‹ Poules et œufsChapitre 33 sur 34 · II. — Les modes d'engraissement · texte numérisé non relu

II. — Les modes d'engraissement

Oû distingue trois sortes d'engraieisement : la première, naturelle, consiste dans la nourriture volontairement absorbée par les animaux ; la seconde se fait par empâtonnement forcé de l'animal, et la troisième par entonnage, procédé qui ne diffère du précédent que parce qu'il emploie le secours d'un entonnoir spécial j tenu & la main ou fonctionnant au moyen d'une petite mécanique^. A vrai dire, ces trois modes n'en forment que deux, ru;n résultant d'un régime particulier, dont le point de départ est la privation de la liberté individuelle ; l'autre résultant d'une alimentation un peu plus abon-* dante donnée aux animaux auxquels on laisse toute leur liberté.

A. :— Ce dernier mode, ne fait pas les volailles aussi grasses, mais il procure, sans beaucoup de peine, des poulets qu'on apprécie sur la table quajid on leur a distribué , deux fois par jour, du maïs et du sarrasin, sortes de graines très-favorables au résultat chercbé. On alterne souvent avec une pâtée composée de pommes de terre cuites, écrasées avec un peii de recoupe ou de farine non blutée, et auxquelles on ajoute même, en leur saison, des émincés de betteraves.

Jl est à peine nécessaire de faire remarquer que les animaux dont on veut ainsi obtenir l'engraissement doivent être habitués à venir au premier aH>el, dans le lieu choisi pour la distribution extraordinaire de nourriture qu'on leur destine. Ce peut être une partie de la cour, tenue très-proprement, et dans laquelle on les garde pendant quelques instants, de manière à empêcher les autres de les dévaliser, de dévorer la meilleure partie du repas; ce peut être aussi, et mieux, une chambre quelconque, le fournil par exemple, une écurie, ou bien un petit parc formé par des claies en osier.

Pour commencer, on prend ordinairement les poulets dans

le poulailler, le matin, et on le» porte à l'endroit adopté. Ils y trouvent leur prpvende, qui disparaît promptement. Lorsque la place est nette, on leur rend la Ijbèrté, et l'on agit en toutes circonstances sans mouyements brusque^ sans ef^rer en rien lès animaux. La leçon enseignée est bientôt comprise et retenue : la reconnaissance, de l'estomac n'e^t lettre morte chez aucuu être vivant. La^ pensée de trouver à manger là où ils se sont repus 9 fait qu'aux mêmes bQure$ leè poulets reviennent poux prendre le repas qu'ils attendent et qui les at* tend, . ,

Pratiqué sur des ^poulets convenablement traités jusqu'à l'âge de six mois, ce procédé les rend excellents eH vingt-cinq jours environ. Lés mieux disposés ou les plus aptes sont complètement bons au bout de dix-huit ou vingt jours. La spéculation de l'engraissement s'accommode de cette plus grande aptitude et en bénéficie. Nous avons vu en quoi elle peut nuire à la formation des troupeaux d'élite. Nous le rappelons ici a^n qtf en aucun cas on ne réserve pour la reproduction les rebuts de l'élevage, Le moyen que celui-ci soit constamment profitable, c'est de conserver totijours pom* le renouvellement de la basse-cour les mieux venants et les mieux doués. >

Les bêtes adultes sont plus réfractaires aux effets de ce régime, qu'il faudrait d'ailleurs, toutes proportions gardées, ou plus abondant ou plus longtemps continué. Pour celles-ci, il y a incontestablement avantage à les ^questrer, ou du moins à les retenir dansées épinettes, meuble bien connu des ménagères, que représente admirablement la gravure 34, empruntée à M. Jacque, et qui sert, indistinctement aux couveuses et aux animaux à l'engrais. Il est très-essentiel de n'y étifermer ces derniers que lorsqu'ils sont bien portants' et se montrent déjà en bonne voie. Pour la réussite, qu'on né s'y trompe pas, ceci est une condition sine quâ non. En les prenant lorsqu'ils sont en pleine santé et^n chair, suivant l'expression consacrée, quinze jours de réclusion et de régime approprié dans la mue ou dans l'épinette, ce qui est tout un, suffisent d'ordinaire à donner d'excellentes volailles pour la vente. La période d'engraissement proprement dit doit donc être précédée d'une période de préparation qui désigne les plus

