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Un moiné de Sainte-Croix, de Bordeaux, succéda à Pierre sur le
siège d’Aire. Il s'appelait Guizzaume. Le nécrologe de St-Sever le fait mourir le 21 novembre 1115 et certains historiens veulent qu'il ait été sacré par Pascal IT. Il faudrait donc admettre une vacance assez longue de 1062 à 1099. Ces données ne paraissent pas très sûres. Aussi n’y ajoutons-nous pas une foi absolue non plus qu’au témoignage d’après lequel Gavarret et le pays environnant seraient passés sous la houlette de l'archevêque d’Auch durant l'administration de Guillaume. Il est sûr que l’union de Gavarret au diocèse d’Auch s’accomplit au XI siècle, mais était-ce en 1104, comme on le dit d’après une charte qui aurait existé au trésor de Pau? Voilà qui demeure douteux.
Ce qui paraît plus certain, sans être absolument sûr, c’est que Virar I DE S. HERMET Où HERMETTE, succéda à Guillaume dans le diocèse d’Aire. Son pontificat fut court puisqu'un monument authentique montre BonNxomme à la tête du clergé d’Aire en 1120. Selon le Clergé de France Bonhomme se serait opposé pendant quelques temps à la construction
d’une église dans la ville de Mont-de-Marsan rebâtie par le Vicomte Pierre qui en avait obtenu la permission de l'abbé Raymond. Cette autorisation ne dépendait que de l’évêque, au dire de Bonhomme. Ge démêlé ne dut pas être long car le prélat et l’illustre vicomte de Marsan dont les chartes font l’éloge le plus flatteur, surent au moins s’entendre pour l'introduction des Prémontrés dans le diocèse d’Aire.
Bonhomme étant mort le 14 décembre 1147 fut remplacé, d’après le Manuscrit d'Aire cité par Monlezun. (T. II, p. 224) par ANTOINE qu'ont omis Oihénart, la Gaule Chrétienne et le Clergé de France. Antoine paraît être décédé avant 1167. époque de l’avènement d'Opon D'ORBESSAN . son successeur. La fondation de l’abbaye de Pontaut mentionnée dans le Pouillé fut l’œuvre d'Antoine qui obtint une colonié de religieux Prémontrés de l’Abbé de Joui, près de Sens, et les installa lui-même dans la Chalosse où.il leur avait bâti un monastère.
Odon ou Eudes d’Orbessan, d'une maison importante du comté d’Astarac était chanoine et archidiacre d’Auch lorsqu'il fut élevé à la dignité épiscopale. Les historiens lui donnent souvent pour successeur Guillaume II Bernard. C'est une erreur. On sait, dit l’abbé Montlezun, qu'Odon d'Orbessan fut remplacé par Fortanier Bertrand qui avait embrassé dans sa jeunesse la règle de $. Benoit et était abbé de Guistres dans le diocèse de Bordeaux à l’époque de son sacre. Fortanier siégea, sans doute, Six ou sept ans et fut remplacé en 1488 par GUILLAUME BERNARD.
LUE nu
Le nouveau Pontife arrivait dans de tristes circonstances. L'hérésie albigeoise, maîtresse d’une partie de la Gascogne malgré sa récente. condamnation même au concile de Bazas, levait encore la tête et le diocèse d’Aire était le théâtre de luttes sanglantes entre Guillaume de Marsan et Antoine de Sault. Les foudres de l’église lancées par Guillaume Bernard furent seules capables de faire cesser ces malheureuses hostilités.
Marin l° abbé de La Castelle, paraît après Guillaume Bernard mort vers 1192. Les désordres introduits dans l’église par l’hérésie demandaient un réformateur sérieux à Aire. Le Souverain Pontife choisit dans ce diocèse ce pieux et saint Religieux déjà connu par ses soins apostoliques pour ramener l’observation des règles canoniques parmi les moines d'Aquitaine. Martin mourut trop tôt pour son diocèse qu’il put gouverner à peine pendant cinq ans, si, du moins il faut en croire les auteurs qui marquent son décès en 1199. D’après Hugo, la fin de ce prélat ne serait survenuêé qu’en 1208 et son élection remonterait à 1188. Notre écrivain se trompe au moins pour cette dernière date.
Les obsèques de Martin se terminaient à peine que ViTaL D’ALBRET, religieux prémontré comme lui fut élu évêque d’Aïre d’une voix unanime. Il était abbé d’Arthous. Le nécrologe de St-Sever le fait mourir le 28 avril 19214.
