PL US
CASTEX (1) .S. Martin M. r'Evèque.
ESTANG (2) Notre-Dame. M. L'Evèour.
Stannum | |
Il y a quatre églises dans Estang, Notre-Dame qui est la paroissiale, S. Pierre, S. Barthélemi, S. Martial.
Le droit de visite est de 40 sols morlans.
La fabrique d'Estang paie 20 sols morlans d’archif à M. l’'Evêque qui prend en outre la moitié de la dixme.
Il y avait en 1573 un prébendé de la confrérie de N. D. Il y a aujourd'hui une prébende de requiem du revenu de 30 sols de laquelle les confrères du S. Sacrement sont patrons. ;
{1) Le château de Castex, bâti sur un mamelon qu'on dirait élevé de main d'homme, occupe l'emplacement d’une antique forteresse chargée, dit-on, de protéger la bastide de Monguillem. Les plus nobles familles se sont succédé pendant plusieurs siècles dans cette délicieuse résidence. Les ducs de Roquelaure en furent eux-mêmes longtemps seigneurs. Aujourd'hui, le château de Castex appartient à M. le comte d’Abbadie de Barrau, bien connu dans le monde savant par ses heureux essais d'améliorations agricoles et ses eaux-de-vie de premier ordre.
Pierre Bosquat administrait la paroisse de Castets au lendemain des troubles religieux (1572) et y faisait les offices divins. Hélas ! le service laissait à désirer : les bandits calvinistes avaient brûlé l’église par l’ordre du capitaine Paulin qui fit enlever les ornements, livres, joyaux, un calice, une custode d'argent, un « pluvial de taffetas blanc, cape et diacres et autres de camelot noir. » Trois cloches furent fondues par les religionnaires. — Bernard Diris, prêtre, était curé de Castex en 1751, depuis cinq ans. — (Archives du Grand Séminaire d'Auch. — Revue de Gascogne. — T. XIV, p. 366-67). — La valeur totale de la dîime à Castex s'élevait à 700 fr. environ, en 1751.
(2) Les seigneurs d’Estang, petite cité du canton de Cazaubon (Gers), jouèrent plus d’une fois des rôles importants au moyen âge. La Révolution fit de cette ville un canton qui passa plus tard à Cazaubon auquel elle dispute encore ce titre en ce moment. Quatre églises s’élevaient dans cette paroisse ; toutes eurent à souffrir du passage des Huguenots qui emportèrent tous les ornements, joyaux, livres, tombés sous leurs mains. Les églises de S. Martial et de Notre-Dame furent brûlées et ruinées. Les gens des vicomtes Paulin et Caumon enlevèrent quatre cloches à Notre-Dame, une à S. Martial et à S. Pierre deux. La fabrique paya une rançon de cent livres tournoises et la maison du curé fut livrée au pillage. Lui-même condamné à cent écus sol de rançon devint prisonnier des Huguenots après avoir perdu tous ses meubles, son linge et ses livres.
Trois prêtres d’Estang eurent la gloire du martyre : Pierre Darqué, mourut à Estang même, un certain Lacourtoisie tua Jean de Lacroix à Toujouse et Martin Terride alla
érir au Vignau. Un autre prêtre du nom de Martin Terride était curé de la paroïsse en
012, et Pierre Roby dut en 1754. Mgr de Gaujac, évêque d'Aire, dans sa tournée pastorale en 1751, destitua le maître d'école d’Estang et- proscrivit l'usage d'allumer des feux sur la route de l’église, pratiqué par le benoît, la nuit de la Toussaint au jour des morts. Estang se rendait en pèlerinage à l'oratoire de la Préselle le jour de S. Barthélemy. Les familles Bié, Duprat, Duhaget et Destouet veillaient au som des chapelles de l’église Saint-Martial d'Estang. ae
Le pouillé dit que la paroisse d'Estang payait 20 sols morlans d’archifs à l’évèque d’Aire. On désignait sous ce nom d’archifs, d'après certains auteurs, les droits réservés à l’évêque sur la dîme perçue par les feudataires. Ces droits étaient d’un cinquième, d’un quart, même d’un tiers de la dime. Cette expression et ce droit se sont maintenus jusqu’en 1792. | : |
| LG ee GEU (1) | | M. L'Evioue.
Gelu.
C'était autrefois l'annexe de Betbedé. Le droit de visite pour Bethedé et Geu était de 50 sols morlans. |
GOUSSIES (2) S. Vidou. M. L'EvÊQUE, Stus Victor.
