I.V MOUT
monastère do la Sainte Montagne, et le gouvernement ne voyait pas d'inconvénient à la satisfaction d'un vœu qui le délivrait de l'ennui de nouvelles émotions populaires. Sous la conduite de l'homme qui, vingt-six ans auparavant, l'avait introduit au lycée de Tsarskoïé Sélo, Alexandre ïourguénief, Pouchkine partit prendre son dernier repos dans le lieu qu'il avait aimé entre tous. « Nous nous reverrons quelque jour sous les sorbiers do la Sorota », avait-il écrit, quelques semaines plus tôt, à Mme Ossipova. En partie, son vœu se trouvait exaucé, et aussi un autre vœu, qu'il avait exprimé à propos de la mort de son héros Lenski. « Heureux celui qui, de bonne heure, — a laissé sa coupe encore pleine ; — qui n'a pas fini son roman... » Il mourait à trente-sept ans, à 1 iîgo de Raphaël et de Byron.
Cependant les jours passèrent. Tandis que le poète dormait dans la tombe que les moujiks de Mikhaïlovskoië lui avaient creusée, à grand peine, dans la terre glacée de la Sainte Montagne, son nom continua à figurer dans la liste des gens qu'il fallait survoilier de près, jusqu'à une date toute récente ; sa veuve se consola et finit par épouser un haut fonctionnaire, plus tard ministre, ce qui lui permit de rester à la Cour jusqu'au bout ; ses enfants, élevés au Corps des Pages, grandirent obscurément. Heeckeren avait quitté Pétersbourg, où la vie lui était devenue impossible ; Dantès, rentré en France, y fut sénateur du second Empire. Les auteurs des lettres anonymes qui avaient amené ou précipité la catastrophe ne furent jamais ni cherchés, ni punis, sinon par les vers
enflammés d'un autre poète, jusqu'alors inconnu, Lermontof.
... « Et TOUS, orgueilleux descendants — de pères bien connus par leur servilité : — qui, par un jeu du sort, sous vos talons d'esclaves — écrasez les débris des familles déchues ; — vous qui, en foule avide, environnez le trône, — vous, bourreaux du génie et de la liberté. — mettez-vous à l'abri dans l'ombre de la loi ! — Que, devant vous, le droit se taise, et la justice ! — Mais pour vous, corrompus, il est un tribunal — qui vous attend, un juge inaccessible à l'or, — qui d'avance connaît les faits et les pensées, — que l'on ne trompe pas avec des calomnies. — De tout votre sang noir, vous ne laverei pas — le sang innocent du poète ! ... »
Les vicissitudes de sa gloire. Les derniers reproches. — La réalité. Sa vie, ses dernières années, son idéal. — Son œuvre. Sa Muse et lai. Sa forme et ses sujets : les influences de son temps ; son « optimisme», ses sources. — Sa place en Russie, en Europe. Ses liens avec la France.
Il semble que les funérailles de Pouchkine le sacrent poète national, et le fait est que, dans les années qui suivent, les critiques se taisent, Boulgarine d'une part, et de l'autre les hégéliens russes pour lesquels il n'était, faute de profondeur, qu'un pâle « Mozart de la poésie ». La génération « des années quarante » sait par cœur les vers de Lermontof sur sa mort et applaudit aux articles de Biélinski sur son œuvre, tandis que les poètes l'imitent, que les réalistes eux-mêmes, avec Gogol, se réclament de lui. Même la réaction d'après 1848 respecte sa gloire. La mode est, en effet, à l'art pour l'art, et Pouchkine a dit qu'il dédaignait la plèbe et ses faciles suffrages.
Ce fut justement là la cause de sa défaveur dans les «années soixante ». Quand il n'y eut plus de littérature aimée que les plaidoyers pour « les humiliés et les
206 COXCLLSION
offensés », retiré de « la tour d'ivoire » où l'avaient logé les pères, le poète tomba, pour les fils, au niveau des aristocrates les plus haïssables. Sa vie ? celle d'un plat courtisan qui veut racheter, auprès des grands, une erreur de jeunesse; sa mort? celle d'un mondain qu'affolent des propos de salon ; son œuvre ? celle d'un amuseur indifférent aux misères du peuple. Qu'elle figure dans les recueils des pédagogues officiels, soit ! le Russe « conscient» ne l'estime pas une paire de bottes *.
Pourtant, on se rappela, peu à peu, que Pouchkine avait souhaité, lui aussi, de meilleurs jours pour la Russie; on corapritque « la canaille » qu'il avaitprise à partie, c'était, avant tout, les coteries de Cour. Alors on se laissa de nouveau aller au charme de ses vers, et le cinquantième anniversaire de sa mort vit inaugurer sa statue, à Moscou, au milieu des hommages des plus illustres représentants de la pensée russe. Pourtant, même alors, il y eutdes gens pour qualifier sa poésie de « malheur national » , des archevêques et des critiques pour flétrir sa vie ou ses opinions. Récemment encore, certains de ces reproches ont été répétés, même chez nous ; que devonsnous en croire ?