Un autre Prémontié fut mis à sa place. C'était Jan Ie qu'Oihénart appelle Jourpain. Les copistes avaient coutume de désigner le prélat par la première lettre de son nom. Cela explique comment le nom de Jean sera devenu Jourdain dans le célèbre annaliste. Jean I”, religieux d'une grande sainteté, d’une humilité profonde et abbé de la Case-Dieu, résista d’abord aux vœux de ceux qui l’appelaient, mais Gervais, abbé de Prémontré lui ayant intimé l’ordre d'accepter, le saint moine échangea sa houlette abbatiale contre celle d'évêque d’Aire. GAUTIER, moine de Clairveaux, vint après lui. On sait peu de choses sur sa vie. On est mieux fixé sur son successeur ARNAUD Ou AUGER qui était, paraît-il, abbé des Religieux de Ste-Quitterie du Mas lorsqu'il fut promu à l'épiscopat. La ville d’Aire était alors presqu'entièrement dépeuplée par la continuité des guerres, la contagion des eaux et l’intempérie de l’air : il n’y restait que douze habitants, dit-on! Le Manuscrit d'Aire cité par Monlezun (T. IF,
P. 303) raconte qu'Amanieu, archevêque d’Auch, peignit ce triste état de
choses au Pape et lui demanda le pouvoir d’unir l’abbaye de Ste-Quitterie du Mas, à l’évêché d’Aire. Grégoire IX, sans acquiescer complètement à sa requête, le chargea de régler ce qui serait le plus opportun et Iui
PAIN Per adjoignit Hugues de Pardailhan évêque de Tarbes, et Guillaume, évêque d'Oleron.
Les commissaires munis de la bulle pontificale du ‘ janvier 19298; convinrent, de concert avec d’autres évêques de la province d’unir la mense abbatiale à la mense épiscopale et décidèrent que l’évêque d’Aiïre prendrait le titre d'évêque d’Aire et de Ste-Quitterie du Mas où il devait résider vu que le palais épiscopal était inhabitable. De plus, à chaque vacance du siège, l'élection du pontife devait se faire alternativement à la cathédrale et au Monastère du Mas. Auger ou Arnaud fut le premier évêque d’Aire et de Ste-Quitterie. Le Clergé de France lui donne pour successeur un autre Auger. Ne serait-ce pas le même? Les deux noms commençant par la même lettre, les uns auront peut-être traduit l’A des copistes par Arnaud et les autres par Auger?
Raymonn 11 DE S. MARTIN paraît après Auger dans le catalogue des Evêques. Saint autant que modeste, ce prélat se laissa effrayer par les désordres de son peuple qu'il ne pouvait conduire à son gré et courut s’enfermer dans l’abbaye de La Castelle où il vécut en simple religieux, donnant à ses frères l'exemple de toutes les vertus. — Le nécrologe de S. Sever fixe sa mort au 8 août 1268. Ç
Quelques annalistes nomment après lui, GérRauD comme évêque d’Aire. Ils se trompent. C’est Prerre n qui lui succéda. Elu en 1267, PIERRE 11 assista au concile d’Auch et gouverna l’église d’Aire jusqu’en 1284.