Goussies et S. Vidou étaient autrefois deux paroisses distinctes et le droit de visite montait à trente sols morlans, selon le livre rouge. Item recipit a Senhorono de Barta pro decima de Ste Victore septem solidos et sex denarios de morlanis et quartam totius decimæ Sti Victoris. Item a domino de Bresquidivo pro decima de St Victore quindeeim solidos morlanorum. Item a clavigeris Ecclesiæ de Gossies pro decima quam tenent decem solidos morlanorum.
FRECHOV ou (3) S. Pierre : L'abbesse de Ste FRECHES | Claire de Mont- Mazxinum de-Marsan.
S. Laurent de Beyries de Victrino est son annexe. Ces deux églises payaient 50 sols morlans pour le droit de visite. L'ancien monastère de Ste Claire était dans le lieu appelé Vicérinum.
(1) L'église de Geu, autrefois comprise dans l’archiprêtré de Roquefort eut beaucoup à souffrir des fureurs protestantes. Le capitaine Thoras, au mois de septembre 1559, la fit piller et dépouiller de tous ses ornements. Ses bandes emportèrent même les cloches. Pierre Labadie fut nommé curé de cette paroisse, en 1743. L’archif y était des 5/8. |
(2) L'église paroissiale de Goussies et son annexe S. Vidou étaient à la collation de l’évèêque d’Aire. Bertrand Sorbets, qui demeurait à l'évêché en fut longtemps curé avant les guerres de religion. Après les troubles calvinistes Antoine Ducasse, chanoine d’Aire, en devint titulaire. Le service divin y était rétabli en 1572, mais pas avec l'éclat d’autrefois. L'église de Goussies avait péri dans les flammes, tous ses ornements et joyaux étaient tombés au pouvoir des Huguenots qui emportèrent deux pluviaux de satin rouge avec les diacres et cape, une custode et deux calices d'argent, les linges et les corporaux. Goussies payait 1/5 de sa dîime au monastère de La Sauve. Les revenus du curé valaient 456 livres à S. Vidou et Goussies. L'église de cette dernière paroisse, sous le vocable de S. Barthélemy, était l’objet de nombreux pèlerinages le jour de la te Fe apôtre. (Archives du Grand Séminaire d’Auch. — Revue de Gascogne, T. XIV, p. 371. :
(3) Le Fréchou, paroisse importante du canton de Villéeneuve-de-Marsan où l’on ne
compte pas moins de 1,000 habitants eut un grand couvent de Claristes dès le milieu du XII siècle, grâce aux libéralités de Raymond, évêque d’Aire, qui leur donna des
UE E IUME LACQVI (4) S. Hignan. L'asré de La Castelle. Le droit de visite est de 95 sols morlans.
M. l’'Evêque est patron d’une prébende à Lacqui du revenu de 200 fr. L'état de 1577, l'appelle la Prébende de Georgi mal servit.
LIAS (2) S. Martin. M. L'EVÈQUE.
Linariæ.
La dixme est toute à M. l'Evêque. Le droit de visite est de 50 sols morlans.
Marquestau est l'annexe. Marquistallum. M. l’Evêque y prend toute la dixme. Le droit de visite allait à 20 sols morlans.
dîmes considérables. Selon quelques historiens, François I‘ aurait épousé la princesse Eléonore dans ce monastère. D’autres placent cette cérémonnie dans la maison des Religieuses du même ordre, à Mont-de-Marsan. Quoi qu’il en soit, une inscription gravée sur le frontispice de l’ancien manoir des Templiers à Tampoy (paroisse du Fréchou) a longtemps rappelé aux touristes que le roi de France a couché jadis dans cette résidence. Le corps intact d’une religieuse encore vêtue de son costume a été découvert à Beyries. Il ne reste plus de cette Maison qu'une masure ornée de belles fenêtres de la Renaissance.
L'église du Fréchou, la maison et la chapelle de Beyries, d’abord pillées par les bandes protestantes qui s’emparèrent des ornements, livres et joyaux, devinrent ensuite la proie des flammes. Aussi Raymond Descoubet ayant été nommé à cette cure en 1572, y lit le service deux dimanches seulement. Ne pouvant pas vivre dans la paroisse, il s’en alla. (Archives du Grand Séminaire d’Auch). — Jean-Pierre Sentets, prêtre, fut curé du Fréchou en 1742. Il se trouvait encore là en 1752 et était à la portion congrue soldée par le décimateur principal.
