SCÈNE VIII
POTINARD, LUCIEN.
LUCIEN
Rends-moi mon nez!
POTINARD, tenant la perruque et le nez derrière son dos Mon fils!... Mon fils!,.. Le respect s'en va... Le respect est mort.
LUCIEN
Rends-moi, ma perruque!
Je vous chasse de la maispn paternelle, Monsieur.
LUCIEN
Ma perruque I Mon nez!
J'exige d'abord des excuses!
LUCIEN
Je ne sais pas faire ces choses-là.
Alors, sortez! Qu'on ne vous revoie jamais!
LUCIEN
Soit! Je m'en vais... Rends-moi mes comptes!
Tes comptes?...
LUCIEN
Donne-moi ma fortune comme si j'étais majeur; je me mettrai dans mes meubles.
Tu veux ?...
LCCIEN
Nous ne pouvons pas nous accorder: vivons chacun de notre côté. C'est loi qui me l'a proposé, remarque.
KOTI.N'.VRO, cmti
Il accepte la chose sans la moindre ém<jtion.
Lie 1 EN Ta faute... Tu ne veux pas Ctre raisonnable.
l'OTINARD
Un enfant que jai tant choyé... Pour lui je n'ai reculé devant aucun sacritice.
LICIEX
Laisse ton mouchoir dans ta poche.
F'OTiNARO, pleurant et s'aJTaissant sur un siège. L'ingrat!
fil laisse tomber la perruque et le faux-nez. Lucien s'en saisit aussitôt)
Ll'IEX
Des larmes I Un gros pharmacien comme toi ! Le Directeur de * La Prévoyance >>
POTiNARD, avec amertume De la Prévoyance, oui de la Prévoyance... LUCIEN, tout en rassujettissant fa perruque et sou faux-nez Tu as réalisé cette année plus de soixante mille francs, et tu pleuresr... Tu n'es pas un homme, papa.
PofiNARD
Lui ! mon Lucien, changé à ce point! C'est épouvantable!
LITIF.N
C'est aujourd'hui .Mardi firas... Je n'aime pas les ligures de
Carême... Bonsoir! (// sort).
POTiNARD, seul
Mon Dieul... Mon Dieu!... Je n'ai plus de fils... Je n'ai plus
d'enfant. [PotinarJ pleure silencieusement pendant quelques
instants!