Quand on s'en prend à sa vie, c'est d'abord à sa jeunesse : que n'a-t-on dit de ses années de Pétersbourg, de Kichinef ? que n'en a-t-il dit lui-même, au lieu d'alléguer, comme il l'aurait pu, l'éducation du Lycée et les milieux
' Pisnref.
COXCLISIO.N 207
dangereux. Soit ! ne plaidons pas sa cause plus qu'il ne l'a fait lui-même : n'oublions pas pourtant que, de bonne heure, il a été las de la vie dissipée ; qu'il est devenu un époux et un père, à qui l'on ne trouve plus qu'un défaut — grave, il est vrai ; celui de jouer parfois, et toujours pour perdre.
Les accusateurs se rejettentalors sur sa courtisanerie, sur le « snobisme» — si l'on peut dire — qui lui faisait rechercher les succès de Cour. Nous avons vu quelles jouissances il en tirait. Echappé par hasard à l'exil ou à la prison de ses amis, il est resté à Pétersbourg, affublé d'un titre ridicule, livré aux méchants propos du monde, aux réprimandes de la police, sans autre espoir que celui d'échapper un jour, au village, à cette captivité déguisée. Et quant aux vers qu'on lui a reprochés, combien ne sont que la traduction poétique de cette « prière pour adoucir le cœur des puissants » qu'Arina avait récitée pour lui !
Restent les emportements, les épigrammes, les étourderies dont quelques contemporains ont tant parlé. Pourtant il n'y en a pas qui contredisent son jugement sur lui-même. «Je ne suis pas méchant, disait-il à Mme Smirnova; je ne veux de mal à personne; j'aime mes amis et leur suis fidèle, mais j'ai la langue pointue. » Pointue, soit, mais pas empoisonnée. « Comme disait Ghamfort, les gens contre lesquels j'ai fait des épigrammes sont encore tous en vie » . Il était nerveux , irritable , et sa colère, au premier moment, ne ménageait pas grand chose, mais ses ennemis le ménageaient-ils davantage ? On comprend que tels articles de Boulgarine, avec leur air
louche de dénonciations, lui aient donné « des démangeaisons de l'étrangler » ; que, d'autre part, les persécutions de Dantès l'aient mené à un accès de fureur. Que prouvet-il, d'ailleurs, cet accès ? Méchant, Pouchkine aurait su ménager sa bile.
Il faut, pour le juger, considérer non l'étourdi du début, mais l'homme mûr, attristé et déjà vieilli. Le voilà dans son cabinet; il l'arpente, le front barré de rides profondes, ses grands favoris ébouriffés, la bouche irritée : « quels ennuis ! que de tristesse ! » Mais qu'on lui parle histoire, lettres, œuvres de ses contemporains, il se rassérène, s'anime, juge avec finesse, jamais avec malveillance ; qu'arrive une jeune fille, il plaisante, dessine son portrait, rit comme jadis, et sa visiteuse admire sagaîté et ses dents toujours étincelantes. Resté seul, il s'inquiète des enfants, de la dernière étourdcrie de Nathalie, revient à sa table, y trouve des factures impayées, un billet doux de Benkcndorf, une lettre anonyme. La nuit arrive, et avec elle l'insomnie; il faudra pourtant travailler le lendemain, et paraître dans le monde la tète haute. Or, sa conscience est exigente. Un mot revient souvent sous sa plume, c'est rytsar, chevalier : il lui rappelle qu'il faut veiller sans cesse à l'honneur du nom qu'ont porté les ancêtres, que porteront les enfants ; son favori, dans Roméo et Juliette, c'est le brave Mercutio qui se sacrifie pour l'honneur des Montaigu. Il se sacrifiera de même, après avoir longtemps soulTert du souvenir des fautes que la critique exploite encore aujourd'hui. Conception étroite du devoir, peut-être; mais pourtant celle qui convenait
coxcLisiox 209
si, comme l'a dit un autre poète, l'honneur est la poésie du devoir '.
Pour juger, non plus Ihomme, mais l'écrivain, il faut se rappeler d'abord qu'il n'a jamais avoué en être un. Il se disait le poète qui chante,
Sans désirs, sans projets, sans peur de l'ayenir,
et vend ses manuscrits, dont il n'a que faire, mais non ses inspirations, dont il n'est pas maître. Que de fois nous l'avons vu se désoler à la pensée que sa Muse a fui pour toujours, et cela au moment même où, sans le savoir, il porte en lui l'inspiration ! Elle n'est pas, en effet, l'ardeur passagère que l'on croit, mais un travail mystérieux et lent. Le poète est passé à Baktchi-Séraï, s'y est ennuyé. Des mois s'écoulent: les impressions de ce jour maussade cristallisent, un matin , en des vers qui n'étaient plus attendus. Telle lecture indifférente devient, au bout de dix ans, le point de départ d'une œuvre qui, peut-être, ne sera jamais finie. Combien d'ébauches sans titre ni conclusion on a retrouvées dans les papiers de Pouchkine ! Sa mort est venue avant que la Muse eût repassé.
