‹ Pouillé du diocèse d'AireChapitre 19 sur 39 · GONE · texte numérisé non relu

GONE

Pontis alti. Ecclesia St Vincentii de Ronsaco de dono Episcopi. L'Evêque d'Aire et l'abbé convinrent en 1624, du patronage alternatif. « Grangia de Leüy monasterii Pontis alti. » Ce sont les termes du même livre rouge. Le granger paye 12 sols morlans d’archif pour la dixme.

MAILLERES (1)

Le commandeur d'Ossen payait sept sols, dix deniers morlans d’archif et le quart de la dime allait à l'évêque, suivant le livre rouge.

La MOLERE (2) S. Pierre. | M. L'EvÈQUE.

Martien et Nonère sont annexes de la Molère.

MASEROLLES (3) S. Martin. M. L'Evéque qui prend

toute la dime.

La scolanie est de 1920 fr. de rente.

BAUSSE (4) S. Médard.… Le chapitre d'Aire.

Jean de Besaudnn payait autrefois dix sols morlans pour la dixme inféodée de Bausse.

Le curé payait 25 sols morlans pour la visite.

(1) Maillères est une jolie petite paroisse du canton de Labrit. Les produits agricoles y abondent. On y compte 452 habitants. La grange ou église paroissiale ou vicairie perpétuelle de Maillères et ses annexes de St-Remy et Carro, en l’archiprêtré de Roquefort, dépendent de l’abbaye de St-Jean de la Castelle, ordre de prémontrés. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

(2) L'église paroissiale de Lamolère et ses annexes de Martiens et de Nonères étaient à la collation de l’évêque d’Aire. Nous ignorons si les églises de ces localités furent brûlées par les Huguenots. Le Procès-verbal de Charles IX, conservé dans nos archives, n’en dit rien. Mais il nous apprend que M. Dufourc était curé de Lamolère en 1572. Il était peu édifiant, paraît-il. Il ne résidait pas dans la paroisse; il-n’y faisait pas faire le service religieux, au grand scandale de tous les peuples, et cependant 24 en tirant tous les fruits même depuis la fête de Ste-Catherine.

(3) Le service religieux de Mazerolles avait régulièrement repris en 1571, bien que son église eût été saccagée par les protestants en 1569. Les Huguenots n’y laissèrent pas un seul livre et en emportèrent tous les ornements. Le jeune de Bordenave avait le titre d’Escolain de Mazerolles en 1572. Il en faisait faire les fonctions par un délégué.

(4) St-Médard de Beausse porte actuellement le nom de Beaussiet et se trouve dans le canton de Mont-de-Marsan. Les Huguenots, maîtres de Mont-de-Marsan, se ruèrent sur cette paroisse (1569-70), brûlèrent son église et en emportèrent les livres, les cloches et les ornements. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

ND ee MONT-DE-MARSAN (1) St Madeleine. M. L'Evéoue par échange

Mons marcianus avec l'abbé de | S. Sever N. de Pontac.

Sur la jonction de la Douze et du Mieudou.

Les dames Bénédictines de Bordeaux avaient prétendu mal à propos, en 1690 la nomination à cette cure à cause de l'union du pieuré du Mont-de-Marsan à leur manse.

Il y a au Mont-de-Marsan ,un collége de Barnabites (2), fondé par Bernard de Sarriac, évêque d’Aire. Le couvent des Cordeliers fut fondé en 1240. Celui des dames de Ste Ursule en 1638.

Il y a dans l’église paroissiale une confrérie ou consorce de Prêtres, dits du Martyrologe, sous l'invocation de Ste-Catherine. Ils sont à présent au nombre de dix. On prétend qu'il y en avait autrefois 16 ou 18. Cette consorce a plusieurs fondateurs ou bienfaiteurs : Jean de Lartigue, Bour-

A) Mont-de-Marsan, chef-lieu du département des Landes, remonte au VII siècle, d’après les anciennes chroniques [788). Ce ne fut d’abord qu’un fort destiné à tenir en respect les Gascons. La place s’étendit ensuite. — Les Normands l’assiégèrent en 841 et la démolirent de fond en comble. Le soc de la charrue fut, dit-on, promené sur ses fondements par ces farouches barbares du Nord. Pierre vicomte du Marsan, etc., rebâtit la ville en 1141. Toujours française de cœur, cette noble cité fut une des premières, dit Jean Chartier, à arborer le drapeau de la France en 1451. Aussi, tous les souverains semblent avoir pris plaisir à s'arrêter dans ses murs. Nous citerons les rois de Navarre, Charles IX, Louis XIV, Napoléon Ier, les princes de la maison d'Orléans, Napoléon IT. — Les anciennes chroniques de Mont-de- Marsan, découvertes dans l'épaisseur d’une muraille en 1810, lorsqu'on démolissait le Vieux-Château, ont été scellées dans une urne en terre et déposées dans les fondations de la préfecture.

