‹ Pouillé du diocèse d'AireChapitre 28 sur 39 · DURO FORTE · texte numérisé non relu

DURO FORTE

C'était autrefois l'annexe de Las Beseilhes dont l’église est ruinée. Un prémontré dessert cette église.

L’assiette de 1573, y marque les prébendes première et seconde de Lescalle, de Guiron et de Bayonne. Celle de 1680 n’emploie que celle de Simon ou de Siméon.

(1) Dadou ou Fargues, sur la rive droite du Bahus fait partie du doyenné de St-Sever. Le service religieux avait repris dans cette paroisse en 1572, après le passage des protestants qui ruinèrent entièrement l’église et la dévalisèrent de tous ses ornements. Jean Bresquedieu Frechan était alors curé de Dadou où il faisait sa residence. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

(2) Duhort, belle paroisse du canton d’Aire, à une population d'environ 1,300 âmes. Cette église fut bâtie par les religieux prémontrés de l’abbaye de La Castelle située sur son territoire, en un lieu qu'on nomme aujourd'hui le château de St-Jean. Les Bénédictins avaient d’abord possédé l’abbaye de la Grâcc-Dieu ou de St-Jean-de-la- Castelle. Lorsque les Normands l’eurent détruite au IX° siècle, elle fut rebâtie sur un autre point par Pierre, fondateur de Mont-de Marsan, qui la donna aux Prémontrés de la Case-Dieu en 1163, dit Dom Brugelles dans sa Chronique du diocèse d’Auch. Ce fut Vital, abbé de La Castelle qui fonda Duhort en 1831 et appela le roi en paréage. (Archives du Grand Séminaire d'Auch, Catalogue des abbés de La Case-Dieu.} Un religieux, frère Arnaud de Sons, faisait le service paroissial de Duhort en 1571, avec la plus grande difficulté. Les Huguenots avaient entièrement brûlé l’église sous les ordres de Montgommery. Livres, cloches, joyaux, tout était tombé en leur pouvoir. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.)

GEUNE (1) S. Jean, autrefois Notre-Dame. De dono episcopi. GENOA. Tamen dominus de castro novo | impedit. L.R.

Les annexes sont S. Martin Bedarede où l'on ne dit la messe qu'aux fêtes annuelles et dont la fabrique est de 400 fr. de rente et GARROS où il n'y a plus d'église. Le-seigneur du lieu.présente à la cure de Geune. La ville fut bâtie en 1318 dans la paroisse de $S. Jean de Pantanhan. On démolit en 1747 l’église de Pantanhan. On y trouva la tête d’un curé tout entière. |

Le droit de visite pour Geune et Bederede est de 30 sols morlans.

L'église de Geune fut pillée et brûlée par les ordres de Jacques de Castelnau, seigneur de Geune, calvinistre très ardent. La Tour de cette église fût bâtie en 1454, selon l'inscription qui est autour du pilier. M. de Sariac, évêque d’Aire fit démolir le temple de Geune en vertu d’un arrêt

(1) Une foule de titres importants concernant Geaune, petit canton des Landes, riche en souvenirs historiques, se trouvent heureusement conservés dans les Glanages de Larcher, à Tarbes (Bibliothèque de la ville.) Nous citerons (T. XVI, p. 71 à 76), l'extrait des titres de la ville de Geaune, p. 76 à 90, le paréage de Geaune, p;:91, les

Privilèges de Charles V pour Geaune ; p. 95 à 100, les Privilèges de Louis XII pour

Geune, la suite des archives de Geaune, p, 102 à 120, {es coutumes de Geaune (1318), p. 125 à 132, le serment de fidélité des habitants de Geune à Charles de Castelnau, 146 à 151, les Privilèges donnés à la ville de Geune par le comte de Foix et de Bigorre. Enfin au T. XVI, p. 116 à 120 on peut lire un Extrait d'une copie de l’ancien livre des libertés et privilèges de la ville de Geune, appelé le Livre Rouge, lequel à été enlevé aux archives, dit Larcher, auteur de la savante compilation des Glanages manuscrits qui portent son nom. ‘ !