Elle a pourtant, cette Muse capricieuse, ses lieux et ses heures préférées. On rapporte qu'il a fait à cheval, au cours d'une promenade, la grande scène de Dmitri et de Marina : il se peut, mais presque toujours une chambre convient mieux à sa visiteuse, et de préférence une chan -
1 A. de Vigny.
210 CON'CIASION
bre mal meublée ; le cabinet somptueux de Tcharski, dans les Nuiis d'Egypte, ne lui dirait rien. Presque toujours aussi, comme chez Goethe, c'est le matin qu'elle se présente, et en automne plus souvent qu'en toute autre saison. C'est en septembre qu'il éprouve « cette heureuse disposition d'esprit, pendant laquelle les rêves se dessinent distinctement ; où l'on trouve des mots vivants et inattendus, où la rime sonore court au devant de la pensée émue... » Cette facilité, d'où vient-elle? «pourquoi la strophe jaillit-elle tout d'un coup, armée de ses quatre rimes ? » C'est sans doute que la Muse l'a écrite, la nuit d'avant, et qu'elle est toujours là, invisible et présente ;
Son chuchotement discret, Dans mu chambre solitaire, Calmait mon chagrin secret ; Elle riait, m'appelait Vers le monde du mystère...
C'est elle enfin qui lui prend la main et lui fait tirer de son encrier.
Sans recherche, rime et césure, Expression vivante et sûre, Amusantes combinaisons De mots nouveaux, de nouveaux sons,
• combinaisons que, d'ailleurs, il voudra réviser plus d une
fois. Les contemporains croyaient de premier jet ces vers faciles ; les cahiers du poète ont montré quel travail exigeait leur mise au point. Celle des mots, d'abord, qu'il
COXCLLSION 211
lui faut toujours plus précis; celle de l'ensemble, ensuite, toujours trouvé trop long. Telle œuvre, de rature en rature, a été réduite des trois quarts. Voici l'élégie intitulée le Désir; en une quarantaine de vers, qui sont déjà un raccourci, le poète a exprimé son souhait de revoir la Grimée. Dans la Fontaine de Baktchi-Séraî, ce thème revient, avecles mêmes expressions, mais il n'yaplusque quatorze vers, de quatre pieds au lieu de six : le sens n'a rien perdu.
Cette absence de toute cheville étonne le lecteur français qui croit l'art d'être bref, monopole de son pays ; « Que dites-vous de la Dame de Pique ? demandait Doudan. Est-ce tout à fait de M. Pouchkine ou M. Mérimée y a-t-il mis du sien ? Cela est d'une simplicité chirurgicale qui ressemble plus au traducteur qu'à ce qu'on rapporte de l'auteur ». Pourtant, si l'un des deux l'a donnée à l'autre, c'est plutôt Pouchkine à Mérimée. Celui-ci ne l'imaginait d'ailleurs pas qualité russe ; il voyait en Pouchkine un Athénien captif en Scythie « Il le comparait aux Grecs, rapporte Ivan Tourguénief, à cause de sa mesure, de la forme, de l'équilibre de l'ensemble, et aussi du manque de commentaires, de développements moraux. Je me rappelle que, lisant Antchar, il remarquait, après la première strophe, que là, aucun poète contemporain n'aurait pu se retenir de commenter » *.
1 (( Dans un désert sec et stérile, — sur un sol brûlé du soleil. — l'arbre Antchar, gardien sourcilleux — se dresse, plante unique au monde ».
Soit ! disent les Russes, mais pourquoi parler des Grecs ? « La langue de Pouchkine, sa simplicité, sa transparence, son souci d'éviter tout mot inutile, toute élévation de ton, tout cela correspond on ne peut mieux à la nature du Russe du Nord » '. Le fait est que les successeurs de Pouchkine ont, comme lui, « le caractère particulier, l'individualité des personnages, une soi'le de vie minutieuse... » Seulement, ajoute M. Faguet, « elle est chez lui arrêtée à point » ^, et cette réserve suggère que les autres sont des élèves qui ont exagéré la qualité du maître ; qu'on ne retrouve sa sobriélé que chez qui l'a pratiqué, et qu'en définitive elle tient moins à la race qu'à certaines influences. « C'est le terrible Voltaire, rapporte M°'* Smirnof, d'après les paroles de Pouchkine lui-même, qui lui a appris à écrire ». Ces leçons de Voltaire, reçues dès son enfance, il les retient d'autant mieux qu'honnête homme, au sens de notre xvii" siècle, il écrit d'abord pour les honnêtes gens ; pourquoi leur infliger plus de mots qu'il ne leur en faut ? La mesure est pour lui convenance mondaine presque autant que qualité littéraire, tout comme chez ses modèles français.