(1) Lacqui dans le canton de Villeneuve-de-Marsan offre à la fois l'aspect de la Lande et de l’Armagnac. Les troupes de Montgomery visitèrent cette paroisse où elles brûülèrent la moitié de l’église et enlevèrent les calices, ornements, joyaux et une cloche. La maison du curé fut elle-même l’objet de leur rapacité. Le sieur de Cap, titulaire de cette paroisse en 1572, venait y prècher quelquefois, rais il en avait confié l'administration à un prêtre. Lacqui était une grange dépendante de l’abbaye de St-Jeande-la-Castelle. On y trouve Gabriel Teallier pour granger, en 1751. (Archives du Grand Séminaire d'Auch). — (Revue de Gascogne, Tome XIV, page 371).
(2) Lias est actuellement dans le diocèse d’Auch, doyenné de Cazaubon. — La famille de Lustrac qui à fourni plusieurs personnages marquants a sa résidence dans cette paroisse victime des fureurs protestantes au XVI siècle, comme Marquestau et les autres localités voisines. — Lias et Marquestau eurent leurs églises brûlées par les soldats de Montgommery à l’époque de l’occupation de Condom par ce célèbre condottiere. Les Huguenots emportèrent tous les livres, joyaux et ornements. — Messire Molin, prêtre, faisait péniblement le service de la paroisse en 1571, Pierreseul te en était curé en 1751, depuis l’année 1745. (Archives du Grand Séminaire
Auch).
LRQ MAULÉON (1) Ste-Madeleine. M. l'ÉVÊQUE.
Archiprétré Malus leo.
Item a Vitali Amanevo de Bederissano pro decimis quas tenet triginta quinque solidos morlanorum et quintum decimæ de Maloleone, quia dividitur in duodecim partes.
(1) Mauléon est une grande paroisse de plus de douze cents habitants dans le canton de Cazaubon (Gers). On y voit encore le magnifique emplacement du château féodal -des anciens seigneurs de ce fief important possédé dans les derniers siècles par la famille si puissamment riche des Maniban dont les domaines immenses faisaient de ces gens de robe des feudataires considérables. Il reste peu de chose des splendides constructions du manoir de Maniban si vaste et si beau que le peuple répète encore £e qui se disait dans l’Armagnac au XVIIT siècle : « Il y avait autant de fenêtres au château de Maniban,
u’il y à de jours dans l’année. »
L'histoire de la baronnie de Mauléon serait très intéressante si l’on pouvait retrouver les archives de ce fief. M. Ducruc, curé-doyen de Cazaubon, l’a étudiée sous certains aspects dans la Revue de Gascogne. (Années 1880-81). La baronnie de Mauléon devint marquisat, le 9 juin 1682. (Revue de Gascogne, Tome XXI, page 166).
Mauléon était un des grands archiprêtrés du diocèse d’Aire. Un différend étant survenu entre Garsias, évêque d’Aire etl’abbé de St-Sever, en 1330, c’est Peregrin de Baquerisse, chanoine d’Aire et archiprêtre de Mauléon, qui fut chargé de le vider, dit Montlezun dans l'Histoire de la Gascogne, Tome V, page 198. — La baronnie de Mauléon passa à la famille d’Armagnac vers l’année 1450. Deux siècles plus tard, les Huguenots commandés par le vicomte de Monela et le capitaine Paulin, font subir toutes les horreurs de la guerre à cette malheureuse paroisse. L'église de Mauléon est entièrement pillée. Le capitaine Capin achève sa ruine en emportant « les ornements, livres, joyaux et autres biens, comme un pluvial de damas rouge avec les capes et diacres, autre cape de velours noir, une custode, trois calices d'argent. » — Le capitaine Capin, protestant, brûla aussi l’église de St-Canne dont il prit les livres, les cloches, une custode d'argent et les ornements. (Archives du Grand Séminaire d’Auch). Jean de Lanusse, prêtre, licencié en droit, avait le titre d’archiprêtre de Mauléon, en
1571, mais le service yétait fait par ses vicaires. L'administration de la paroisse était confiée à Pierre de Barry de Puyol en 1751. Quelques années avant cette date, Friot, archiprêtre, avait légué (1739) 178 I. de rente aux pauvres des cinq églises dépendantes de Mauléon. — La paroisse de Mauléon faisait chaque année un pélerinage à S. Roch de Breschan conjointement avec d’autres églises. — Les églises de Breschan et de Lannemaignan, annexes de Mauléon, furent traitées avec autant de rigueur que celle de . Mauléon par les troupes calvinistes du vicomte de Moncla et du capitaine Paulin qu s’emparèrent de tous leurs biens. Bertrand de Lannelongue, prêtre de Moncla, trainé en captivité par les protestants, fut massacré dans le Béarn. Un huguenot d’Estang, nommé Laforent, s'était donné le triste rôle de s'emparer de sa personne. (Archives du Grand Séminaire d’Auch. ;
Labeyrie, compris parmi les annexes de Mauléon dans le Pouillé, dépendait de Soubère au XVIe siècle. Cette église, saccagée par les protestants en 1569-70, perdit tous ses biens, joyaux et ornements. Ce n’était plus qu’une chapelle succursale de Mauléon, à l'époque de la visite pastorale de Mgr de Gaujac (1751), ce qui ne l’empêchait pas de disposer de belles ressources pour son église. Labeyrie avait en caisse une avance de 3,900 fr. en 1751. Les fidèles de St-Canne se rendaient tous les ans en pêlerinage à N.-D. de Labeyrie, comme la foule des environs visitait Sfe-Redegonde de St-Canne le jour de la fête de cette église. (Revue de Gascogne, T. XIV, p. 373.)