Le comte d’'Armagnac le nomma son exécuteur testamentaire. C'est sous son pontificat que Mathe, femme de Gaston VIT instituant Constance sa fille héritière de la vicomté de Marsan, légua dix mille so/s morlads aux Cordeliers de Mont-de-Marsan et une plus forte somme aux Claristes de la même ville dont elle avait aidé à fonder l'établissement et parmi . lesquelles elle choisit sa sépulture. (Testament donné par Marca, liv. 7, ch. XVI.) R
Après cet évêque, plusieurs prélats se succèdent rapidement sur le siége d'Aire sans presque laisser de traces de leur passage. Nous nous contenterons de les nommer : Géraup est élu en 1284. On le voit figurer dans l’acte de cession du comté de Bigorre consenti par Constance entre les mains du sénéchal du roi d'Angleterre. — Le titre d’évêque de Marsan (episcopus martianensis) est donné à PIERRE 11, évêque en 1985 et 1995. Marin n DErosse parait en 1300 et 1306, BErnarp en 1314 et 1322, Guirraume nt, de la noble famille des Corneillan se montre dès 1321 et vit encore en 1393, suivant un titre de S. Mont dont ses ancêtres
furent les bienfaiteurs. On le voit transiger avec les habitants d'Eyres au sujet de quelques dimes, vers la même époque qui paraît avoir été celle de sa mort, car ANESANCE DE Toujouse de la maison iilustre des Joyeuse gouverne le diocèse d'Aire en 1324. Tout le monde connait la fin tragique de cet évêque mis à mort à Espagnet, dans les environs de Nogaro par Tersol de Baulat, Bernard de CGavet, le bâtard de Jù, le bâtard de Médo, etc. Une pierre placée sur le chemin qui conduisait autrefois de Nogaro à Aire, marque encore, dit Monlezun, le lieu où Anesance tomba sous les coups des assassins et une tombe vide que nous avons admirée sous le porche de la petite église d'Espagnet, renferma d’abord ses dépouilles mortelles transportées sans doute plus tard dans sa cathédrale. | Ce triste événement s’accomplit sous le régne de Charles-le-Bel. A l'éternelle honte d'un gouvernement trop enclin à la populacerie, Philippe de Valois signa des lettres de grâce le 13 octobre 1328. Elles furent confirmées au mois de janvier 1332. (VW. La Devèze, p. p. 48, 50) par M. Gaubin.) Le roi voulait gagner le comte d'Armagnac à sa cause. Il pardonna aux Bâtards ! | GarsiE LEFÊBRE, évêque d’Aire, figure à Marciac parmi les prélats assemblés en concile par Amanieu, archevêque d’Auch, pour condamner les meurtriers d’Anesance de Toujouse lâchement massacré à Espagnet. par les Bätards de Gascogne. Les meurtriers furent déclarés passibles des peines portées contre les assassins dans le concile de Nogaro de 1290, En conséquence, Guillaume de Beaucaire, sénéchal d’Armagnac et Raymond de Monteils, juge ordinaire du comté, furent chargés de la punition des coupables. Mais ceux-ci firent appel au roi de France qui, cédant à certaines considérations politiques, alla, sur la supplication d'aucuns nobles, en particulier de noble Thibaud ‘de Barbazan, jusqu'à octroyer grâce complète à Tersol de Baulat, Bernard de Cavet et les autres bàtards auteurs du crime d'Espagnet. On avait longtemps cru le contraire, l'acte de pardon n'est pas douteux, on peut s’en convaincre en lisant ce document inédit jusqu’à ces derniers temps, dans le bel ouvrage de M. l'abbé Gaubin, curé de Barcelone (La Devèze, page 48). Le Clergé de France place Daurmix, sur le siège d’Aire, jusqu'en 1354 sans parler de ses prédécesseurs (T. I, page 496.) Mieux informé, le Manuscrit d'Aire (4) mentionne quatre évêques avant lui : ARNAUD DE
1) Histoire de la Gasc., Tome III, p. 347.
tn dr pe CaAuPENNE remplacé vers 1351 par Bernox parent du cardinal de Canillac à qui il dut son élévation, INNOCENT DE ROMADEG qui ne fit que passer et MARTIN DE MARQUEFAVE issu d’une maison qui tint un rang distingué dans la Gascogne. Son administration fut à peine de la longueur de celle de son prédécesseur. Un incident survenu dans le chapitre dont il voulait pensionner les chanoines pour attribuer leurs biens à sa mense fut surtout cause de son rapide passage. L'affaire ayant, été portée en cour de Rome, Innocent VI donna raison aux chanoines et Martin de Marquefave se démit de son siège en faveur de Dauphin ou DELPHIN DE MARQUEFAVE, son parent selon toute vraisemblance. — Dauphin disparaît presque aussitôt, après avoir accordé à son clergé la faculté de tester. Gette faveur n'avait pas encore été octroyée aux prêtres de ce diocèse. (1354). ù
Il fut remplacé par BErnar», abbé de Fonfroide auquel il légua plusieurs démêlés avec le couvent de Ste-Claire de Mont-de-Marsan (1354). Tout s’arrangea de ce côté, grâce à la sagesse du prélat qui fut moins heureux avec le du sénéchal de Gascogne. Jean de Claveston, en effet, le poursuivit avec tant de constance, que Bernard renonça à son siège en 1363 pour s’épargner de nouvelles persécutions. PIERRE IV DE GaxIAFEGTo lui aurait succédé; d’après Hugues du Temps ce serait JEAN II, au contraire, selon le témoignage de quelques autres auteurs. Jean IT, assistait au concile de Lavaur (1368) convoqué par l'archevêque de Narbonne suivant la volonté formelle d’Urbain VI qui voulait, par ces saintes assemblées, porter remède aux maux qui désolaient l’église de France. Notre malheureux pays, piétiné par l'Angleterre, supportait avec peine le joug de l'étranger qui se montrait toujours plus exigeant. Jean IT, évêque d’Aire, sut calmer les prétentions de l’Angleterre, aussi son épiscopat fut-il plus tranquille que celui de ses prédécesseurs. IL se poursuivit jusqu’en 1378.