aptes à la spéculation. Oeei noue ramène à ce qne nona avong déjà établi plnùenrs fois, à savoir, qoe l'élection si facile des meillenra pour une vente immédiate est nn danger contre lequel il font être en garde, en ce qui concerne le renouvellement annnel des tronpeanx améliorés.

Revenant aui animaux h l'engrais, il fant séparer avec soin les mâles des femelles. La promiscnité des deux sexes est nn obstacle sérieux à l'engraissement. Bon coq ne fut jamais gras, dit véridiquement le proverbe, mais le tait s'étend à la pule. Rien ne doit détourner la béte k l'engrais de sa destination actuelle, ou bien elle n'emploie qu'une partie de ses forces vitales à transformer sans perte, en viande

GriT. Sk — fipitwtte pour l'«Dgrai»«meai dea tolaillet.

on en graisse, la totalité des alimenta qni lui sont donnés à cette fin.

L'engraissement habituel des volailles en liberté comporterait l'établissement d'nn petit parc pour chaque catégorie. La facilité, la promptitude et la perfection de l'engraissement remboursent en peu de temps les avances nécessitées par ce petit aménagement, lequel a cet autre avantage, fort appréciable aussi, de permettre de se rendre aisément compte dea profits ou des pertes de chaque éducation..

TJn parc varie d'étendue et peut fitre formé on par quatre, " ou par six, ou par huit claies, suivant le nombre d'individus dont il doit limiter la liberté d'allure. Chaque claie mesure en général 1 mètre de hauteur sur 1 mètre 50 de largeur. On

EiVGRAISS£M£IST ' 193

les appuie contre des piquets. L'éduc9.tion terminée, on les entasse sous nn hangar pu dans un grenier ; elles y tiennent peu de place et se conservent longtemps en bon état.

Après le repas du^r, les volailles parquées vont reprendre leur place accoutumée dans le poulailler pour rentrer au parc le lendemain, à leur lever.

L'engraissement des volailles dans Tépinette demande df autres attentions. Et d'abord, qu'elles soieïit en chaivf nous l'avons déjà dit; puis on enferme le même jour, dans cette cage commune, bien qu'à compartiments séparés, toutes celles qui doivent être engraissées en même temps. Le placement d'une nouvelle tête au milieu de plusieurs autres en voie d'engraissement trouble beaucoup celles-ci,, les détourne de leur fonction et leur fait perdre quelque chose comme deux jours à chaque. En se répétant un certain nombre de fois, ce fait augmente le nombre de jours voulu pour un engraissement ordinaire; il accroît aussi la dépense tout en nuisant à la perfection de l'engraissement. Il y a donc lieu , quand on enlève une bête grasse de l'épinette, de laisser vide sa place et d'opérer ainsi jusqu'à la dernière qui n'en sera que plus belle et meilleure. Cette nécessité obligerait à avoir plusieurs épinettes et à ne pas trop les rapprocher les unes des autres.

La nourriture des volailles à l'engrais doit être abondante et de boime qualité; on arrive graduellement en pende jours au niaximum de la quantité, afin de ne porter aucune perturbation dans les fonctions digestives, auquel cas les aliments s'arrêtent dans le jabot et fermentent. Pendant le même temps, la souffrance s'élève et, si cet état se prolonge, l'engraissement devient imposdble.^ L'animal est à retirer de l'épinette, son engraissement, indéfiniment retardé, ne porterait aucun profit. Il faut donc surveiller les volailles à l'engrais et explorer avec soin le jabot de celles qui ne mangeraient plus avec le même appétit, afin de diminuer temporairement leur pitance et, s'il y a lieu,. de les rendre à la vie ordinwre jusqu'à ce qu'elles soient bien rétablies. Il faut de la saiité, il faut la plénitude de la santé pour supporter sans malaise les effets d'une nourritui:^ assez forte pour conduire à l'engraissement. Les grains de. toute espèce et leurs fiuînes^ moins le seigle, qui est trop