Tachouzin, actuellement annexe de Lannemaignon, n’est pas nommé dans le Procèsverbal de Charles IX. Puisque nous venons de mentionner encore Lannemaiïignan,
OL PACE Item a Domino de Ste Candido pro decimis de Sancto Candido et de Monte Guillelmi (Monguillem) quas tenet decem solidos morlanorum. Il y avait en 4577 une prébende dite de Mauléon. 7 Les annexes de Mauléon sont S. Canne (Stus Candidus), S. Püierre-
Breyxan (Verissanum), Labeyrie, S. Jean-Baptiste de Lanemenhant, Techousenx où Taychosin.
M. l’'Evêque prend le quart de la dime de S. Canne et la fabrique lui paye l’archif de douze sols morlans.
MAUPAS (1) S. Jean. M. L'EvÈQue.
Malus Passus.
Le droit de visite est de 30 sols morlans. La fabrique paye huit sols morlans à l'Evêque qui perçoit le quart de la dixme. |
Il y a une église dédiée à S. Rock dans laquelle on célèbre la messe de paroisse à l'alternative.
disons que Mgr de Gaujac, lors de sa visite pastorale dans l’Armagnac, put lire Sur l’arceau de la chapelle Ste-Quitterie, une inscription trilingue, qu'on y voit encore de nos jours, grossièrement tracée par le pinceau du badigeonneur. En voici le texte, si nous avons bien lu après le P. J. Labat :
L'an mil. cinq c. quaranta Et quata et Le VIe de Septembre Quo tego Joannes hiber Coronidem hujus sacelli Divi Joannis Baptistæ
(1) La seigneurie de Maupas passa successivement, depuis le XIVe siècle, des mains de la famille Labarthe à celles des d’Aydie pour devenir plus tard un des domaines de la maison de Toujouse. Le nom de Maupas {mauvais pas), a donné lieu à de hardies affirmations. On à dit que ce lieu tirait son appellation des brigands qui en avaient fait leur repaire. Les auteurs de ces étranges origines étymologiques feraient bien de produire des pièces à l’appui. Jusque-là nous croirons que le nom de Maupas vient tout simplement de la difficulté que devait éprouver le voyageur à traverser ce pays, hérissé de mille difficultés : accidents de terrain, divers cours d’eau, forêts immenses, etc.
L'église de Maupas, adossée à une superbe tour carrée, bâtie en pierre de moyen appareil, subit les sacrilèges attentats des Huguenots, à l’époque où Montgomery, après avoir dévasté Aire, se jeta sur l’Armagnac pour aller rejoindre l’armée des Princes, de l’autre côté de la Garonne. Elle fut brûlée en partie et perdit tous ses ornements. Bertrand Fargues, protestant du lieu, poussa l'audace jusqu’à s'emparer des biens de la Fabrique qu’il détenait encore deux ans plus tard, de sorte qu’il était impossible de faire des réparations urgentes dans l’église dont Guillem Cazalets, prêtre prébendier d’Aire, était titulaire. IL y faisait excercer le saint ministère par un vicaire. Les revenus de la Fabrique étaient de 410 fr. en 1751 et l’église possédait alors une avance de
— 80 — | MONTCLA (1) S. Michel. M. L'Eväque.
Mons Clarus. Q
Le droit de visite est de 40 sols morlans. Item recipit medietatem decimæ in parochia de Monteclaro et de Lopnerio. Larrey ou Larrée, St Quitteria de Lopnerio est annexe de Moncla.
MONTGUILLEM (2) S. Pierre. LE SEIGNEUR du lieu. Mons Guillelmi.
Le droit de visite est de 20 sols morlans.
