Odeî
. f ... Il y a, dans la faiblesse de la femme, une puissance allrao f ive que la force de l'homme subit airec étônnement, qu*ii flatte et qu'il maudit tour à tour comme une tyrannie, parce qu*ii en coûterait trop à son orgueil d*y reconnaître une loi providentielle. Les archives du genre humain, épopées, histoire et lé^ gendes, sont remplies de témoignages éclatants de ce charme mystérieux. Eve et Marie, Minerve et Vénus, les Muses et les Sirènes, Armide et Béatrix, Gléopâtre et Jeanne d'Arc en sont les figures immortelles. La femme est plus voisine que Thomme de la nature. En dépit de la Genèse, je serais tenté de croire qu'elle Ta précédé dans Tordre de la création. L'influence qu'elle exerce, comme à son insu, participe des influences naturelles. Son œil a les fascinations de la mer. Sa riche chevelure est un foyer électrique. Les ondulations de son corps virginal rivalisent de grâce et de souplesse avec les courbes des fleuves et les enlacements des lianes ; et le Créateur a donné à son beau sein la
orme des mondes... ^. )
Ce dithyrambe anacréontique, qu'on s'étonne de trouver dans un livre de philosophie» nous ramène aux Souvenirs de Daniel Stern. L'orgueil de la beauté! Et pourquoi pas? Légitime chez elle, naturel chez la plupart des femmes, il est dangereux pour toutes; car on ne s*aime pas tellement qu'on ne puisse être aimée bien plus encore, et l'on n'a guère l'idolâtrie de son corps qu'aux dépens de son âme : « Quelle misère, nous dit l'auteur, que cet amour prétendu platonique dont votre orgueil se targue! Songez donc, ô Batilde, qu'en donnant votre âme à un amant auquel vous réfusez votre corps, vous témoignez ainsi faire infiniment moins de cas de Tune que de l'autre. Si je ne me trompe, cette subtilité de spiritualisme a pour principe un matérialisme grossier '. » Nous ne savons pas ce qu'a répondu Batilde à la théorie de Daniel Stern.