duf en gràiù et trop relâcHanfc en &rine^ moins TaToine aussi, qui est plus totdque qu'engraissante, moins les déchets de toutes sortes de gcains qui ne sont pas assez >nutrlti&, p&Or vent être donnés ailx volailles à l'engrais. Leé ferineapeuvetit n'être pas blutées, mais le son seul, le son et les recoupes ne ' constituent pas des nourritures assez jubstantièlles. On donne lecTgraing et les pâtées dans lès petites mangeoires^e l'épinette, ^ l'on enlève les mangeoires sitôtque le repas est ter-» miné, a£ja de ne pas rôbutet les animaux. Dans l'intervalle des repas, on a la ptécaUtion de ne pas déranger les volailles dont le travail digeàtif s'acccnnplit d'autant mieux, d'une manière plus profitable par con'séqfuent que là quiétude est {dus grande, que le silence est plus complet et le jour moiÉs vif. autour des cageâ. " ,' i ' ; .

Lee mangeoires doivent être nettoyées, lavées et sécKéeë avec soin, quand on donné des pâtées, afin d'éviter alors qu'elles ôigrissetit Si avantageuses qu'elles soient, ces pâtées doivent être .administrées avec quelque modération. Les vdàiUes ne lés ' mangent pas toUjourp très-bien. Dans ce cas, on alterne les repas de grains avec ceux dés pâtées, ou bien on Mt entrer du grain dçns là composition de ces deHiîères.

On donne de deux à quatre repas par joui", suivant là ûature; des aliments, et l'on observe la plus parfaite régularité quant . aux heures. Lorsqu'on est en retard sur l'heiùre habituelle, les bêtes s'impatientent, crient, s'agitent et fo^t beaucoup de dé- . perditions; si l'on vient trop tôt, on les dérange dans leur digestion; elles n'ont pas encore faim et mangent mal» En dé- ' cri vaut ces choses, on paraît dépasser le but et s'arrêter ^ des détails trop mitfutieux. Cependant la bonne pratique ne procède pas aùtréïnent; d'ailleurs, elle fait bien toutes choses, presque sans s'en apercevoir, et se troute à la fin largement récompensée de n'avoir négligé auteune des attentions reconnues nécessaires.

A chaque repas, on pnésente à boire de l'eàu et même du lait, dans de petits pots. Les volailles boivent peu quand la pâtée n'est pas trop sèche. "

Au bout de quinze à vingt jours de ce régime, une bête de bonne race et bien choisie arrive à un état de graisse très-satisfaisant ; mais la perfection :(ie s'obtient qu'au moyen d'&u^

fcreôficiûô dont le type est offert par les engrâissëiirs de belles volailles de. la Flèche. Le procédé est spécial et mérite une' description à part.

B. — A la Flèche(on engraisse des coqs vierges et on fait des poulardesi. Le coq vierge est naturellement cdui qui n'a pas encore coché ; la poularde est la Jeune poule engraissée ayant qu'elle ait pondu. Le coq vierge n'est pas un chapon;. la poularde n'a .pas été davante^e soumise à la castration.

L'opération de l'engraissement des poulets, dans l'arrondis- ^ment de la Flèche, n'est gu^ entreprise par les éleveurs de' la race, maispar des marchands de volaille qu'on nomme pou^. laillers, et qui les achètent aux éleveurs. FUe devient ainsi une' industrie séparée, qui. est un nouvel exemple de la division utile du travail. . .