Qui lui succéda immédiatement ? On l’ignore ; mais ce qu’on sait bien, c'est qu'un Anglais fut évêque d’Aire en 1387. Il se nommait ROBERT WazneBry et était né à Yorck. Il vint en Gascogne après avoir pris son grade de docteur en théologie à l’Université d'Oxford. D’Aire, il passa à l’archevêché de Dublin, devint chancelier d'Irlande, gouverna l’église de Chester, monta sur le siège d’Yorck en 1396 et mourut, enfin, en 1399,
GuicnarD», pourvu après lui de la houlette pastorale d’Aire, (1390), la passa en 1391 à GaRSIAs 11, Surnommé ARNAUD DE NAVAILLES, BERNARD Hi Brux hérita de celui-ci et légua à son tour la charge épiscopale à Arvau
GUILLAUME DE LEscar, homme d’une illustre naissanee. Le nouveau Prélat arrivait à la veille de la Ligue d’Aire conclue dans une loge de bois entre Aire et Barcelonne par les comtes de Foix et d'Astarac, le sire d'Albret et Mathieu de Foix dans le but de se protéger eux-mêmes et de protéger leurs terres contre les invasions Anglaises. La royauté ” placée entre un vieillard dans l’enfance et un jeune homme sans force, presque sans patrie, ne pouvait rien pour les vassaux éloignés !.…
L'évêque d’Aire dont nous venons de parler n'est-il pas le même. qu'ARNAUD-GUILLEM D’Aynie. Certains auteurs le nient. « Le premier selon eux, était bâtard du comte d’Armagnac et frère de l'archevêque d'Auch, Jean de Lescun et d’un autre Lescun devenu le favori de Louis XI. Le second appartenait à la noble et ancienne famille de Pommiers, dans laquelle la vicomté de Lescun était entrée par les femmes (1). » (Monlezun, T. IV, p. 247.) Arnaud Guillaume de Lescun, outre l'évêché d’Aire, possédait en commande les abbayes de Pontaut, de S. Girons et de S. Sever ainsi que le prieuré de $. Leser.
RoGEr DE Foix pe CasTELBoN lui succéda à Aire. Plus tard, il passa à Tarbes. Les historiens vantent ses rares talents et sa grande habileté qui le firent choisir pour Socius du Cardinal Pierre de Foix son parent lorsqu'il fut chargé de traiter de la paix avec Alphonse roi d'Aragon et d’éteindre dans ce royaume la dernière étincelle du schisme. — Roger de Foix de Gastelbon étant mort vers la fin de 1452, les chanoines lui donnèrent le 18 juillet suivant, pour successeur Louis p’ArBrer fils de Charles If, comte de Dreux et d’Anne d’Armagnac. Son père avait arraché lenr ville au joug de l'Angleterre. Louis d’Albret n'avait que 33 ans lorsqu'il devint évêque d’Aire. Il mourut à Rome à l’âge de 49 ans, après avoir occupé le siége de Cahors en 1460. Le pape Pie IT l'avait créé cardinal du titre de $. Pierre et de S. Marcellin. Les mœurs de ce grand cardinal regretté de toute la cour romaine, furent irréprochables. Aussi vit-il venir la mort avec la paix et la tranquillité de l'élu. « Dès qu'il connut son état, il réclama lui-même les derniers sacrements et à l'approche du St-Viatique il se fit descendre de son lit et déposer à terre : quoique son mal s’aggravât, il voulut réciter ses heures canoniales ; il
les continua jusqu'à ce. que la voix expira sur ses lèvres LPDOUS » (1461).
