SCÈNE VII
LES MÊMES, LUCIEN, déguisé en Pierrot avec un faux-nez et méconnaissable. Il est suivi d'une bande de jeunes gens diversement déguisés et masqués. Deux ou trois instrumentistes tiennent la tête.
Que signifier Des masques?... Huissier, défendez la liberté syndicale.
[Prospère est bousculé. Les étudiants entrent avec des flacons et des bocaux dont ils se sont emparés dans la pharmacie. Ils exécutent une marc/te grotesque autour du Syndicat et chantent, accompagnés par les instruments) :
Air du Pompier, (i)
Qui veut du sirop, des pastilles?
Cacodylat'. kula. kokj.
Fleur d'oran>^er ou camomille, Geutiaii'. tilleul, quinquina?...
Brillants messieurs, dames j^entilles, Memtr's éminents du Syndicat.
Oui veut se pureer en famille ?
\ oilà le ricin, l ipéca!
Ah! Ah:
Tisan' dépuralive, Astrin^^ent' la.xative.' Y en a pour tous les ^oiits Ça s'prend par tous les touls.' Rien ne fait du tien comm' ça.
Koka. kola. kola, koka
Cacao, guarana.
Qui qu'en veut, qui qu'en a/ Ira la la la la... etc.
(Pendant le chant, Potinard se démène pour imposer silence. Tout le Syndicat lève les bras au ciel. Reprise de l'air sur les instruments, pendant quQ le syndicat proteste^
BEAIMIRON
Je proteste au nom de la civilisation!
rois LES MEMBRES
Au nom des droits de Ihommel... Au nom de l'humanité! La force armée! La force armée!
Impuissant à maîtriser ces manifestations indignes d'un pays libre, le Président se couvre.
(Il prend un chapeau à portée de sa main)
DlNfdS
Pardon! C'est à moi ce chapeau-là^
(Chaaue étudiant empoigne un membre du syndicat et l oblige à e.xécuter avec lui une danse grotesque en reprenant la chanson :
Qui veut du sirop, des pastilles'/... etc.
I'KOSpi;RE
La police capitule. (Il se .<!auvc^
F'OTINARU
L émeute triomphe. Sauve qui peut!
|t) Musique de fiustave Ureyfus, même librairie.
(Heprise .ic l'air sur les iiislruntctits : pendant ce tempslà les membres du Syndicat se dé^rafrent et s'échappent par le fond. Les étudiants les poursuivent ; deux d'entre eu.\ s'emparent d'une caisse de pruneaux. Polinard reste seul avec le pierrot. En voulant le retenir, il lui arrac/ie sa perruque et son faux-nez.
POTiNARD, brandissant la perruque Un otage!
LUCIEN
Hé! ne te gène plus!
POTINARD, le reconnaissant Lucien?