Les animaux à engraisser sont choies avec un soin particulier, avec une sorte de tact qui n'est pas très-commim, qûiJest surtout le propre des volaillers de profession. Les poulette8> désignées sous le n(»n de gélines, sont mises à l'engrais entre leur septième et leur huitième 'mois, époque à. laquelle leur croissance est à peu près achevée; les coqs viennent un peu plus tard^mais avant la fin de leur première année.

On opère l'engraissement sur 50, — 80 — . et jusqu'à 100 têtes à la fois. On commence en octobre, et lés engrai^ements se succèdent jusqu'à la fin du carnaval. On place lés animaux dans des cages appuyées aux murs d'une iâi^mbrè, cages auxquelles on donne de 0°*,50 à 0*°,60 de hauteur sar une longueur un peu arbitraire, mais ne dépassant jamais l'étendue nécessaire au logement de six têtes au plus. Celles-ci y sont à l'aise sans néanmoins pouvoir circuler.

€ On intercepte, dit M, Letrône, toute lumière venant directement du dehors. On calfeutre les portes et les fenêtres du local, afin que l'air extérieur ne s'y introduise pas trop librement,

« Pour habituer les poules au régime de nourriture et de. réclusion forcée auquel on va les assujettir pendant les huit premiers jours, on les renferme dans un lieii un peu sombre, et on ne leuir donne pour toute nourriture qu'une pâte délayée , un peu épaisse, faite avec la même farine qui sert à la compositiosi des pàtonô, et mélangée soit avec un tiers/

soit avec moitié de son. Pendant la durée de cette première éprenye , on leur donne à boire jet on les laisse manger à volonté.

c La monture qni sert à la composition des pfttons se £ut ordinairement dans les proportions snirantes : moitié de blé noir, nn tiers d'orge et on sixième d'avoine ; on en retire le gros son. Tons les jonrs on détrempe de cette &nne, dans du lait donx on tonmé, la quantité nécessaire pour denx repas, celai dn soir et celui du Wdemain. Quelques-uns ajoutent à la composition de cette pftte un peu de saindoux, surtout vers la fin du traitement; et cette pftte, qui ne doit être ni trop ferme ni trop molle, est roulée de suite en pfttons ayant la forme d'une olive de 0%015 de diamètre, et une longueur deO^Oe.

€ Le poulailler ou nôurrisseur, à l'heure des repas, qui doivent être jréglés, prend trois poules à la fois, les lie toutes trois ensemble par les pattes, les pose sur ses genoux, et, éclairé d'une lampe, il commence, pour unique fois, à leur faire avaler une cuillerée d'eau ou de petit-lait, — quelques-uns ne leur donnent pas à boire; — puis il introduit un p&ton tour à tour dans le bec de chacune de ces poules; et, pour faciliter l'introduction immédiate de ce pàton, il exerce une pression légère avec le pouce et les deux premiers doigts, en faisant glisser la main le long du col de l'animal jusqu'à sa poche : on évite ainsi le rejet du pâton. En soignant de la sorte trois poules à la fois, on leur donne le temps suffisant pour la dé-, glutition, et elles sont empansées à leur degré dans un prompt et égal intervalle.

€ Dès les premiers jours du pfttonnement, on se contente de faiblement remplir la poche de chaque volaille, et ^n augmente par degrés la dose des pfttons. O'est ainsi que l'on arrive à en donner à chaque repas douze, et même jusqu'à quinze. Il est essentiel de plonger les pfttons dans. un plat d'eau avant de les &ire avaler, cela focilite leur introduction.

€ Le temps déterminé pour l'engraissement n'est pas fixé, il se subordonne à la plus où moins bonne disposition de l'animal et à son degré de force. Quelques poulardes ne peuvent être conduites au complet engraissement sans danger d'accidents ; le nôurrisseur expérimenté sait le moment où il doit

EaNGBAISSEMENT. 197

arrêtw son travail. Nuls ne sont à l'abri de subir des pertes. Il y a, disent-ils, malgré leur savoir et leur attention, de la bonne et de la mauvaise chance, des années plus ou moins favorables, sans qu'ils puissent s'en expliquer les causes. Tels, après avoir pratiqué pendant, .plusieurs années avec bonheur dans une localité, quoique en agissant de même ailleurs, éprouvent des pertes sensibles , par l'impossibilité d'un complet ^èvement d'éducation de leurs poulardes.