Mais il leur a pris aussi leurs motifs, et les moins élevés ; on a dit qu'il y a dans son œuvre autant de banquets que dans celle d'Homère et plus de femmes, que le fonds sérieux y manque. « Voilà Ponchkino épuisé !
l Skubitchcvski.
* Etude 8ur Mérimée.
sécriait le philosophe Nadejdine, après le Chant VII d'Oniéguine. C'est ce qui arrive, de bonne heure, aux écrivains dénués de vraie culture». Plus tard, le critique Dobrolioubof parle avec assurance des lacunes de son instruction. Aujourd'hui encore, le lecteur étranger qui l'aborde brusquement n'est pas éloigné d'une impression semblable. « C'est gracieux, mais vide ! » nous disait, après une première lecture, un juge d'ailleurs bienveillant.
Il avait pourtant beaucoup lu et tout retenu : il avait beaucoup réfléchi, beaucoup discuté, mais il aimait mieux être léger que pédant ; et d'ailleurs, comme tout autre écrivain, il a subi de ces influences dont on ne se dégage pas d'un coup. Grandi au milieu de gens pour lesquels la poésie n'était qu'un délicat divertissement, il s'aperçoit, à vingt ans, que les temps ont changé, qu'on attend de sa muse l'évocation d'idées et de passions tumultueuses. Il devient alors romantique et, croit-il, de tout cœur. Pourtant l'exhibition du moi lui répugne ; ses Lara et ses René sont pâles ; à quelques vers près, ce qu'il y a de mieux dans ses poèmes romantiques — les descriptions — n'est pas romantique, et il le sent fort bien. Entre les outrances auxquelles il ne mord pas et les fadeurs dont il ne veut plus, il évolue peu à peu vers un autre genre, vers ce « tableau de l'ancienne et de la nouvelle Russie » que Baratinski admirait dans Eugène Oniégidne.
Ce tableau n'était pas absolument une nouveauté pour les lecteurs russes; mais, chez les prédécesseurs de
214 CONÇU Sl(»\
Pouchkine, la description de la nature était molle, indécise; les héros de comédies ou de nouvelles tournaient toujours en Occidentaux déguisés ou en caricatures; dans la tragédie, ils n'étaient que des ombres loquaces. Pouchkine, lui, veut des personnages vrais, vivants, et toujours avec le trait précis qui les rendra compréhensibles, donc tolérables. Son réalisme diffère fort de celui de ses successeurs; la note triste y est aussi, mais il y appuie toujours moins. Est-ce du rude hiver russe qu'il s'agit, son tableau linit sur les iileuscs qui bavardent autour de la louic/iinka; est-ce de sa tombe prochaine, le poète évoque en même temps la parure dont la recouvrira la nature éternellement jeune. Le plus souvent il est optimiste, et on lui a durement reproché cet optimisme « de cousine de Moscou ». Le vrai Russe, a-t-on dit, se complaît aux tableaux gris, aux conclusions cruelles; Pouchkine, qui « myrtilise » parfois, n'est pas un vrai Russe, et n'était sa gloire nationale qu'il ne faut pas sacrilier, certains critiques lui jetteraient encore à la tête le même « Frantsouss ! » que ses camarades à Tsarkoïé-Sélo.
Nous aurions tort de les en croire. Il a pu nous dérober des notes gaies ou consolantes ; mais russe, française ou franco-russe, sa poésie est avant tout pouchkinienne. Elle le reflète tout entier avec sa gaîté, ses brusques angoisses, ses retours rapides au courage et à la bonne humeur. Il aime, il est aimé, et voilà que l'avenir l'épouvante :
Dans la solitude des slcppcs, — lu le rappcllerus ui» jour — les jours passés, les jours perdus, — et, mtilheureux, tu seras prêt
— à payer de l'exil, de la tombe — ne fût-ce qu'un mot de l'aimée, — ou le bruit léger de ses pas i.
Mais que des amis surviennent, l'entraînent, s'il pense encore aux chagrins, aux déceptions, ce ne sera plus pour s'en désoler.
Dans mon cœur, le chagrin fondait :
Leur long cortège m'amusait Comme, dans ma coupe, la mousse *...
Est-ce mobilité, ou simplement qu'il n'a jamais cessé d'aimer, donc d'espérer? Ma vie, a-t-il dit, a été une élégie plus qu'un drame. Jusqu'au jour où la beauté de Nathalie l'a fixé, il a connu les passionnelles ])\us que la passion. Nous avons noté, d'autre part, sa « fidélité » à ses amis, et le mot est faible pour exprimer ce tendre attachement. Nous savons enfin que, s'il a souffert par ses compatriotes, s'il s'est plaint d'être Russe, son cœur n'a jamais renoncé à la Russie.
