Pouillé du diocèse d'Aire
On ignore la date de fondation de l'évêché d’Aire dont nous voudrions retracer à grands traits l’histoire des pontifes jusqu'au moment de la rédaction du document inédit que nous publions en ce moment. D'après le Clergé de France et le Gallia christiana, Marcez est le premier évêque d’Aire qui soit connu des annalistes sacrés d'Aquitaine. IL vivait dans les premières années du VI siècle.
Les chroniques religieuses sont encore plus sobres sur RUuSTIQUE, frère de Nicetius ou Nizier, évêque de Dax. Il aurait assisté au second concile de Mâcon en 585. Trente-cinq ans plus tard nous voyons PuiriBaud monter, comme évêque, sur le siège d’Aire (620). C'était un Auscitain. Né d'une famille distinguée d’Auch, Philibaud devint gouverneur d’Aire où il se maria et eut un fils, Philibert, que le roi Dagobert prit sous sa haute protection, à la demande de son père. L'administration de Philibaud à Aire fut si douce que les habitants de cette ville le réclamèrent pour pasteur à la mort de leur évêque.
Le silence règne sur l’église d'Aire comme sur les autres diocèses de la Gascogne après l'élection de ce saint prélat. Ce n'est pas étonnant. Les barbares se sont rués sur l’Aquitaine, et tout, ou à peu près tout ce qui à un caractère religieux et chrétien a disparu sous leur torche ou leur marteau. Il faut franchir un siècle et demi pour. retrouver la trace. des évêques d’Aire et pouvoir nommer ASINARIUS qui gouvernait ce diocèse en 788 ou 791. Les ténèbres recouvrent aussitôt cette église pendant près de deux siècles. Gomsau», fils du Duc Sanche paraît alors
MNT ue à sa tête (977). Une charte du monastère de La Réole le nomme évéque de Gascogne, titre pris par son successeur Arsius Ou ARSIVUS, surnommé Raca ou Racna. D'après le Spicilége, (T. XIIL, p. 437), ce prélat aurait perdu la vue pour avoir osé ouvrir un cercueil qui contenait de saintes dépouilles (980). La qualité d’évêque de Gascogne donnée au premier pasteur de l’église d’Aire nous explique comment certains écrivains, Oihénart, en particulier, embarrassés par le défaut de succession dans, la liste des prélats d’Aire ont supposé que cette ville ayant été détruite par les Barbares, ses pontifes se réfugièrent à Bascons, paroisse actuellement comprise dans le canton de Grenade, d’où leur serait venu le titre d’évèque des Bascons ou Vascons. Nous préférons l'avis de Huques du Temps (T. I, p. 493) qui pense que le nom d'évêque de Gascogne a été donné à certains prélats d’Aire « parce qu'ils étaient pour lors évêques de toute la Gascogne. » Tel fut le cas de Gombaud qui, au miliew des ruines entassées par l'invasion s'était fait donner l’onction sainte et avait réuni dans ses mains l'administration des évêchés de Bazas, d’Aire, de Dax, d’Oleron, de Lescar, de Bayonne et peut-être même de Lectoure. (ist. de Gasc. p. 9%, T. ID. — Ce désordre put durer un certain temps, mais 1l devait cesser par la mâle énergie d'un saint archevêque d’Auch, homme de haute vertu et de noble fermeté dont le zèle actif et courageux sut triompher de toute résistance pour assurer le respect des saints canons. Nous voulons parler de $S. Austinde. Il se rendit à Rome et obtint la déposition de Raymond-le-Vieux qui, au milieu du XI° siècle occupait autant de sièges que Gombaud dans le IX° et prenait ordinairement comme lui, nous venons de le dire, le ütre d'évêque de la Gascogne. Par les soins de $S. Austinde, la plupart des: sièges Aquitains furent pourvus de prélats, et Aire demanda le sien à. l'abbaye de St-Sever. PIERRE I assista en 1063 à la dédicace de l’église. de Moissac. Il vivait encore en 1092. Cette année serait cellede sa mort. d’après le nécrologe de St-Sever (15 juillet) tandis qu'Oihénard la recule jusqu'en 1095.
Pierre confirma les franchises du prieuré de Gavarret fondé par le vicomte de Gavardan, sous son administration. Guillaume archevêque. d'Auch les confirma de son côté, dit dom Brugelles dans sa Chronique (4).
(1) Voir l'acte de fondation du monastère de Gavarret, vers 1080, au Tome II de la Gallia Chrisliana (frères Ste-Marthe, aux preuves, page 319). La Confirmation de la fondation de ce monastère, en 1181, se trouve dans l’£xtrait de l'Histoire de Béarn, liv. 5, chap. 28, ainsi que dans les Chroniques Ecclésiastiques du diocèse d'Auch, par Dom Brugelles, p. 69 (Table des Preuves).