On ne compte plus les sièges soutenus par cette place admirablement établie au confluent de la Douze et du Midou. Une de ses époques les plus funestes, fut, sans contredit, celle de l’occupation protestante. Les Huguenots y firent des ravages épouvantables : le clocher de l’église paroissiale fut brûlé, les cloches volèrent en éclats ; les autels, orgues, livres et ornements, tout fut broyé. Pierre Doat, prêtre, résidait dans la paroisse en 1571 et y administrait les sacrements pour le compte de Gabriel de Mesmes, clerc, titulaire de cette cette église, qui faisait ses études à Toulouse. Montluc délivra Mont-de-Marsan des compagnies de Montgomery en 1569. {Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

(2) Il fut fondé en 1556. La ville s’obligea à payer aux Barnabites une pension de 2,400 livres disent les registres de lhôtel-de-Ville de Mont-de-Marsan. Mont-de- Marsan possédait plusieurs autres maisons religieuses et, en particulier, un beau couvent de Claristes dont le Procès-verbal de Charles IX nous raconte les malheurs au temps de la persécution calviniste. « Le monastère des religieuses de Ste-Claire qui étaient dans ladite ville à été brûlé et entièrement démoli et rasé par lesdits de ladite religion (protestante) ; aussi le monastère et couvent des frères de l’Observance en ladite ville a été brûlé et démoli ou peu s’en faut, tous les livres, ornements, joyaux et autres brûlés, pillés, emportés par lesdits de ladite religion, de sorte que les religieux y sont demeurés pauvrement et les services divins comme font aussi les pauvres dames religieuses qui demeurent à une maison en ladite ville. » {Archives du Grand Séminaire d’Auch.). | |

MA Let

geois du Mont-de-Marsan, fonda le Save Regina que ces prêtres chantent le samedi soir devant l'autel de Notre Dame. Il légua pour cet effet certains fiefs dans les paroisses de Baussen et de Lucbardés. Cette fondation faite le 23 mars 1502, fut approuvée le 14 décembre 1506, par Bertrand d'Abadie, évêque d’Aire le 43 juin 1548. Marguerite de Castera veuve de Bernardon de Lartigau, ajouta d’autres fiefs et Jacques de S. Julien, évêque d’Aire, autorisa ce don le 28 août 1580. Les papiers et les titres de ces prêtres furent brûlés ou enlevés en partie par les Religionnaires le 27 décembre 1561. Les prêtres disent tous les jours ouvriers une messe, qu'on appelle de l'aube, l'été à cinq heures et l'hiver à six. Leurs revenus consistaient en rentes, mais en 1697 ils aliénèrent en faveur du sieur La Salle-Canenx pour 36 I. de fiefs qu'ils percevaient en Canenx et Cachen et cet acquéreur leur promit 50 fr. de rente. Les places du martyrologe valent environ vingt livres par an à chaque prêtre.

La commanderie de Bessaut, — Beata Maria Magdelena de Bessali — du revenu de 4,500 fr. est unie à l'hôpital du Mont-de-Marsan. M. de Nesmond, archevêque de Toulouse, en avait été titulaire. Le commandeur était confirmé par l'Evêque et nommait à la cure d’Artegos. Hospitali de Bessali. Præœceptor confirmatur per Episcopum. Ecelessia d’'Artesos Patronum habet præceptorem de Bessali. Gette commanderie était de l'ordre de $. Jacques ou de spadu rubea. Des laïcs l'ont possédée. Elle était fondée pour recevoir et nourrir les Pèlerins qui faisaient le voyage de Compostelle.

Il est marqué dans l’état de 1680 qu'il y a dans les églises du Mont-de- Marsan les prébendes de Toujas, de Busquet, de St Eloi et de Ste Barbe et celle de Groulies.

L'état de 1577 nomme celle de Ste Catherine et de Ste Madeleine, celle de l'hôpital du Bourg, de Bosca, de Sault, de Regalet, de la Louvere, de Gontaut, de Jugua et de Corpore Christi. Gette dernière subsiste actuellement. Il y a encore celle de Prugues de 450 I. de rente.

Le 29 décembre 1664, Jean de Broca, curé de Canenx, fonda une prébende dans l'hôpital du Bout du Pont. Le pourvu doit dire deux messes et faire deux fois la semaine la doctrine aux malades et les visites chaque jour. M. de la Salle-Canenx en est patron. Le fondateur donna 2,600 fr. pour la dotation. Le revenu est de 130 fr.