€ Quelques volailles sont grasses et à point au bout de six semaines, d'autres au bout de deux mois. Quelquefois, si la poularde paraît être encore disposée à prendre bien sa nourriture, on continue de Ja liii donner le* plus longtemps possible, et l'on arrive à obtenir des phénomènes de poids.

« On câlcxile que certaines poules dé^nsent vingt litres de farine, d'autres peuvent aller jusqu'à en absorber trente litres ..' - . '..'.. -/ . . , ^

« Ces volailles, étroitement emprisonnées dans une obscurité constante, n'ont pas de litière sous elles et ne sont jamais nettoyées de leur fumier pendant la durée du traitement. Si les émanations azotées, abondantes dans le local, sont nécessaires pour aider à l'engraissement, elles sont toutefois nuisibles à la santé des nourrisseurs, qui en souffrent d'autant plus qu'ils ont une nombreuse collection de poules i, la graisse ; quatre-vingts ou cent poules à la fois.nécessitelit à ceux-ci do passer les journées presque entières et une partie des nuits dans ces foyers, d'infection. Quand le premier repas a commencé à quatre heures du matin, à peine se termine-t-il à midi, et le second, commencé vers trois heures du soir, ne finit que vers onze heures.

« Enfin, lorsque le poulailler retire ses poulardes de l'engraissement, il se charge lui-môme de les paigner et de les plumer, et, avant qu'elles firoidissent,* il les place, appuyées sur le dos, sur une tablette ou un, banc étroit, et leur fait prendre la forme que l'on connaît,^ en se servant de calets en bois ou en pierre pour les maintenir dans cette position ; puis, il étend sur toute la partie du corps en saillie un. petit linge mouillé, afin de donner un grain plus fin à la graisse.

c Le mode de pratiquer l'engraissement des poulardes se résume. donc à ces conditions principales :

€ 1* Choisir Tespèce la plus belle parmi les jeunes coqs efc les poulettes nés dans Tannée^ et annonçant toutes les qualités ci-dessus indiquées;

<c ^^ Ne leur faire subir aucune mutilation^ comme cela se I^tique pour les cbiq>ons et même pour les poules que l'on engraisse ailleurs ;

€ 8® Pr^wer un local obscur, où l'air soit le moins renouvelé, et où les poules soient. parquées dans des^log^s étroites, sans y être trop gênées;

<L 4^ Ne pas nettoyer ni enlerer les fumiers pendant toute la durée de Tengraissement;

« 5** Préparer les poules à la nourriture forcée pendant huit à dix jours avant le régime des pâtons;

« é^ Pratiquer avec adresse et promptittMle en leur disant avaler ces pâtons;

« 7^ Leur donner deux repas dans les vingt-quatre heures et à des heures régulières;

« 8** Ne pas tenir à leur faire avaler absolument un nombre égal de pâtons; s*en tenir pour cela à l'examen de capacité de la poche, qui, dans les premiers jours, doit être niodérément garnie, et plus tard complètement, mais sans excès }

« 9** S'en tenir à la seule nourriture indiquée, sans y apporter le moindre changement, sauf, dès le principe, à modifier leMosagé des mêmes ingrédients, «i on le jugô convenable;

« 10** Savoir discerner le point de maturité de Tengraissement et surveiller celles des volailles qui doivent être retirées avant ce terme lorsqu'elles menacent de mal foire ou de périr.

« Toutes ces conditions étant bien observées, on obtiendra de bons résultats, > (Le Poulailler, par Oh. Jaèque.)

Voilà donc le procédé d'engraissement par excellence, le procédé type, celui qui donne des poulardes dé quatre kilogrammes et des coqs vierges qui parviennent au poids de six kilogrammes.