Quand il disait que c'était le diable qui l'y avait fait naître « et avec du talent encore ! », c'était là boutade entre Russes; devant des étrangers, son attitude exprimait d'autres sentiments plus profonds. Il n'admirait pas l'Etat russe, et pour cause; il lui gardait pourtant une sorte de piété traditionnelle, historique. En 1812, il avait vécu ses dangers et ses triomphes. Il n'ignorait rien des faiblesses de son monde : le courage ou l'esprit de ses amis « constitutionnels » ou littéraires l'empêchaient
' Fragment, 1821.
- 1822, A mes amis.
210 COXCLUSION
pourtant d'en penser trop de mal. S'il n'a connu toute la misère des masses qu'en écoutant Gogol lui lire les Ames mortes, il n'a pas attendu si longtemps pour les plaindre et dégager, de cette « Russie grise », la bonté, le courage, le dévouement qu'il a incarnés en des figures touchantes. Etait-ce là besogne inutile ? D'aiftres l'ont cru, pour qui tout art et tout progrès ont tenu dans l'évocation des misères de la patrie ; mais ils n'auraient pas trouvé autant d'écho, ces chantres du désespoir, si Pouchkine n'avait montré d'abord le prix de l'âme russe, et dans ses créations, et par son propre exemple; n'a-t-on pas dit que, pour avoir eu un tel homme, les Russes pouvaient s'estimer un grand peuple? *.
Aussi bien personne ne doute-t-il plus qu'il soit le père du grand siècle qui vient de finir avec Léon Tolstoï : « Il est notre maître à tous » disait déjà Tourguénief. Les poètes qui l'ont suivi se sont partagé la poussière de ses diamants; d'autre part, en ouvrant la voie à Gogol, il l'a montrée à tous les réalistes. Et pendant qu'il guidait les écrivains, son œuvre est descendue peu à peu dans les masses, chaque jour plus compactes, de la Russie qui lit. Poète populaire, il ne l'est pas absolument — son œuvre doit trop à d'autres pays ; combien de ses vers pourtant trouvent de l'écho dans les cœurs les plus simples ! Et puis, un écrivain n'est pas populaire que par ses écrits : Pouchkine le savait quand, en des vers con-
• Ivan Tourguénief, ù rinauguration du iiiotuinient de Pouchkine, à Moscou.
nus depuis peu dans leur vrai texte, il s'écriait : » Longtemps je serai cher au peuple — parce qu'en ce siècledefer — j'ai célébré la liberté, — puis inaploré pour ses victimes ! »
Faut-il, d'autre part, le placer avant ou après les Occidentaux qui ont pu l'inspirer, mais que sa grâce fait pâlir ? Faut-il le cataloguer classique ou romantique, l'expliquer par tel ou tel pays, comme l'ont fait tant de ses commentateurs? Le point certain, c'est qu'aussi russe que tous ses successeurs, il est en même temps, par une grande partie de son œuvre, Français, et d'un temps bien déterminé *, celui d'André Chénier. Répéter cette assertion d'un de ses compatriotes, ce n'est pas diminuer sa gloire nationale, et ce n'est pas simplement pour ajouter à la nôtre que je la répète. Après avoir demandé à des étrangers de tout pays des leçons d'un esprit et d'un goût différents du nôtre, il serait bon de nous tourner enfin vers celui qui nous apporte, avec ses qualités propres, l'exemple le plus brillant, hors de France, de nos qualités traditionnelles? Les gallicismes qui l'émouvaient ^ par ce qu'ils évoquaient, devant lui, de sa jeunesse et du bon vieux temps, ces mêmes gallicismes pourraient nous émouvoir aussi et nous instruire : nous y retrouverions, avec la grâce française de jadis, l'humeur courageuse et gaie dont on veut que nous ayons été les apôtres en Europe ^.
' Maikof. Edition académique de Pouchkine.
S Eugène Oniéguine.
î Renan, Conférence à l'Alliance française.
Le livre trop bref qui précède n'a donné sur l'œuvre de Pouchkine, etparticulièrement celle des dernières années, que des renseignements incomplets. Nous croyons combler — ou aider le lecteur à combler — quelques-unes de ses lacunes, en y ajoutant la liste des traductions de Pouchkine parues en français et celle des principales études qui lui ont été consacrées chez nous.