La ville de Geaune accepta le joug des anglais à l’époque des sanglants demélés de Philippe-de-Valois avec Edouard IL, roi d'Angleterre (Rymer). Mais Montlezun rapporte au T. IL, p. 227, de son Histoire de Gascogne, que le comte de Foix reprit cette place sur les Anglais en 1337 et y mit une garnison française. Cette paroisse eut cruellement à souffrir des brutalités du seigneur de Castelnau, protestant de la pire espèce qui, après avoir ruiné l’église de Geaune, détruit ses autels et chapelle, pillé les livres, les ornements et enlevé les cloches s’empara des revenus de la cure dont il disposa en faveur de Duplantier, son serviteur. Aussi l’église n’avait-elle plus de service religieux en 1572, bien que Michel Pilet, prêtre de la juridiction eût reçu le titre de pasteur de la paroisse. Un. cordonnier de Geaune, Forze, membre de la fabrique, pour sauver quelques ornements au moment des troubles religieux, en remplit deux coffres et les transporta à l'hôpital où il les croyait en sûreté. Mais le huguenot Jean de Lion, procureur du seigneur de Castelnau, s’en étant aperçu les réclama impérieusement et les garda à son profit. Son frère, surnommé le Petit Lion eut aussi sa part de ce butin sacrilège.

Le Pouillé en parlant des massacres des protestants à Geaune, passe sous silence les noms des bourreaux et victimes. RADDAIDTAAS ils appartiennent à l’histoire. Le capitaine Ladoue tua le religieux d’Orthez à quelques pas de la ville. Le prébendé rançonné s'appelait Jean Dusséré : il versa le prix de sa rançon entre les mains du ‘capitaine Lassus et de Lucmau de Buanes. Simon Duplantier, valet du seigneur de Castelnau creva un œil à frère Ramond Claret. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.}

du conseil. Il faisait sa visite et les religionnaires chantaient lorsqu'il passait. Il le prit pour un affront, et jura la ruine du temple. Il était auprès du presbytère où est le jardin d’un paysan, du côté du nord, au-delà de la rue.

L'assiette de 1573, fait mention de six prébendes de la Zrinité, de celle de Labadie ou de Pédabadie autrement de Premau ou de Pedemau, de Campagne, de Ste-Catherine, d'Aucos, de Teaube, de St-Blaise, de S. Orens, de Menaud de Loubie, de Piranne, d’Autanne, de Parabère, de St-Nicolas ou de Lespitau. Cette dernière est du patronnage des claviers de la confrérie de $. Nicolas ou de S. Jacques.

L’assiette de 1680 n’emploie que les prébendes de Pedemau, de l'Espitau et de S. Orens. |

Les prébendes de la Trinité furent fondées en 1483 par Jean de Laur, évêque de Bayonne, prieur du Mont-de-Marsan, que je crois avoir été curé de Geune. Les prébendés nomment en cas de vacances. Il faut être du lieu et on dispute même au curé le droit d'éligibilité. Le fondateur, est, dit-on, enterré dans la chapelle de ces prébendes, qui n’ont presque plus de revenu. Le dénombrement du seigneur d’Aberon diocèse d’Auch, porte qu'il payait 60 fr. de rente au seigneur de Castelnau au nom des dits prébendés. |

Il y a à Geune un couvent d'hermites de S. Augustin. L'église en était magnifique, la communauté nombreuse. Il n’y a plus que trois religieux. On assure que cette maison était fondée avant la ville et que les religieux possédaient presque tout le terroir. Si cela était, le paréage serait une fable. Le comte de Mongomeri fit brûler le couvent, le prieur fut tué dans le cloître, un religieux du couvent d’Orthez fut tué près de la ville. On creva les yeux à un père convers. Le puits fut comblé de corps des religieux. Un prébendé de la ville fut arrêté et rançonné à cent francs.

LACAJUNTE (1) S. Michel. M. L'EVÈQUE.

