastiques de sa personne. C'est là son principal orgueil ; et il est à remarquer que lorsque Daniel Stern parle, en thèse générale, de cet irrésistible prestige de la formé qui est, au dire d'Ânacréon S la vraie, snpé* riorité de la femme sur tous les êtres animés, elle a des accents lyriques qui ne sont en réalité qu'une sorte de retour exalté sur elle-même. C'est ainsi qu'elle écrivait dans le plus sérieux de ses livres :

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