‹ Pouillé du diocèse d'AireChapitre 22 sur 39 · ARCHIPRÊTRE DU PLAN · texte numérisé non relu

ARCHIPRÊTRE DU PLAN

(1) L'église paroissiale de Le Plan était le siège de l’archiprêtre, et avait pour annexes St-Gein et Lusson, dit le Pouillé. Aujourd’hui la paroisse a pris le nom de Pujo-le-Plan : elle compte une population de plus de 1,000 habitants. St-Gein n’est plus son annexe et Lusson dépend de Perquie. C’est au Plan que les évêques d’Aire possédaient une magnifique résidence dont les richesses tentèrent au XIVe siècle (1331) l’avidité de quelques gentilshommes décavés connus sous le nom de Bâtards dans l’histoire. Garsias, évêque d'Aire, fut assailli par eux dans son palais le 14 février 1331 et se vit sur le point de partager le triste sort de son prédécesseur, Anesance de Toujouse à Espagnet. Il eut la vie sauve ue bien qu'il fût tombé entre les mains de ses ennemis conduits par le bâtard du Béarn. Mais sa garde eut pee à souffrir des violences des assaillants ; son château fut livré aux flammes et ses biens devinrent la proie des pillards. (Manuscrit d’Aire, cité par Montlezun.)

En 1569, raconte l'Histoire de la Gascogne, T. V, les troupes de Montgommery firent elles-mêmes irruption dans cette résidence épiscopale et livrèrent tout au

illage et à la destruction. Puis, ce fut le tour des églises du Plan, de S. Gein et e Lusson. Les soldats d'Estopignan et de Gamardés les livrèrent à un horrible pillage : croix, calices, tout disparut. Un certain Peyrolis, Lasserre, de Grenade et d’autres bandits enlevèrent également les ornements de l’abbaye de La Castelle, conservés au Plan. Pierre de Mora avait repris l’exercice de ses fonctions dans cette paroisse au lendemain des troubles (1572). Porta, vicaire du Plan, à l’époque du passage de Montgommery, fut fait prisonnier et massacré par les religionnaires. {Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

Outre l’église, S. Gein possédait une chapelle qui fut saccagée par les protestants. La famille Cousseillat conserve dans ses propriétés une partie considérable de ce modeste monument. Les seigneurs de Saint-Gein figurent honorablement dans les annales d'Aquitaine. On les trouve sur les champs de bataille dès le XIIT siècle. Cent ans plus tard, Pierre Seguin de S. Gein, compte paul les juges chargés de venger les violences des bdtards contre Garsias, évêque d’Aire.

(2) Arthez est paroisse dans le Pouillé au XVIIT siècle ; ce n’était qu’une annexe de Perquie en 1569. Arthez, à 4 kilomètres de Villeneuve-de-Marsan, son chef-lieu de canton, est une des plus riches communes du Bas-Armagnac, partiellement enclavé dans les Landes. Des vignobles magnifiques y donnent d'excellentes eaux-de-vie très recherchées du commerce. Les belles propriétés léguées au Grand Séminaire d’Aire

ar M. de Larmand se trouvent à Ognoas, annexe de cette paroisse. Les seigneurs ’Ognoas membres de l’antique cour del Sers, ont longtemps administré ces belles

prieuré, selon le livre rouge, lequel dépendait de l’abbaye de la Seuve. Ste Eleugarie d’Oignoas et Ravignan.

Le curé paye dix sols morlans pour la visite.

BASCONS (1) S. Amand. M. L'Evéque.

de Vasconibus. Stus Amandus.

L'église de Bascons est assez belle pour que plusieurs personnes aient cru qu'elle était la cathédrale des évêques des Gascons qu'on aurait dû

plutôt appeler évêque des Bascons.

Le curé donnait 50 sols morlans pour la visite.

La fabrique paye vingt sols morlans d’archif et par dessus cela lévéque perçoit Le quart de la dixme.

Ses annexes sont Artassenx et Boustenx. |

Ariassenx. De dono episcopi. Le droit pour la visite est de 45 sols morians. |

Boustenx (S. Médard de). M. l'Evêque y perçoit toute la dime.

terres. Une foule de leurs papiers ont pris place dans nos archives où les historiens peuvent les consulter.