Eyres est annexe de Monguillem.
2,300 fr. (Archives du Grand Séminaire d’Auch. — Revue de Gascogne, T. XIV.) — Le sieur de Serraguet et Henriette de Toujouze avaient légué, chacun une rente de 50 fr. pour obits annuels. L'église Saint-Roch, de Maupas, recevait tous les ans les pélerins d’Estang et de Lias. La valeur totale de ladîme à Maupas, en 1751, s’élevaitau chiffre de 1,700 fr. Raymond Dussaut était curé de cette paroisse depuis l’année 1744.
(1) Moncia, paroisse du canton de Cazaubon (Gers), était de peu de valeur pour le marquis de Maniban, seigneur de Mauléon, qui devait partager ce revenu avec le seigneur de Larée. Ils ne possédaient là qu'une vaste prairie venant d’un ancien étang. Les églises de Moncla et de Larée, tombées aux mains des Huguenots en 1569-70, furent brülées par les gens de la compagnie du vicomte de Moncla et du capitaine Beaudignan qui enlevèrent tous les ornements, livres et joyaux. Le service divin s’y faisait péniblement en 1571, par un vicaire délégué par Antoine. Béon, chanoine de la cathédrale d’Aire, titulaire de la paroisse. Alexandre Mariet administrait la paroisse de Moncla depuis l’année 1743, lorsque Mgr de Gaujac fit sa tournée pastorale de 1751.
(2) La paroisse St-Pierre de Monguillem remonte à une époque très reculée. Elle était
connue sous le nom de Sé-Pierre de Berovie, avant le XIVe siècle, comme nous l’apprend l'acte de paréage conservé aux archives communales de Villeneuve-de-Marsan, LE
En 1319, « magnifique et puissant seigneur, Guillaume de Montagut, capitaine général du duc de Guienne d’une part et noble Annet de Toujouse d'autre, firent paréage et sossiété en certaines forêts, terres, landes et pasqueraiges qui sont au terroir de la paroisse de St-Pierre de Berovie…. de faire une nouvelle ville. » Cette ville fut bâtie, en effet, par les soins d’Edouard III, roi d'Angleterre, et d'Annet de Toujouse en 1319. Elle prit le nom de Monguillem. C’est à tort que le Pouillé donne pour étymologie au nom de Monguillem mons Guillelmi. Notre bastide, loin de s’élever sur une hauteur, se développe dans une délicieuse plaine. Il ne faut donc pas voir mons dans sa première syllabe, mais plutôt mon ou moun [mien). Guillaume de Montagut, déjà seigneur de la bastide de ce nom, aura peut-être parlé de la nouvelle ville comme de son Guillem, par opposition avec son Tagut (?). Montagut comme Monguillem est bâti dans la plaine. Quoi qu’il en soit de cette étymologie qu’on ne doit pas, suivant nous, aller puiser dans le latin, le roi d'Angleterre signa son paréage de Monguillem avec le seigneur Annet de Toujouse « dans le château de Bayonne le mercredi immédiatement après la feste de la sainte-Trinité, l’an de grace mille troys cents dix-neuf, régnant Philippe roy de
MONTAIGUT (1) S. Laurent. LE SEIGNEUR du lieu.
Mons acutus.
Montaigut était autrefois de patronage épiscopal. Le changement en est venu de l'accord passé en 1427 entre Arnaud Guillem d’Aydie, évêque d’Aire et noble Pierre Arnaud de Béarn, chevalier, seigneur de Pujo, co-seigneur de Montaigut.
France et Eudon roy d'Angleterre et duc de Guienne. » (Archives de Villeneuve-de Marsan.) Les seigneurs de Toujouse conservèrent jusqu’à la révolution le titre de
co-seigneurs de Monguillem en paréage avec le roi. La ville de Monguillem payait chaque année en signe de vasselage, au seigneur de Toujouse, «une livre de poivre payable et portable Le jour et fête de St-Cristophe dans sa maison seigneuriale qui est dans ladite ville de Monguillem. » La nomination des jurats de Monguillem n’appartenait pas au seigneur de Toujouse, comme voulut le prétendre un jour celui-ci, « mais le tableau au nombre de six personnes devait lui être présenté. IL avait le droit d’en rayer une, la communauté une autre, et les autres quatre étaient nommées par le roi. »
Une inscription romane, gravée dans le mur septentrional de la nef de la belle église gothique de Monguillem, nous apprend que cet édifice fut bâti en 1471 par des ouvriers habiles dont ce texte lapidaire nous conserve les noms. Les bandes de Montgomery s’abattirent sur Monguillem, pillèrent les livres, ornements, joyaux et brûlèrent la voûte de l’église. Le service divin s’y faisait cependant en 1571 par le soin des vicaires délégués par Jean Requail, curé non résidant. La paroisse possédait une confrérie de Ste-Catherine spécialement chargée des funérailles. Henri de Ladoue, prêtre, nommé curé de Monguillem en 1731, s’y trouvait encore à l’époque du passage de Mgr de Gaujac dans l'archiprêtré de Mauléon (1751).