(1) Oïhénard mentionne ainsi les évêques d'Aire de cette période : Bernard de Brun depuis 1399 jusqu’en 1404, Arnaud- Guillem d'Aydie, depuis 1404 jusqu'en 1406, un autre Bernard depuis 1406 jusqu’en 1416 et aprés celui-ci Arnaud- Guillem de Lescun. (Hist, de Gasc. T. IV, p. 247).
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Conduit à Rome par Louis d’Albret qui lui fit obtenir le titre de Référendaire du pape, Trisran D’AuRre, fils de Sanche Garsias, seigneur de Montauban, fut nommé plus tard à l'évêché de Couserans qu’il abandonna pour celui d’Aire. Les libertés de la ville d’Aïre données par Edouard, roi d'Angleterre, Gaston de Foix et l'évêque Garsias furent confirmées par ce prélat mort en 1472, suivant les uns, et d’après les autres en 1509. ;
Une difficulté surgit ici à l’occasion de son successeur à Aiïre. Le Clergé de France T. 1, p. 497, nomme après lui Prerre v ne Forx, appelé le Jeune. Oihénart n’en parle pas, les Frères Ste-Marthe lui donnent pour prédécesseur Carisropne DE GRammonr. Divers motifs nous font penser comme Hugues du Temps, sur ce sujet : 4° les Chapelains de la Trinité fondés dans l’église de Geaune, furent approuvés par Pierre de Foix; % Pierre d'Ossun, vicaire-général, de Pierre de Foix, énféode quelques terres, le 25 mars 1489. Enfin, 8° les armes de ce pontife sont sculptées à la clé de voûte de la cathédrale d’Aire. Le doute ne nous paraît done point possible : Pierre de Foix fut véritablement évêque du diocèse d’Aire. Il en aurait été simplement administrateur d’après les Frères Sainte- Marthe. Créé cardinal par le pape Sixte IV, ce prélat fut appelé à Rome par Innocent VIII, en 1487. Il y mourut le 10 août 1490 et fut enterré dans l’église de Ste-Marie del Popolo. IL fat pendant sa vie un ami dévoué des lettres et rechercha la société des savants. C'est à son habile entremise que le royaume de Naples dut la paix et la Bretagne l’'apaisement de troubles malheureux sous le gouvernement du trop faible François IT, son beau-frère.
ANTOINE l°", évêque d’Aire, en 1495, a laissé peu de souvenirs, et l'histoire ne sait pas grand'chose de l'héritier de son bâton pastoral, BernarD IV n'ABanie, de S. Sever du Cap (1407). Quant à BerNaRD V D'AMBoisE, de la branche d’Aubijoux, il siégea depuis 1500 jusqu’à 1508. Le catalogue des évêques d’Aire contient une lacune en cet endroit. IL faut arriver à 1514 pour voir Anroine IT ne Apiraco, Doyen de Grenoble, prendre la direction du diocèse qu’il garda seulement jusqu’en 1516, d'après le Gallia Christiana. Les annales de Gascogne nomment après Jui ARNaUD-GuILLAUME IT »’Ayote, de la maison des vicomtes de Riberac en Périgord. Elu en 1516, il mourut vers 1522. Le cumul était encore le fléau de l'Eglise à cette époque. A l'évêché d’Aire, Arnaud-Guillaume II joignit les monastères de S. Sever, de S. Girons et Pontaut dont il prit le titre d’abbé commandataire. | ue
| PRG Après une vacance de plusieurs mois, l’évêque de Couserans, CHARLES IV ne Grawowr, monte sur le siège d'Aire (1544), qu'il quitta en 1530 pour occuper celui de Bordeaux. Hugues du Temps, (T. I, page 498) fait observer avec raison que Charles de Gramont paraït s'être démis de son premier siège avant d'accepter celui d'Aire « puisque Gabriel son frère était évêque de Couserans dès l'an 1520. » Le chancelier de Jean et de Catherine de Navarre, PIERRE VI DE BraGxE est à la tête du diocèse d’Aire en 1530. Son épiscopat ne fut pas long, car GABRIEL DE SALUCES devint évêque d’Aire en 1535. Tous ses frères étant morts, ce prélat put, en vertu d’une concession spéciale du Souverain Pontife, épouser Madeleine d'Annebaud, et devenir le chef de sa Maison. À son départ, Jacques DE S. Juien fut élu évèque d'Aïre, où il fonda un collège, - (4550-1557). Cet établissement devait grandir avec le temps et devenir la base d'Etablissements d'instruction, qui jetèrent le plus vif éclat et furent Säns rivaux.