Nous renonçons à donner une bibliographie russe; on comprendra pourquoi en songeant qu'en 1886, les Pousclikiniana de Méjof comprenaient environ cinq mille numéros, et que deux ou trois mille autres y sont venus s'ajouter. Nous conseillons à l'étudiant français qui voudra se renseigner sur Pouchkine dans des écrits russes, de se reporter d'abord, pour les époques pas tout à fait récentes, à ces Pouchkiniana; ensuite, pour l'époque actuelle, à l'Edition Académique, dont on ne peut malheureusement prévoir quand elle sera finie, puis à l'édition tout récemment parue de Venguérof , qui contient, pêle-mêle, une foule de renseignements utiles sur 1 homme, l'œuvre et le temps — l'édition d'après laquelle
220 lUBLIOCllAPHIK
nous avons cité est, sauf trois ou quatre exceptions, celle d'Efrémof — enfin, à la reyxxQ Pouchkine et ses contemporains, dont treize fascicules ont déjà paru. Toutes les histoires de la littérature russe, parues depuis quelques années, donnent des renseignements bibliographiques plus ou moins étendus.
Notre liste de traductions françaises, qui sera longue, quoique sûrement incomplète, ne devra pas faire illusion au lecteur français; il n'en trouvera pas une qui puisse lui faire apprécier comme il faudrait ce vers, dont Biélinski a dit qu'il est « tendre et doux comme le murmure de la vague, épais et souple comme le goudron, lumineux comme l'éclair, pur comme le cristal, parfumé comme le printemps, fort comme l'épée d'un Roland, etc., etc. » Si le traducteur français peut, en effet, « attraper » assez bien la tournure et la pensée du Pouchkine du xviii» siècle, il reste impuissant devant les vers plus pleins, plus profonds du Pouchkine mélancolique. Quant aux traductions en prose, plus faciles, il s'en faut qu'elles soient toujours consciencieuses; dans plusieurs d'entre elles, le traducteur a coupé, taillé, résumé arbitrairement. Telles quelles pourtant, nous les citons, faute de mieux, et parce qu'elles témoignent qu'en tout temps Pouchkine a eu chez nous des admirateurs désireux de le faire connaître à leurs compatriotes.
Que dire enfin des articles et des appréciations français que nous citons pour terminer ? Le moindre défaut qu'on pourrait reprocher à la plupart d'entre elles, c'est qu'elles sont superficielles, mais je ne me crois pas le
droit d'exprimer un tel reproche à la fin d'un livre où Pouchkine tient en deux cents et quelques pages. Je me borne à appeler de mes vœux l'ouvrage qui nous donnera la connaissance complète du poète et de son temps.
TRADLCTIONS FRANÇAISES
a) DE POÉSIES DÉTACHÉES.
Anthologie russe, iTdià. par Dupré de Saint-maur, Paris, 1823.
La. Balalat/ka, trad. par Paul de Julvécourt, Paris, i838.
Les Boréales, trad. par B. de G et le prince Elim Meght- CHERSKi, Paris, 1889.
Les poètes russes, traduits en français, par le prince Eiim Mechtcherski, Paris, i846.
Contes populaires russes et allemands, trad. par Sazonof, Athenœum français, i855.
Ivan Tourguénief a publié dans la République des Lettres, à peu près introuvable aujourd'hui, des traductions en prose de plusieurs pièces de Pouchkine, le PropAè/e, Antchar, et « Poète, ne fais pas cas de l'amour populaire. » Ces traductions ont été reproduites dans les Souvenirs sur Tour^ guénief de par J. Pavlowsky, Paris, 1887.
b) DE POÈMES .
Rouslane et Z,o«rfm<7a, trad. par Véra St.arkof, Paris, 1898. Le Prisonnier du Caucase, nouvelle en vers, de M. A. Pouchkine. Bulletin du Nord, 1829, t. I.
222 iiiiiMociiAPiiii:
Le Prisonnier du Caucase, trad. par Eugène de Porry, Marseille, i858.
La Fontaine des pleurs, trad. librement du russe par M, Chopin, Paris 1826.
La Fontaine de Baktchi-Seraï, poème de M. Al. Pouchkine, trad. par Le Repey, Moscou, i83o.
La Fontaine de Baktchisserai . Poème russe d'Alexandre Pouchkine, trad. en vers libres par le prince Nie. Bor. Galitzin, Moscou, i838.
Essais poétiques, par le prince N.-B. Galitzin, Saint- Pétersbourg, 1849 (trad. de La Fontaine de Baktchisserai et de pièces détachées).
La Captive chrétienne, par Al. Pouchkine, trad. par Eugène de Parky, Marseille, 1857. C'est la Fontaine de Baktchi-Séraï qui est trad. sous ce titre.
Les Frères brigands, trad. par Mme S. Engeluardt, Nouvelle Revue, i88o, i5 septembre.
Les Frères brigands, par A. Pouchkine, trad. en prose, Bulletin du Nord, 1889, t. III.
Le comte Nouline, trad. libre, en vers, du russe de M. A. Pouchkine, par de La veau. Bulletin du Nord, 1829, t. I.
Les Bohémiens, poème d'Alexandre Pouchkine, Z?«//e//«(/u Nord, 1828, t. III. La chanson de Zemphyra est seule traduite en vers.