Au point.de vue de l'hygikie, il n'est point sans reproche et nous fait peur. Ces pertes que le poulailler subit fatalement trouvent leur faéile explication dans l'air vicié du looaL II y a là un préjugé dont on ne guérirait pas aisément les engrais^

CËNGRAISSëMENT 199:

Beors , et il né faut pas compter de sitôt sor le bienfait d'es* pénences qn'aiicnu d'etix n'est certainement disposé à entreprendre, ponr éclairer la question de savoir. si la propreté n'aiderait pas plus que la malpropreté an succès de Tengraissément. Il faudrait sans doute combiner la première avec le maintien d'une ^certaine température dans la chambre aux volailles, car n est bien à supposer que tout le bénéfioe de Faccumulation des exciréments est dû au calorique que développé leur fermentation. On trouverait un moyen d'échauffsment du local plus salubre et non moins satis&isant. Mais la propreté exige de? soins inconnus,- un surcroît de travail, et là sera toujours le grand obstacle à quelque chose de mieut que la pratique routinière à laquelle on est tout acclimaté. •

On s'est rendu compte du prix de revient de l'engraissement qui demande environ quarante jours, et absorbe trente litres de mouture par tête, dans les proportions suivantes :

' Blé noir pour moitié, soit 19 litres.

Orge 10 —

A?oiae v . . . 5 —

On eiïtime qu'il faut, pour détremper cette quantité de farine, pour dix francs de lait écrémé ou de petit-lâit, et pour un franc de saindoux employé pendant les dix derniers jours de traitement.

Ajoutant à cela la dépense de main-d'cBUvre^ on obtint le prix de revient. On laisse en dehors la valeur de la plume et celk du gros son retiré de la farine pour compenser le loyer du local, lequel n'est pas occupé toute l'année, et le' prix de la construction grossière des loges.

; Le mode d'empâtonnement usité à la Flèche ne laisse pas que d'être long; il est précédé d'une opération préliminaire désagréable, ceUe qui consiste à lier ensemble trois* volailles pour les repas. Il y a dans cette pratique quelque chose de pénible et de fatigant pour le volailler et pour les animaux. Cependant le mode d'alimentation par intromission forcée des aliments paraît être le plus favorable à l'engraissement; il hâte le réiultat cherché tout en le complétant, tout en le rendant plus parfait. On a dès lors tenté de le conserver en le

200 POULES ET a:uF3

modifiant dans sonmanaelopératoire, et Ton a substitué an procédé qui vient d'être décrit ce qu'on a appelé Vmtonnage, c'est-à-dire l'iijgestion des nourritures par intromission forcée, au moyen d'un entonnoir. Mais alors la préparation des aliments diffère un peu quant à la consistance et aussi nécea* sairement quant à la proportion de liquide, — eau, lait ou petit-lait, — qu'ils renferment. Les pâtons qu'on introduit et qu'on fait glisser avec le doigt dans le jabot, sont un peu plus secs que la pâtée à introduire mécaniquement au moyen de l'entonnoir. La difi)érence toutefois n'est pas si considérable qu'il y ait lieu de s'en préoccuper beaucoup. ' ■

Quoi qu'il en soit, l'entonnage parait offrir de tels avantages que M. Ch. Jaeque suppose qu'il finira par prévaloir partout, tant il constitue un procédé simple, facile et pr^ijbique.

Mais il y a manière de s'en servir. Or voici, d'après le même écrivdn, comment on le pratiqué :

€ Celui qui veut engraisser des poulets se munit de farine d'orge et non d'orge cassé, car il ne faut pas que la farine soit accompagnée de son; elle doit, au contraire, être convenablement tamisée au moulin. On prend de la farine que l'on délaye sans grumeaux dans un liquide composé de lait et d'eau coupés par parties égales. Ce brouet doit avoir réj)aisseur d'une bouillie claire qui commence à cuire, et, je le répète, il ne doit pas y entrer plus de lait qije par moitié, car l'expérience a démontré que, dans le cas contraire, l'engraissement s'arrêtait au bout de quelques jours, et que le sujet finissait par décroître et mourir.