La seigneurie de Monguillem a successivement appartenu aux familles de Toujouse, de Maniban, de Poyanne, de Montmorency qui la possédaient en paréage avec le roi. (Archives du Grand Séminairè d’Auch. — Archives de Villeneuve-de-Marsan. — Archives du comte de Maquillé à Péhau (Bourdalat-Landes.)
(1) Montaigut, aujourd’hui annexe du Bourdalat, canton de Villeneuve, est une des
lus anciennes bastides d’Armagnac dont l’acte de fondation trouvé dans les papiers de a famille Poyanne, est conservé dans les archives particulières de M. Carsalade-du-Pont, curé de Mont-d’Astarac (Gers). La maison de Montaigut joua longtemps un rôle prépondérant. Nous avons vu un de ses membres, Gulllaume, entrer en paréage avec Annet de Toujouse pour la fondation de Monguillem.
L'église de Montaigut a subi diverses transformations, il est facile de le voir en l’étudiant de près. Le chevet roman est très ancien. Les protestants infligèrent aux églises de Montaigut et de St-Jean-de-Maucap ou du Bourdalat toutes leurs violences habituelles. François Thalazac et son frère, tous deux protestants, enlevèrent à ces églises une custode, deux calices d'argent, deux pluviaux de satin rouge, les capes et diacres (dalmatiques), brûlèrent les livres et le linge, renversèrent les autels et brisèrent tous les meubles du curé. Puis ils mirent le feu à la maison des fabriqueurs (de la Fabrique) de Montagut. Jean Mimbielle, prêtre, installé dans la paroisse en 1571, après les troubles, y faisait les offices divins, mais avec beaucoup de difficulté, car tout manquait. Il ne pouvait même pas payer les décimes et satisfaire à ses autres charges. {Archives du Grand Séminaire d’Auch.) Les fermiers du seigneur de Bellegarde, seigneur
S. Jean de Malocapite ou du Bourdalat était en 1583, annexe de Montaigut. Le livre rouge fait mention en la même qualité de Gaube dessus, Gauba Superna, Gaube Jussan. La fabrique de Gaube Jussan paye l’archif de 12 sols morlans et la quarte de la dixme est à M. l'Evêque. | re
Le droit de visite était taxé pour Montaigut à trente sols morlans. Il y avait en 1577 une prébende nommée de Chicon.
M. l'Evêque prenait les trois quarts de la dîme selon le livre rouge et la fabrique lui payait deux livres de cire pour l’autre quarte.
S. ETIENNE ou St-ESTEPHEN (1) | M. L'Evque.
Stus Siephanus.
Garbonel d’Argelouse payait cinq sols morlas d'archif pour la dixme
de Montagut, y percevaient tous les fruits depuis trois ans. J.-B. Lagardère administrait la paroisse en 1751 depuis l’année 1749. Sous Mgr de Gaujac, évêque d’Aire, l’archif payé par M. de Poyanne, patron de la cure, consistait en trois chars (Kas) et demi de
on fronment et en quatre chars de seigle. A la même époque, le revenu fixe de la Fabrique était de 180 à 200 fr. à Montaigut et de 400 à 509 fr. au Bourdalat. Aussi Montaigut avait en caisse une avance de 1,450 fr. et Le Bourdalat une avance de 6,400 francs.
Montaigut et le Bourdalat, bien que faisant partie des Landes, appartiennent au groupe des riches paroïsses qui composent le Bas-Armagnac si fàâmeux par ses produits en spiritueux de premier ordre.
Gaube, autrefois annexe de Montaigut, dépend maintenant de Perquie, dans le canton de Villeneuve-de-Marsan. Outre le magnifique château de M. de Muret, on remarque dans cette paroisse un bel étang et de riches vignobles. Les seigneurs de Gaube paraissent dans l’histoire au XIV‘ siècle. Henri IV visita, dit-on, plusieurs fois l’ancien manoir de cette noble famille.