S. Martin.

(1) Lacajunte, petite paroisse du diocèse d’Aire, appartient au canton de Geaune. L'office divin ne se faisait que très imparfaitement en 1571 dans cette église détruite ar les Huguenots. D'ailleurs, tous ses ornements avaient disparu en même temps que es cloches et un vicaire y administrait les sacrements pour le compte d’un certain Laffargue, prêtre, qui avait été marié et qui n’agissait lui-même que comme procureur de Toulouse, chanoine de Toulouse qui n'avait jamais paru daus la paroisse. (Archives du Grand Séminaire d’'Auch.)

S. LOUBOUER (1) Deata Maria. M. L'Evêque.

Stus L2borius où

Lobarius.

La visite est de 20 sols morlans.

L'abbaye séculière ou collégiale est assez ancienne pour qu’on assure que dès le XIIe siècle un pape adressa un bref à l'abbé de $S. Loubouer.. (On ignore l’époque de sa fondation). Abbatia St Loborii, ubi non est certus numerus canonicorum. Il y a huit chanoines outre l'abbé et un sacristain. Le service ne s’y fait entier que durant six mois. Le chapitre élit l’abbé qui tire deux portions de revenus et nomme durant quatre mois, chaque chanoine ayant ensuite son mois. L'abbé et le chapitre payent cent sols morlans à l’évêque pour le droit de visite.

Pierre Ducasse, abbé de S. Loubouey étant mort en mai 1571, le chapitre élut Bernard de Gamarde, le seigneur de Roissy fit entendre au roy, ainsi qu'il conste du procès-verbal de Charles IX, que cette abbaye était de nomination royale et Sa Majesté y établit des économes.

(1) St-Loubouer est une belle paroisse du canton d’Aiïre, possédant une population d'environ 1,200 habitants. Trois établissements d'eaux minérales sulfureuses et ferrugineuses y attirent chaque année un grand nombre d'étrangers et de malades. L'abbaye fondée à une époque très reculée dans cette paroisse, la rendit célèbre. En 1320, le roi d'Angleterre demandait de pressants subsides à l'abbé de St-Loubouer. En 19571, cette Maison n'avait que huit chanoines, un abbé ou doyen et un sacristain. L'élection de l'abbé appartenait aux chanoines. Cependant à la mort de Pierre Ducasse au mois de mai 1571, un certain de Duisse voulut faire entendre que le roi avait le droit de nomination du doyen. Castets, de Mont-de-Marsan, fut député auprès du souverain pour le désabuser et Bernard Gamardés, prêtre, bachelier en droit fut élu par le chapitre.

Les protestants assouvirent toute leur rage contre cette abbaye où se disait tout l'office canonial six mois de l’année, tandis que pendant les six autres mois on supprimait le chant des matines. Leservice divin s’y faisait après les troubles de 1569-70, mais avec des difficultés sans nombre et dans une masure. L'église, le cloïtre et la maison abbatiale avaient été compléter ent rasés. On ne distinguait plus ni la forme mi le plan des anciens bâtiments tant le ravage fut épouvantable. Les auteurs de ces horribles destructions furent Sancet, d’Aire, qui prétendait agir au nom des princes, Martin Christophe, Armagnac Thomas, de Cazaux et Pierre Labarrière. Avec l’abbaye, disparurent dans les flammes, les livres, ornements, joyaux et cloches. Le capitaine Senegas emporta les archives. Les fruits décimaux de 1569 furent pris par Ducasse, Bernard et Pierre de Cazaux, Pierre de Guiremiorze et Jean Duluc dit Petro. En 1570, ce fut le sieur de Romogarde qui les enleva. Bernard de Coutures, sieur de Quartan eut : aussi sa part dans ce pillage. Pour qu'il ne restât rien de cette antique abbaye, les gens de la localité emportèrent jusqu’à la pierre des anciens bâtiments. Ce pillage dura même après la publication de la paix. Le capitaine Mesmes, secondé par ses soldats massacra Gaillard, curé de St-Loubouer à l’époque des premiers troubles, en 1569. Degoomi, prêtre, était curé de St-Loubouer en 1572. (Archives du Grand Séminaire d’Auch.) (Voir dans les Glanages de Larcher, T. XVI, p. 429, 452, etc., diverses notes relatives à St-Loubouer.) | |

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