Les Bohémiens, trad. par Eugène de Porry, Marseille,
Poltava, Bulletin du Nord, 1829, t. II.
J*oltava, trad. par Eugène de Porry, Marseille, i858.
Lfs classiques russes. Poltava, trad. fran(;aise et notes par le Dr Jules AbyuiER, Paris, 1897.
Pierre le Grand {le Cavalier de bronce),daDs Impressions de voyage en Russie, par Alexandre Dumas, Paris, i865.
La Tsarevna morte et les sept Chevaliers, trad. de Séménov
Figaro, supplément littéraire du Dimanche, 27 juin i885.
Eugène Oniéguine, trad. du russe par Paul Beesau, Paris,
Eugène Onéghine, trad. du russe par Wl. Mikhaïlof, Paris, 1884.
Eugène Oniéguine, trad. par Viardot, Revue Nationale^ Paris*
Eugène Oniéguine, trad. en prose, par A. de Villamarie, Paris, sans date,
Eugène Oniéguine, trad. en vers français, par Gaston Pérot, Lille, 1902.
Echos du Volga, contes russes trad. en français par Eugène de Porry, Paris, 1871 [Angelo, le Tourbillon, les Nuits d'Egypte, etc.).
Œuvres choisies de A. S. Pouchkine, trad. pour la première fois en français, par H. Dupont, Paris, Saint-Pétersbourg, 2 vol., 1846-1847 (trad. en prose de Boris Godounof, delà Fontainede Baktchi-Séraï, de Rouslane et Loudmila, des Tziganes, dncomte Nouline, de Poltava, d^ Angelo, du Cavalier de bronze, du Convive de pierre, de fragments d'Eugène Oniéguine et d'un certain nombre de pièces détachées.
Fleurs de Russie, poèmes trad. du russe par le comte Eugène de Porry, Paris, 1870 (réédition corrigée des traductions citées précédemment).
Poésies et nouvelles de ^Pouchkine, trad. par P. E. Gauthier, Paris. 1888.
{La fontaine de Baktchi-Séraï, les Frères Brigands, Angelo, le Prisonnier du Caucase, les Bohémiens, les Nuits d'Egypte, le Tir [Vystriél), le Chasse-neige).
c) Œuvres dramatiques.
Boris Godounof, poème dialogué d'A. Pouchkine, par W. B. Le Furet, i83i, n» VL
224 llllli.IOCHAPHIE
Le Convive de pierre, trad. par Louis Delatre, Athenœum français, i854.
Œuvres dramatiques de Pouchkine, trad. par Michel N. (Nu.vtsghinoff), Paris, i858.
{Mozart et Saliéri, Scènes de Faust, le Chevalier avare, le Convive de pierre, Boris Godounof).
Poèmes dramatiques d'Al. Pouchkine, trad. du rusge par Ivan TouRGuÉNiEF et Louis Viardot, Paris, 1862.
[Boris Godounof, le Chevalier avare, Mozfirt et Saliéri la Ronssalka, le Convive de pierre) .
Don Juan {l'Invité de pierre), mis en vejs français par le baron B. de Bervvick, Paris, sans date.
Œuvres de Pouchkine, trad. du russe par Mme Sophie Engelhardt, née de Novossiltsof, Paris, 1878.
(Boris Godounof, le Chevalier avare, Mozart et Saliéri, les Nuits d'Egypte).
Pièces jouées à Paris :
L'Invité de pierre, en 1877,
Le Chevalier avare, à l'Odéon, en 1909.
d) Nouvelles.
Le Tourbillon de neige, trad. de Pouchkine, Illustration,
Les Perce-neige, Nouvelles du Nord. trad. par Xavier Marmier, Paris, i854.
(Le Coup de pistolet et le Tourbillon de neige).
Le Chasse-neige, nouvelle trad. de Pouchkine, par F. de BoRGHON, Versailles, 1877.
Polinka ^a-j'e, roman de Drouginine, suivi de la Demoiselle-paysanne, nouvelle de Pouchkine , trad. du russe par Alphonse Clayes, Bru.xelles, 1872.
La Boule de neige, par Alexandre Dumas, Paris, 1862, trad. du Chasse-neige, pp. 259-291. '
La Dame de pique, Irad. du russe par Mérimée, Revue des DeuX'Mondes, 1849, i5 juillet.
Les Romanciers russes. Le Yatayan, trad. par Paul de JuLvÉcouRT. (Le Yalagan est une trad. de \ai Dame de pique).
Nouvelle», par Prosper Mérimée, Paris, iSSa, (la Dame de pique et les Bohémiens).
Le Brigand gentilhomme, trad. du russe par le comte Eugène de Lonlay, Paris, 1864 (c'est de Doubrovski qu'il s'agit).
Choix de nouvelles russes, Athenaeum français, 1 853 (trad > abrégée de Doubrovski).