Perquie, paroisse importante du canton de Villeneuve-de-Marsan (933 habitants) possédait une église fort ancienne et un superbe château, résidence de la noble et puissante famille de Ravignan fâmeuse dans les fastes de l’histoire du moyeu-âge et irès importante de nos jours. Le célèbre Jésuite de ce nom, émule des plus grands orateurs contemporains et mort en 1858, après avoir illustré la chaire de Notre- Dame de Paris, appartient à cette maison si dignement représentée encore aujourd’hui dans notre Parlement.

Les Huguenots saccagèrent, en 1569, les églises d’Arthez, de Perquie, d’Ougnoas, après les avoir dépouillées de toutes leurs richesses, ornements, joyaux, etc. Bernard Mallet, prêtre, était curé d’Arthez en 1571. Il habitait Cothures, mais il venait quelquefois administrer les sacrements dans sa paroisse confiée à des vicaires comme avant les troubles religieux. (Archives du Grand Séminaire d'Auch.)

(1) Bascons, aujourd’hui commune importante du canton de Grenade, devrait son nom aux Basques ou Vascons descendus dans nos plaines vers la fin du VF siècle, dit M. Dorgan. Il est difficile de résoudre cette question, déjà posée dans le Powillé. Ce qui est bien sûr, c’est que cette paroisse et Bostens, son annexe, conservent des traces nombreuses du passage des envahisseurs qui se sont disputé nos pays. Bosiens n’est plus annexe de Bascons,pas plus, du reste, que Artassenx. Ces deux églises sont paroisses de nos jours. Les archives du château de Pau signalent Arnaud, seigneur d’Artassenx parmi les feudataires dont la comtesse Eléonore, mère et tutrice de Gaston-Phœbus, comte de Foix, reçut l'hommage à Mont-de-Marsan, le 27 février 1343. On voit au T. VI, de l'Histoire de Gascogne, Arnaud Guillem de Bascons figurer parmi les gentilshommes présents au renouvellement de la fondation du monastère de Gabarret (1181). Le Procès-verbal de Charles IX rappelle à son tour les malheurs de Bascons et de ses annexes au XVT siècle,

Au début des troubles, les soldats catholiques du capitaine Lateulade emportèrent de Bascons « un pavillon de satin jeaune, » ceux du capitaine Laguière prirent une cape de satin rouge. Les Huguenots conduits par le vicomte de Monela s’em— parèrent d'un calice en argent, d'une Cape de satin rouge et d’une croix. Darquamine

| Due | BAUSSIET (1) L'Assomption de N. D. L'arré de S. Sever. Le droit de visite est de 45 sols morlans.

La scolanie donne 220 fr. de rente.

BENQUET (2) S. Jean. Les Barnabites de Montfs de-Marsan auxquels la cure est unie.

Le patronage appartenait autrefois à M. l'évêque qui prend la quarte de la dixme et perçoit trente-cinq sols morlans de visite.

Philippe de S. Jean payait aux termes du Livre rouge une conque de froment et demi-conque de millet pour la dixme qu'il percevait dans la paroisse de Benquet.

Il y a une prébende dite de Brostet ou de Brostaret du revenu de 250 fr. à laquelle noble Rolland de Chamberron, seigneur de Benquet, nomma en 1580. L'assiette de 1573, fait mention de la prébende de

et Pierre de Saubon, de Grenade, enlevèrent un calice en argent doré et firent payer à la fabrique de l’église une rançon de 26 écus. Une belle croix en argent, valant 150 fr., devint la proie d’Arnaud Guilhem de Lasserre, de Jouannot de Tauzin, dit Ouvé, de Grenade, tandis que Menjon, Barthélemy de Vincens, Pierre Vincens et un certain Baron s’emparèrent des cloches, du vin, du millet et des troupeaux de la fabrique de l’église de Bascons.

Arnaud Guillem, de Meillan, prêtre, administrait la paroisse en 1571 avec le concours de deux vicaires comme avant la persécution protestante. Louis de Ste-Marie, escolain, faisait remplir ses fonctions par un délégué. Ses devoirs consistaient, en qualité d’escolain, « à aider au curé à dire la messe et à administrer les sacrements. » (Archives du Grand Séminaire d'Auch.)

Jean Dartet, clerc, était lui-même escolain de Bostens dont l’église pillée par les protestants avait retrouvé son pasteur en 1571. C'était Jean de Serres, prêtre.

(1) Baussiet était de l’archiprêtré de Marsan ou d’Uchac au XVI" siècle. C'est maintenant une commune du canton de Mont-de-Marsan. L'abbé de St-Sever présentait à cette cure dont l'institution appartenait à l’évêque d’Aire. Les protestants ruinèrent l'église de Baussiet et emportèrent tous les ornements, joyaux et autres biens. Bernard Palomat, prêtre, avait le titre de curé de cette paroisse en 1571 ; Raymond de Cozaubiel aidait à l’administration des sacrements en qualité d'Escolain.