(1) Saint-Estephe ou Saint-Etienne du Frêche est un poste dont la topographie offre un aspect assez curieux, dit le P. 3. Labat. S. J. (Revue de Gascogne. T. XIV, p. 379). On trouve dans cette paroisse une antique demeure du nom de Hibera et plus loin une côte dite de Cinna monte entre deux anciens postes militaires dominant un bumble cours d’eau. Des objets de campement ont été relevés dans le terrain du poste méridional. On voit une fontaine et des mosaïques enfouies dans le sol de celui du nord. Les ruines de la modeste église de St-Etienne gisent à côté de ces débris galloromains. :
Saint-Etienne avait un titre curial. Feillede ou Houeillède en était annexe au XVF siècle lorsque les protestants ravageaient l’Armagnac. Ces deux églises ne furent pas épargnées par les calvinistes qui en brülèrent les portes après avoir tout détruit ou pillé à l'intérieur : ornements, livres, joyaux. (Archives du Grand Séminaire d’Auch). Le curé étant tombé entre les mains du capitaine Mesmes fut condamné à une rançon de 250 écus, sans compter les meubles et le bétail qui était lui-même d’une valeur de 250 écus. Augier de Remazeille, prêtre, administre cette paroisse en 1571. Jean Boulin s'y trouve de 1744 à 1751 et au-delà. Les revenus du curé sont alors de 1156 livres à St-Etienne et à Feuillède. Feuillède offrait les prémices à son curé, c’est-à-dire environ le soixantième de son revenu. (Revue de Gascogne. T. XIV, page 370).
PE ieRe
de S. Etienne et la fabrique payait dix sols morlas et la quarte de la
dixme.
Homéde et Fullede ou Oulhede sont annexes de St-Etienne. M. l'Evêque prend toute la dixme à Oulhède.
SOUBERE ou (1) Ste-Foy. M. L'Evéque.
SOUBABERE Silvapulchra
Cucassé (cucassarium) annexe de Soubère de dono Episcopi.
TOUYOUSE (2) La Nativité de M. L'EVÈQUE.
Toyosa. Notre-Dame.
Guillas est son annexe.
(1) Soubère, dans le canton de Cazaubon (Gers), n’est plus paroisse ; elle est annexe de Mauléon. Au XVT° siècle elle avait deux annexes Cucassé et Labeyrie. Elle n’a conservé que la première au XVII siècle, la seconde est passée à Mauléon.
La paroisse de Soubère et ses annexes furent cruellement maltraitées par les Huguenots en 1569-70. Les protestants, conduits par Sansot Capin, de Cazaubon, saccagèrent et ruinèrent les trois églises, enlevèrent les livres et brûülèrent les ornements « en particulier trois pluviaux de satin et damas avec les garniments de capes et diacres et trois calices d'argent. » Baraillon {Géraud de) prêtre et curé de Soubère, tomba deux fois aux mains des hérétiques. Le seigneur de Maupas lui imposa une rançon de 200 fr. et le capitaine Baudignan une de 300 fr., sans compter qu'ils lui prirent 6 têtes de bétail, 150 chèvres ou brebis, 19 charrettes de blé et de millet. Ils couronnèrent leurs excès en mettant le feu à sa maison. Martin Chamoune, prêtre de la même paroisse, perdit de son côté 80 charges de froment, une charrette de millet, 22 barriques de vin, 17 brebis ou chèvres. |
Géraud de Baraillon avait repris l’exercice de son saint ministère en 1571 « mais non si honorablement qu'avant les troubles. » Clair Labeyrie, prêtre, administra cette paroisse de l’année 1798 à 1751 au moins. La dime du curé valait 1750 fr. année ordinaire et 2680 fr..par année bissextile. Le fonds de réserve s'élevait à 1000 fr. à Soubère et à Cucassé à 553 fr. sous le pontificat de Mgr de Gaujac, évêque d’Aire. (Revue de Gascogne, T. XV, p. 379. — Archives du Grand Séminaire d’Auch.)
(2) Toujouse est en ce moment une riche paroisse du canton de Nogaro (Gers). Les nombreux documents que nous possédons sur cet antique fief ne nous permettent pas d’en dire l’origine. Nous pouvons du moins affirmer que cette seigneurie existait au XITe sièclé puisqu'on trouve à cette époque des chevaliers de Toujouse dans les revues et sur les champs de bataille. Annet de Toujouse fonda Monguillem en 1319. Un de ses parents, son frère, peut-être, Annesance de Toujouse, évêque d’Aire, tomba huit ans plus tard (1327) sous les coups de douze gentilshommes marchant à la suite de Tercèle de Baulat qui l’assaillirent sur la route de Nogaro à Aire, dans le territoire d'Espagnet dont l’église possède encore son tombeau. Le concile de la province d'Auch, tenu à Marciac le 6 décembre 1329 décerna contre les meurtriers de ce prélat les peines énoncées dans une constitution du concile célébré au même endroit en 1290. (Le Clergé de France, T. I. page 496).