Doubrovski, trad. par Halpérine-Kaminski, Paris, sans date.
La Fille du capitaine, par Alexandre Pouchkine, trad. par Louis ViARDOT, Paris, i854, Hachette (série de rééditions)..
La Fille du capitaine, trad. par Jaubert, Paris, 1890.
La Fille du capitaine, ^&t Maurice Quais, Paris, 1899.
La Fontaine de Baktchi-Seraï, par Hérau, Revue encyclo' pédique, 1824, t. XXX.
Coup d'œil sur la littérature russe. Les veillées russes, par Héguin de Perle, Paris, 1827.
Le Bulletin du Nord, 1829, i83o, Moscou; série d'articles sur Pouchkine .
Nécrologie d'A. S. Pouchkine, par un ami de Pouchkine (Mickiéwicz). Le Globe, 1887.
Pouchkine, par E. V. (Loeve Vkimars), Journal des Débats, 2 mars 1887,
Tableau de la littérature russe, par le comte de Circourt, Revue française et étrangère, i838, t. IL
220 BIBLIOGHAPIIIE
De la littérature des Russes, considérée 'dans ses rapports avec leur civilisation, par Chopin, Revue Indépendante, i84H, t. VIII.
Œuvres choisies de A. S. Pouchkine [à propos delà traduction de H. Dupont), par G. de Molkne, Journal des Débats, 17 novembre i846.
Le poète Pouchkine, par Michel Yermoloff, Revue britannique, février i846.
La Russie en 1889, parle marquis de Custine, Paris, 1 840, t. II, p. 228 et suiv.
Boris Godounof,par le comte Adolphe de Cmcornr, Paris, sans date.
Pouchkine et le mouvement littéraire en Russie, par Charles de Saint- Julien, Revue des Deux- Mondes, octobre 1847.
La poésie slave au xrx« siècle, par Cyprien Robert, Revue des Deu.v-Mondes, i^r avril i854.
Pouchkine, esquisse littéraire, par Hippolyte Lucas, le Siècle, 29 janvier i855.
Le tsar Nicolas et la Sainte Russie, par Gali-ft r.^ K- t- TURE, Paris, i855, t. V. pp. 57, 68.
Analyse des traductions de Porhy, parO, VAPEREAi;,.l/m<;e littéraire et dramatique, i8r)8, pp. 42-45.
Etudes de littérature étrangère, parFROUx de Fontpertuis, Le Puy, 1859.
Pouchkine et la littérature russe, par Xavier Marmier, Revue britannique, 1869, t. II.
Voyages et littérature, pav Xavier M\uMiri\, Paris. \X>'r>, pp. 329-363.
Poèmes dramatiques d'Alexandre Pouchkine, par .\. Claveau, compte-rendu, dans le Journal des Débais des i3 et i4 octobre i864, de la traductioD de Viardot.
Impressions de voyage, par Alexandre Dumas, Paris, 186."). 20 partie, chap. II, Le poète Pouchkine.
Pouchkine, par M"» Ernestine Mintzloff, Correspondant, 1867, t. XXXVI, pp. 883, 902.
Mélanges posthumes d'Adam Mickiéwics, Paris, 1872^ pp. 290, 332.
Pouchkine. Son poëme d'Eugène Oméguine, par Alexandre BuCHXER, Revue politique et littéraire, juillet 1873.
Portraits historiques et littéraires, par Mérimée, Paris, 1871, 2*^ édition, pp. 334 et suivantes.
Histoire de la littérature contemporaine en Russie, par CouRRiÈRE, Paris, 1876, pp. 74-i3i.
La Société russe par un Russe, Paris, 1877, t. II. chap- IV, Pouchkine et Dantès.
Le, Roman russe, par Melchior de Vogué, Paris, 1886, pp. 35-5o.
Un grand poète russe j Aleœandre Pouchkine, Jacques Flach, Paris, 1894. Bibliothèque slave elzévirienne.
Projîls et types de la littérature russe, par Ernest Coxbes, Paris, 1896, pp. 246-269.
Le Centenaire de Pouchkine, par Louis Léger, Revue encyclopédique Larousse, juin 1899.
Miekiéwicz et Pouchkine, du même, dans Russes et Slaves, nie série, pp. 219-255.
Pouchkine, dans Russes et Slaves, EL» série, pp. i45-485,
Alexandre Pouchkine (1799-1899), par S. Séménof, Paris,
Histoire de la littérature russe, par K. Waliszewski, Paris, 1900, pp. i59-i8i«
Le A7A'« siècle. Etudes littéraires, par Emile Faguet, Paris pp. 335 et suiv.
Parmi les ouvrages écrits sur Pouchkine dans les autres langues de l'Europe occidentale, le plus important est
Studies in russian littérature, par Ch. Edw. Turner, Londres, 1882, pp, 209-317.