En 1560, CarisToPaLe DE Foix DE CaNDaLE quitte la grande Aumônerie du roi de Navarre pour le gouvernement du diocèse d’Aire qu'il garda jusqu'en 1570, époque de sa mort. Son frère aîné, homme érudit et généreux, mais fort insouciant, lui fut donné pour successeur. Il se nommailt FRANÇOIS.
François DE Foix CANDALE Œ. note 2 du Pouillé) malgré les éloges que l’histoire lui décerne, mérita de grands reproches. N'est-ce pas à son incurie que sont dus il plupart des malheurs qui fondirent sur le diocèse d'Aire ? Tandis que les feux de la guerre civile embrasaient tout autour de lui, il demeura calme au milieu de ses livres, également insensible aux honneurs de la cour et aux appâts de la fortune. L'amour des sciences et des lettres fut sa passion unique. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-dix ans sans jamais avoir été sacré.
Le roi lui donna pour successeur Pnicrers LIT CospéaN, né à Mons dans le Hainaut, Il fut sacré le 48 février 1607 et abandonna ie siège d'Aire pour celui de Nantes en 1622, La littérature sacrée lui doit d’avoir su purger la chaire catholique du genre si faux et si pédentesquement ridicule qui l'avait envahie depuis plus d’un siècle. À son départ pour Nantes, SéBasriex Bouruiicier, oncle du celèbre abbé de Rancé, quitta Luçon où il était Doyen et vint occuper le siège d’Aire (1523). IL était à peine sacré, que la mort le surprit à Mont-de-Marsan, le 17 janvier 1625. Il n'avait que quarante-cinq ans, Ce fut un malheur pour l'Eglise d’Aire, qui admirait déjà la piété, la candeur et la charité de son éminent prélat
RE Le LRO
à la place duquel fut elu son frère Vicror LEBOUTHILLIER qui refusa ce poste pour celui de Boulogne. « Sur son refus, Aire fut donné à GILLES BourauD ». (V. note 5 du Pouillé). La vie de ce pontife ne fut pas exempte de tristesse. Ses démélés avec le chapitre, ses différends avec les jurats d’Aire et du Mas, lui causèrent de vifs ennuis qu'augmentèrent encore ses vains efforts pour abolir dans le diocèse l’usage traditionnel des Courses de Taureaux. Nous parlons, ailleurs, d’une partie des œuvres de ce prélat qui, ne pouvant obtenir le respect de son auguste caractère demanda et obtint le diocèse d’Evreux.
CHaRLEs-FRaNçÇoIs D'ANGLURE, conseiller d'Etat, abbé dé S. Pierre-aux- Monts et de la Creste et. primicier de Metz fut élu à sa place et sacré le 25 mars 1650. Ce n’est qu'en 1651 qu'il parut à Aïre dont il quitta le gouvernement six ans après, pour passer à l’Evêché de Castres. (V. notre note 6 du Pouillé). L'abbé de l’Escale-Dieu dans le diocèse de Tarbes, lui fut donné pour héritier de sa houlette. C'était BEernarDp IV DE SARIAC, né au château de Sariac, près de Castelnau-Magnoac et issu d’une des plus nobles familles de: Gascogne. Les actes de son administration épiscopale sont inconnus des annalistes, si on excepte les mesures impuissantes qu'il prit contre les Courses de Taureaux. À sa mort, survenue en 4672, son corps fut porté à Aire et enseveli dans l'église de Sariac. N'oublions pas d'ajouter que c’est durant son pontificat que tombèrent par son ordre les temples protestants de Geaune et de Labastide d’Armagnac. Celui de S. Justin fut transporté ailleurs.