Les seigneurs de Toujouse exerçaient des droits nombreux sur leurs vassaux. Citonsen quelques-uns. Ils avaient la basse, moyenne et haute justice sur leur baronnie et celle de Lagoarde, comprise dans Toujouse. Le droit d’instituer les juges leur apparte-
MARNE Je ne sais si Guillas ne serait pas La Garda (A) dont il est parlé dans le livre rouge en ces termes. Capellanus de Toyosa et de Bascaudet et de Garda dependentibus payait 40 sols morlans pour le droit de visite. Ces trois églises étaient de dono episcopi et quoique La Garde et Bascaudet soient marqués être de l’archiprêtré du Plano ce ne serait pas une raison. Bascaudez est sans église. Le seigneur perçoit toute la dime et la situation du lieu fait que les habitants ne sont d'aucune paroisse, d'aucun parlement, ni d'aucune généralité.
nait. Eux seuls pouvaient les destituer. Le choix des consuls se faisait par eux ; chaque famille leur devait annuellement quinze deniers par journal de terre et une paire de poules. Ils avaient le droit de mayade « qu'est le mois d'août de chaque année et pendant ledit mois personne ne pouvait vendre du vin ni de la viande sans permission du seigneur. » Chaque habitant leur devait trois journées de travail et était tenu de fare guet eb garde autour du château sur la réquisition du seigneur. (Archives de Yilleneuve-de-Marsan, — D ]
La baronnie de Toujouse passa, comme celle de Monguillen, dont elle ne fut jamais séparée, de la maison des. Toujouse dans celle des Poyanne et fut plus tard la propriété des Maniban et des Montmorency.
Une belle église ogivale greffée sur une église romane beaucoup plus ancienne servait de chapelle au château qui n’en était séparé que par la tour du clocher quadrangulaire qui présente à sa base une large ouverture en tiers-point où l’on voit encore les traces de la porte de la cour d'honneur.
Malgré les murailles qui la protégeaient, l’église de Toujouse n’échappa point aux Huguenots qui lui prirent tous les livres et les ornements par les ordres de Capin de Cazaubon. Bernard de Lestremau, du Houga, pilla les biens du curé. Ses complices furent Lasserre ou Lou Casso, d'Aire de la compagnie du capitaine Mesmes. Celui-ci rendit les objets enlevés moyennant 100 écus.
Comme nous l'avons dit en parlant d’Estang, c’est à Toujouse que Jean de Lacroix, prètre, fut assassiné par un religionnaire du nom de Lacourtoisie. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.) |
Philippe Gayres, prêtre et chanoine de Condom, possédait le titre de curé de Toujouse en 1571. Un vicaire exerçait pour lui le saint ministère. La paroisse était administrée en 1751 par Bertrand Duboscq, pourvu de son titre depuis l’année 1739.
L'église Ste-Foy de Toujouse était l’église paroissiale, mais il y avait à quelques centaines de mètres du château seigneurial, une chapelle de secours nommée Guilhas où le curé de Toujouse conduisait la procession le jour de la Fête-Dieu. Il y faisait d’autres processions pour les fruits de la terre, les samedis de mai et d’autres jours encore. (Revue de Gascogne, T. XIV, p.375.)
Lorsque Mgr de Gaujac, évêque d’Aire, fit sa visite pastorale à Toujouse, le curé de cette paroisse n'avait ni fille de service ni confessionnal. Le prélat qui aimait à noter avec éloge le te point, se plaignit du second. En vain le prêtre dit-il qu'il confessait à Guilhas, il dut céder. L’évêque admira du moins à Toujouse un fort beau tableau de l’'Assomption. (L'Archiprétré de Mauléon.) |
(1) Guillas n’est certainement pas La Garde. Guillas était une chapelle de secours, nous l’avons déjà dit, et se trouvait entre Toujouse et Montlezun. La Garde formait un groupe de maisons sur les limites du Bourdalat, en un point diamétralement opposé à Guillas. On peut lire pour s’éclairer sur ce point, les divers papiers et parchemins con— cernant les seigneurs de Toujouse. Ils sont déposés aux archives de Villeneuve-
de-Marsan. On y verra que La Garde constituait une baronnie qui fut vendue le 4 août 1476 par Bernard de Bidouze à Lubat de Toujouse. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.}