(2) Benquet, dans le canton de Grenade, est un gros village de plus de 1,200 habitants. St-Christophe est son annexe, maintenant, autrefois c'était N.-D. de Mauco qui se trouve enclavée dans le canton de Mont-de-Marsan. Le magnifique château du comte Papin, homme considérable pendant la révolutiou française, attire chaque année un certain nombre de touristes dans la paroisse de Benquet. Ses seigneurs ont donné des évêques à l'Eglise, de courageux soldats à la patrie. Garsias de Benquet illustra le siège de Bazas par ses ouvrages — il a écrit la Chronique Religieuse de Bazas — et par sa vertu. Les rois d'Angleterre tentèrent plusieurs fois de gagner ces chevaliers à leur cause et les princes de Navarre mirent à profit leurs talents. L'église de Benquet et celle de N.—D. de Mauco furent brûlées par les hordes de Montgomery qui emportèrent tous les livres, les ornements et même les cloches. Les gens du capitaine Dartigues, qui tenaient garnison à St-Sever, massacrèrent Jean Pescay, prêtre et d’autres personnes. Le service avait repris dans la paroisse en 1571 ; elle avait, alors, Jean Bédouret pour curé.

Ie AR A Brostet et de la première et seconde de Benquet. On ne trouve que eelle

de Fauchas dans l'assiette de 1680.

. Notre-Dame de Mauco est annexe de Benquet.

BORDÈRES (1) S. Sigismond. L'apgé de la Castelle. Borderiæ. | Priam y était autrefois unie. L'abbé de La Castelle nomme un de ses religieux à la cure.

Le droit de visite est de 30 sols morlans.

BOUGUE (2) S. Canne. M. l'Evêque qui per- Boga. Stus Candidus. çoit le quart de la dime.

Le droit de visite est de 20 sols morlans.

Il y a un prieuré de 2,000 fr. de rente que Bonhomme, évêque d’Aire,

mit en 41135 à l’abbaye de la Seauve majeure. |

L’assiette de 1573 fait mention du premier et second prébendé de Bougue, et de celui de Besaudun. On ne voit que le prébendé de Verdot qui soit employé dans celle de 1680.

(1) Bordères, dans le canton de Grenade, était à la présentation de l'abbé de La Castelle et à l'institution de l’évêque d’Aire. Un religieux, Prémontré de La Castelle, en était curé en 1572 et y faisait péniblement le service divin, car les soldats de Montgomery avaient brûlé l’église paroissiale et celle de Priam, après les avoir dépouillées de tous leurs livres et ornements.

(2) La seigneurie de Bougue, dans le canton de Mont-de-Marsan, joua jadis un rôle important. L'histoire signale souventles divers membres de cette maison connus sous le nom de Maignos-Ferbaux. Ce qui rehaussa l’éclat de cette paroisse, ce fut l'établissement d’un prieuré dans sa juridiction. Arnaud, évèque d’Aire en était . titulaire en 1234. Il dépendait, comme celui de Gabarret de la Sauve-Majeure. Les protestants s’abattirent sur cette paroisse, en 1569, et lui firent subir toutes les horreurs de l'invasion la plus barbare. Le capitaine Mansiet se jeta avec ses compagnies Sur, la maison connue sous le nom de Comte, imposa une rançon de 300 I. à Raymond de Lalom, prêtre, qui l’habitait et le mit ensuite à mort ainsi qu'un de ses neveux, prêtre comme lu. Le fanatique huguenot s’empara de tous les meublés de ces malheureux ecclésiastiques et les traina à sa suite. Louis de Ste-Marie, prêtre, reparait comme curé à la tête de cette paroisse en 1572.

Le nom de Bougue à fort intrigué les étymologistes. Le P. Labat, à propos de lawilla

de St-Cricq-de-Marsan, se demande dans la Revue de Gascogne, T. XIV, p. 65, d'où serait venue l'appellation de Bougue à cette paroisse ? Aurait-elle été apportée par une colonie de ces Boïens qui peuplèrent le pays de Buch, dans le Médoc, sous le nom de Boëi ou Boghi (Bag, terribles) et dont les descendants sont appelés les Boudges, aux environs de Bordeaux ? Nous nous contentons de répéter la question, sans nous arrêter à la pensée de la résoudre,

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