« On se procure en outre un entonnoir en fer-blanc, dont la capacité puisse contenir ce qu'il faut donner par repas à chaque sorte de volaille (grav. 85, — d^ et 37).

« L'ouverture supérieure de l'entonnoir aO"*,10 de largeur et 0™,06 de profondeur en mesurant son axe. Le tuyau pu goulot mesure 0",09 de longueur. La partie supérieure du tuyau ou goulot, celle qui tient au récipient, a 0",02 1/2 de large extérieurement, et le bout inférieur a 0",01 1/2 extérieurement. Ce bout, destiné à entrer dans le gosier des animaux, est coupé en diagonale et retroussé de feçon à former un petit rebord arrondi. Ce rebord est en outre bien adouci^ par une petite couche d'étain habilement fixée au fer à souder.

c An bord snpérienr de l'entoniioir est fixé on petit anneau destiné k recevoir l'index de la. main droite^ matB la place de cet aoneaa est loin d'être indifférente, car il fimt qne, tenant d'une main la tête de la volcdlle , on poisse de l'antre entrer l'entonnoir dans nu sens Tonla, ce qui se &it uatnrellement qnand l'annèan est conrenaUement placé.

' < L'orifice da bout inférieur de l'entonnoir ( qui, comme nous l'avons dit, efit coupé en diagonale) doit être tourné du côté de celui qui opère, c'est pourquoi l'annèan en question est sondé sur le bord snpérienr de l'entonnoir à O^fib à droite de la direction de l'orifice Inférieur du goulot,

c Les personnes qui ont nue grande habitude se servent de

CciT. is, M et S7. ■

l'entonnoir sans aacnn danger; mais celles qni n'en font pas continuellement nsage risquent d'érailler les parois du gosier; ^ aussi est-il excellent d'en entourer l'extrémité d'un bout en caoutchouc qui en augmente le moins possible le volume, et cette préuantion évitera les accidents pouvant déterminer des maladies.

< Toot cela rat très-simple, ^ je ne m'étends longuement BOT cette opération que pour la foire bien comprendre, et parce qu'elle est de la dernière importance.

102 ï>OULES ET ŒUFS

c La pâte préparée est placée (tans nn vase où elle puisse être facilement puisée avec un récipient en forme de cuiller à pot profonde ; puis^ quand tout est prêt, on saisit Tanimal par les ailes près des épaules, ejt on le place la tête en avant entre les genoux, de façon à le tenir sans le blesser ni l'étouffer. Il fait quelques contorsions les premières fois, mais il s'habitue bientôt. Lorsqu'il est bien calme, on passe l'index de la main droite dans l'anneau de l'entonnoir, on saisit la tête du poulet de la main gauche, et allongeant bien son cou, on lui ouvre le bec en s'aidant de la main droite ^ toujours armée de l'entonnoir.

c Quand le bec est convenablement ouvert, on s'arrange de feçon à le maintenir dans cette position en employant seulement la main gauche, et l'on introduit rapidement l'entonnoir " de tout le goulot, en ayant soin de ne pas offenser l'intérieur du gosier.

« La. main gauche tient tout àisémei\t, la tête du poulet dans la paume de la main et les trois derniers doigts, l'entonnoir soutenu par le pouce et l'index.

« On prend abrs la pâtée, dont on verse plein l'entonnoir, sans que ce soit trop au bord et maintenant toujours le cou convenablement allongé. On Ténxet la cuillet qui a servi à prendre la pâtée, et de la main droite on soutient le jabot du poulet jusqu'à ce qu'on le sente s'emplir, ce, à quoi on peut l'aider par quelques petits maniements. Alors on remet la volaille entonnée, et l'on passe à une autre.