La principale fondation qui soit dans l’église du Mont-de-Marsan est celle des douze prébendes de Bresquit. IIS sont obligés de dire l'office

ES APO LR des morts et une messe haute tous les jours. Ils ont chacun trois chariots de trente sacs de grain, qu'ils tirent des dîmes de Campagne, de St-Vidou et de S. Médard de Bausse. Ils ont en commun 180 fr. de rentes obituaires. Ils payent 3 L. 15 d'archif à M. l’Evêque. Par transaction passée le 10 janvier 1663 avec le clergé du diocèse, ils doivent être exempts de toutes charges envers le roi. Ogier de Bresquit, chancelier de Foix, les fonda par un testament du 10 février 1467. Le baron de Hontanx est patron, il descend de Grathien d'Athous, qui épousa Marie de Bresquit, fille de Martin, frère d’Ogier, fondateur, lequel n'ayant point eu d'enfants, Marie fut son héritière.

J'ai lu une plainte portée à M. de Fromentières, évêque, d’Aire, sur ce que le dimanche des Rameaux on faisait une station dans le cimetière du Mont-de-Marsan, alors on découvrait la croix et tous l’adoraient. On se récriait que cette coutume était contraire à celle de toutes les églises du monde. Je ne sais si elle subsiste encore au Mont-de-Marsan. Le délateur ignorait que c’est l'usage du diocèse de Paris et de tout l’ordre: de Prémontré et qu’au retour de cette procession, la croix reste découverte, qu'il semble qu'elle représente plus particulièrement le triomphe de J. C.

Pietat ou N. Dame de Compassion est une grange simple de l’ordre de Prémontré, près le Mont-de-Marsan, du patronage de l'abbé de $. Jean. Elle vaut 200 fr. de rente.

S. PÉ-DU-MONT (1) S. Pierre. M. L'Evéque.

Stus Petrus de Monte.

La scolanie vaut 600 fr. de rente. La cure ne donne que moitié moins.

S. Genest (Sts Genuis) en est l’annexe. De dono episcopi. Le droit de visite monte à 30 sols morlans. Recipit episcopus a clavigeris ecclesiæ de Sto Genio pro decima decem solidos morlanorum et duas partes totius decimæ.

(1) La paroisse de St-Pé-du-Mont appartenait à l’abbaye de S. Sever, mais l’évêque d’Aire y avait le droit d'institution. C’est aujourd'hui un gros bourg de plus de 1,500 âmes aux portes de Mont-de-Marsan dont il constitue un important faubourg. Les catholiques ayant fui devant les hordes protestantes au XVI siècle, l’église fut ruinée par les calvinistes qui pillèrent tout et s’emparèrent des ornements, joyaux et autres biens. (Archives du Grand Séminaire d'A |

La paroisse de S. Pé fournit à Mont-de-Marsan ses premiers habitants après la destruction de cette ville par les Normands. C'est en souvenir de ce bienfait que la cérémonie de l'installation des maires de Mont-de-Marsan s’est faite exclusivement dans son église, jusqu'à ces derniers temps.

Faire

UCHAC (1) | S. Pierre. M. L'Evique.

Uchacum ou Uracum.

C'est à ce bénéfice qu'est attaché le titre d’archiprêtré de Marsan. La Scolanie est de 250 fr. de rente.

Les annexes sont S. Avit, S. Jean Doux, Parenties et Ceseron.

S. Avit, de dono Episcopi in qua dominus episcopus recipit quartam partem decimæ. Il y a une scolanie distincte de celle d'Uchac, laquelle est du revenu de 150 fr. Le droit de visite montait à 50 sols morlans.

Ceseron de dono Episcopi et recipit quartam partem.

ARCHIPRÊTRÉ DE MAULÉON (2)

AYZIEUX (3) S. Michel. M. L'EvÊque.

Verluz et Le Pin sont ses annexes. La visite pour Ayzieux et le Pin est de 30 sols morlans et M. l'Evêque y perçoit le quart de la dîme.

(1) Jean Gabriel de Mesmes, simple clerc, étudiant à Toulouse, avait le titre d'archiprêtre d'Uchac en 1572. Il y faisait administrer les sacrements par un prêtre. Jean de Bordenave, clerc aussi, était Escolain dans la même église, mais il n’y résidait pas non plus. Un délégué remplissait ses fonctions auprès du vicaire de l'archiprètre. Uchacq, dans le canton de Mont-de-Marsan possède une population d'environ ‘700 . habitants. L’Archiprétré de Marsan s'appelait aussi archiprêtré d'Uchac parce que le bénéficier d'Uchac était archiprêtre de Marsan,

ARCHIPRÊTRÉ DE MAULÉON

(2) Le P. Labat, S. J. a publié des notes fort intéressantes sur l’Archiprétré de Mauléon de 1756 à 1757, dans la Revue de Gascogne, (T. XIV, p.355 et suivantes.) Nous y prendrons divers renseignements sur les paroisses de cette partie de l’ancien diocèse d’Aire.