JEAN Louis DE FROMENTIÈRES le remplaça sur le siège d’Aire. Nous ne dirons rien ici de ce pontife. Le lecteur trouvera sa courte biographie à la note 3 du Pouillé. L'église d’Aire reçut les boiseries de son chœur de ce savant prélat mort au mois de décembre 1684. Sept mois plus tard, le diocèse d’Aire sortait de son deuil pour saluer un nouveau Pasteur, ARMAND Bazin DE BEZ0ONSs, frère du maréchal de ce nom. $es bulles se firent cependant attendre jusqu’en 1693 par suite des démêlés survenus entre Paris et Rome. Lorsque Arnaud Bazin de Bezons quitta Aire pour monter sur le siège de Bordeaux (29 mars 1698), Louis GASTON FLEURIAN D'ARMENONVILLE, Docteur de Sorbonne, Chanoine de Chartres, etc. fut élu, à sa place et sacré dans la chapelle de Saint-Sulpice. Sa rapide translation au siège d'Orléans l’empêcha de ‘ réaliser une foule de grandes œuvres dont il avait conçu le plan, telles que l’agrandissement du chœur et de la’cathédrale d’Aire. L'union de l'abbaye du Mas supprimée au Séminaire lui permit de donner à cet
Etablissement d'utiles et notables agrandissements. Il eut pour successeur FRANÇOIS GASPARD DE LAMEZ DE Marna, abbé de S. Cyran nommé en 1706 et mort quatre ans plus tard (1710).
Un ancien soldat, devenu prêtre ,à la mort de sa femme, fut. évêque d'Aire, après lui, le , 4 janvier 1711. (V. notre note 7 du Pouillé). Aussi prudent dans son diocèse que vaillant sur le champ de bataille, le nouveau prélat se fit toujours remarquer par sa bonté envers les prêtres et sa rare habileté à trouver la solution des problèmes les plus délicats de son administration. Il se nommait Josepx GASPARD DE MoNTMORIN DE SaiNtT-HerEm. Dieu lui ménagea de cruelles épreuves avant sa mort survenue le 7 novembre 1715, juste au moment où son troisième fils qui lui avait été donné pour coadjuteur se faisait sacrer. |
GizBertT DE MONTMORIN DE S. HEREM — c'était le nom du fils de l'auguste vieillard qui venait de s’éteindre — était un prêtre d’une éminente sainteté. Il rétablit l’usage des conférences dans le diocèse d'Aire et Ss’appliqua à faire vivre dans son séminaire la règle de St-Sulpice dont il était supérieur au moment de son élection. L'abbé Lalanne devint son principal auxiliaire dans cette œuvre capitale qui réussit au-delà de toute espérance.
Le diocèse d’Aire vivait heureux et plein de confiance en son guide, lorsque Gilbert le quitta en 1756, pour être transféré à Langres. Mais le Pasteur qui avait aimé les siens voulut les aimer jusqu'à la fin à l'exemple du Sauveur. Il demanda donc et obtint pour son. bien-aimé troupeau qu'il quittait à regret, un digne continuateur. de ses œuvres, FRANCOIS DE SERRET DE GauJac, chapelain de N. D. de Garaison dans lé diocèse d’Auch. Le nouveau pontife fut sacré à Paris, dans l’église du noviciat S. Dominique le 29 mars 1736, par le cardinal de Polignae, archevêque d’Auch, assisté des évêques de Lectoure et de Condom. Rien ne fut changé dans sa vie simple, pure, apostolique. Ami du paysan et de l’homme du peuple qu’il se plaisait à aborder, il fut l’apôtre des campagnes auxquelles il fit entendre bien des fois sa parole autorisée qui avait évangélisé ‘une partie de la province d’Auch au temps où il était modeste missionnaire de Garaison. Exact à l'accomplissement de tous ses devoirs, François de Gaujac visita souvent son diocèse et un Jour il eut l'excellente idée de consigner dans un gros volume ?#7-folio ses procès-verbaux de visite pastorale,
| fs = | heureusement conservés à Aire. L'ordre adopté dans ce précieux | recueil est digne-d’être rappelé. Nous le donnons ici :
JpaRoISSES QUOTITÉ DE LA DIME | - AUTRES SAINTS] | DATE ; Le = ; CHAPELLES | & PERÇUE PAR = CHÔMÉS 5 de SUCCURSALES = > —— . PATRONS ou = |nomination RAT S | l'Eglise | le Curé | l'Evèque 2 HONORÉS D'UN = Ù Lee) = ANNEXES RE AUTEL la Cure
Comme on le voit, c’est le Pouillé par excellence. L'Evêque d’Aire était donc prêt aux dénombrements de ce genre ordonnés pour chaque diocèse de France dans l’Assemblée du Clergé de 1740. Aussi le voyons- | nous à l'œuvre dès qu'il reçoit la lettre des agents généraux du clergé (15 juin 1747) prescrivant cet utile inventaire pour chaque église de France et de Navarre. | Les Pouillés ou dénombrements des bénéfices d’un diocèse, d’une . abbaye, d’un royaume (1), ne datent pas du XVIIE siècle. Ils furent connus à toutes les époques de l'Eglise. Qu'on lise, pour s’en convaincre, le Glossaire de Du Cange (T. V, page 630) verbo Polypticon. On a | beaucoup discuté sur l’étymologie du mot Pouillé. Quelques-uns l’on | fait venir de Poallier. On appelait ainsi autrefois les clochers, dit le | Dictionnaire de Trévoux, et on désignait sous ce nom la liste et l’inventaire des églises ou clochers d’un diocèse. Les partisans de la dérivation | latine quand même, trouvent ce mot dans polypticarium qui signifie registre. Ils disent qu'on l'a appelé successivement Puleticum,
Doleticum, pullare, pullarium, polyticon, polegium. Littré ajoute | Pulegium (bas latin, dit-il.)