(3) Ayzieux dans le canton de Cazaubon (Gers) eut un martyr au temps des . guerres de Religion. Ce fut messire Guillem Latané, prêtre, dont tous les biens furent enlevés. La paroisse d'Ayzieux et son annexe du Pin avaient retrouvé un pasteur après les troubles calvinistes, mais le service divin s’y faisait pauvrement, car leurs églises, brûlées par les protestants, avaient perdu tous leurs ornements, livres, joyaux, etc. Les gens du vicomte de Moncla emportèrent les cloches, En 1751, Jean Lavay était curé d’Ayzieu depuis le 16 mars 1756,

ne D ide ‘LA BASTIDE (1) Notre-Dame. M. L'Evéque.

d'Armagnac. ; BASTIDA armaniaci.

Il y a une prébende à présent appelée de S. Orens et autrefois de La

Marque. On lit dans un registre des insinuations du diocèse d’Aire de

1578, que ladite année Augier La Marque en avait vendu le patronat :

à Guillem de $S. Orens, marchand.

M. l'Evêque perçoit à La Bastide d’Armagnac, selon le livre rouge, la moitié de la dîime et le quart de l’autre moitié. Les annexes sont Ste Anne et Argelouse. Le droit de visite d'Argelouse est de dix sols morlans. Item recipit episcopus a clavigeris ecclesiæ d’Argelosa pro decima octo solidos morlanorum et quartam partem totius decimæ.

LA

(1) La Bastide, comprise dans le Gers depuis 1790, fut de nouveau annexée au diocèse d’Aire par décret du 5 février 1850. Cette ville, d'environ 1,800 âmes, bâtie sur les bords de la Douze, appartient au groupe de places de défense élevées par les rois d'Angleterre pour assurer leurs possessions d'Aquitaine contre les légitimes entreprises des rois de France. On croit qu'Edouard Ier, d'Angleterre, est le fondateur de cette bastide qui fut heureuse d'échapper au joug étranger en 1453 pour rentrer dans l’obéissance des souverains de France.

La Bastide eut particulièrement à souffrir de la rage des hérétiques en 1569-70, amsi que ses annexes d’Argelouse et de Ste-Anne. Leurs églises saccagées, perdirent vitraux, autels, ornements, livres, joyaux, etc. Les Huguenots brisèrent trois cloches. Jean Menon, prêtre, gouvernait cette paroisse en qualité de curé en 1751. M. St-Martin, son vicaire, administrait les sacrements à Argelouze. La dîme des novales, petite redevance décennale prélevée sur les terres incultes récemment mises en culture appartenait aw curé à Argelouse. Il en était de même de celle du linet. Le soin des autels de l’église: de La Bastide était confié à quelques bonnes familles, comme c’est encore Pusage dans: Armagnac. Le sieur Dubasta entretenait la chapelle de St-Martin ; le sieur de Ribère:

était chargé de celle de St-Jean-Baptiste et la chapelle de St-Joseph appartenait au sieur

Came de St-Aigne. L'église de La Bastide possédait la confrérie de Saint Eutrope. Mgr de Gaujac, évêque G’Aire, supprima l’école mixte de La Bastide en 1751.

N'oublions pas de dire que la paroisse de La Bastide, devenue protestante au temps des guerres de religion, conserva longtemps son temple calviniste, mais finit par se convertir, vers 1684, grâce au zèle de son seigneur, Jean Guy, marquis de Maniban. Ce fervent catholique fit donner une mission à La Bastide, par le P. Au- gustin de Narbonne, capucin, qui prêcha avec un succès prodigieux. Jean-Guy de Maniban suivait exactement les saints exercices, on le voyait ensuite sur la place publique, heureux de distribuer aux néophytes des catéchismes, des livres et autres saints objets. On eût dit un père au milieu de ses enfants. Ses derniers mots étaient, quand il les quittait ‘« Mes amis, si vous voulez être heureux, craignez Dieu, adorez

et aimez Jésus-Christ dans le saint sacrifice de la messe, et honorez le roi votre maitre et le mien. » Les conversions furent générales et si sincères, qu'il ne reste d'autre souvenir du protestantisme en ce moment à La Bastide, que quelques noms bibliques perpétués jusqu'à nos jours, /Revue de Gascogne. T. XXI, p. 167.) |

Page 1