Nous ne nions pas que ces expressions signifient registre, Du Cange produit des textes qui le prouvent. Mais nous trouvons les évolutions de ce mot bien laborieuses. Aussi, laissant de côté la périlleuse question d'origine de ce terme, nous voulons simplement retenir sa signification, sans nous mêler au débat en proposant une nouvelle étymologie. Pouillé veut dire Catalogue, inventaire dans lequel sont marqués les qualités des | bénéfices, leurs dépendances, le nom des collecteurs, leurs revenus, etc. n L'idée d’un Pouillé général pour toute la France était une idée bien
fl y avait un Pouillé royal qui était un recueil des bénéfices et maladreries | dépendants de la nomination du roi. (V. Trevoux, T. VI, p. 931.)
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féconde pour l’histoire. Malheureusement, elle ne reçut qu'un commencement d'exécution, On possède huit volumes du Pouillé de la France, chacun d'eux contient un archevêché. Ge sont : Paris, Sens, Reims, Lyon, Bordeaux, Bourges, Tours et Rouen. Les autres provinces: ont jamais été publiées.
Cette œuvre, devenue difficile aujourd’hui, peut-être même irréalisable après les sacrilèges destructions de la Révolution française, s'accomplira sans doute un jour, partiellement du moins. Cest pour aider à cette patriotique entreprise que nous mettons au jour de la publicité le Pouillé dressé à Aire sous l'administration de Mer de Gaujac. Jaloux de sauver d'une destruction possible ce qui reste du Livre Rouge d’Aire, nous donnerons à la suite le Pouillé latin du même diocèse probablement rédigé au XIV® siècle, mais pas avant, car nous y trouvons la mention de bénéfices fondés au XIIF siècle et au commencement du XIV° siècle. Pour rendre notre étude plus complète encore, nous plaçons en tête de ce travail un autre dénombrement du diocèse d'Aire au XVI° siècle. Sa: composition a été pénible et laborieuse, on le comprendra facilement, car il s'agissait de puiser ses éléments épars dans le Proces Verbal envoyé à Charles IX en 1572, au lendemain des ravages des Huguenots dans le Tursan, la Chalosse, le Marsan et le Gavardan. Nous nous sommes livré à cette patiente recherche avec tout l'amour d'un fils bien né qui cherche à connaître l’histoire du diocèse de ses ancêtres. Nous espérons y avoir réussi, et, bien que cette table n'ait pas un caractère officiel, nous espérons au moins qu’elle aura le mérite de la fidélité.
Des martyrs courageux, se sont dressés devant nous lorsque, marchant à la suite des commissaires chargés d'étudier l'Etat des Eglises du diocèse d'Aire en 1519, nous avons parcouru avec eux la route suivie par les Protestants à travers deux cents clochers détruits ou ruinés par la torche ou le marteau des Calvinistes. Pouvions-nous taire les noms glorieux de tant de victimes et passer sous silence la longue série des Eglises détruites ou ruinées par les Religionnaires ? Nous ne l'avons pas cru. Le tableau du diocèse d'Aire est donc suivi de deux paragraphes où! ces souvenirs se trouvent consignés. Nous abordons ensuite le Powille de Mgr de Gaujac auquel nous ajoutons d’abondantes notes historiques.
Nous ne cacherons pas notre pensée : notre but serait en publiant ce modeste travail de donner l'idée d'une Afstoire diocésaine d'Aire par paroisses, aux studieux et savants chercheurs de ce beau pays aussi riche en hommes érudits qu'en souvenirs glorieux.