« La quantité de pâtée que doit contenir l'entonnoir et absorber le poulet est d'environ un huitième de litre, mais on n'en doime que la. moitié au premier repas, et l'on n'arriére à donner la ration complète que k troisième jour : encore faut-il avoir soin de l'augmenter ou la diminuer, suivant la force de J'animai.

« Les repas se font régulièrement trois fois chaque vingt' quatre heures, et à huit heures de distance : à six heures du matin, à deux heures de l'après-midi et à dix heures du soir dans les maisons bourgeoises; à quatre heures du. matin, à midi et à huit heures du ^ir dans les fermes. . .

« Pour faciliter l'opération de l'entonnage, et pour éviter des accidents d'oubli ou des redierches qui fatiguent et effa-

ENGBXISSEMENI: 203

Touchent lea poulets, il faat avoir tinë organisation convenable qui consiste , suivant le nombre des^ animaux à engrai3ser, en deux, trois ou quatre caisses à claire-voie très-serrée, dans lesquelles ils ne doivent pas être plus de dix ensemble.

« Ces caisses, isolées de terre, sont placées à un endroit calme, dans une écurie ou tout autre lieu tempéré, à Tabri des courants d'air, et Ton doit toujours en avoiç en plus une qui reste vide.

« Quand- tout est bien préparé, on garnit le fond des caisses de paille fraîche, et Ton procède ensuite à Tentonnage en passant chaque poulet, apr^ ^u'il est entonné, dans la caisse restée vide. On continue ainsi jusqu'à ce que toutes aient, été transvidées Tune dans l'autre, et le changement de paille, qui a lieu tous les jours, se fait au fur et à mesure que Tune d'elles se trouve débarrassée. '

« La paille, ai-je dit, doit être, changée tous les jours, parce que les bons éleveurs, et surtout ceux qui travaillent pour eux, n'adoptent jamais le système de laisser les animaux sur leur fiente, ce qui leur communique toujours un mauvais goût. . ,

« Il faut suivre attentivement les progrès jie l'opération, et, si Ton s'aperçoit qu'un animal reste stationnaîre, on doit le tuer. .

■ € Il faut même ne choisir, pour les soumettre au traitement, que des animaux en bon état et d'une bonne santé, car on agirait en vain sur des poulets faibles qui, au lieu de s'engraisser, tomberaient malades et périraient sans aucun profit pour l'éleveur.

« La durée de rèngraissemerit eBt de quinze à vingt jours, suivant les sujets et les races; une plus longue durée ne servirait qu'à faire maigrir les animaux engraissés. »

Dans cette manière de faire, cela n'échappera à personne, les conseils dé l'hygiène sont entendus et soigneusement pratiqués. La propreté devient une condition indispensable du euccès. Ce n'est pas tout que de produire abondamment et la vfande et la graisse, il faut enoore et surtout les produire eu bonne qualité.

L'amélioration que nous demandions un peu plus haut dans la tenue des volailles de la Flèche est maintenant facile, et ne

doit laisser aucoïi donté quant à ses bons effets. On est bien certain qu'en ne les laissant pas sur leur fiente , on ne leur nuira pas. Mais en enlevant de leur habitation ce qui en élère la tempcrature à un degré conyenable il faudra pourvoir, par un moyen plus salubre, à réchauffement rationnel do la chambre à engraissement.

m. — Engraissement des Volailles k la mécanique.

Dans la précédente édition de ce livre, et comme idée première , nous avions indiqué un mode de simplification et de perfectionnement du procédé dit de Tentonnage.

L'idée a fait son diemin et une forme nouvelle des plus hardies et plus, heureuses a été donnée à Tindustrie de Tengraissement, des volailles; j'en emprunte la très-curieuse desCTlptionpar M. E. A. Carrière au Journal d'agriculture j^ra- .%w« (1872, T. 11, p. 591.)

« Dansune immense salle élevée et très-aérée, dit M. Carrière, sont placées sur. deux rangg six épinettes, trois. de chaque çôté^ dont on pourra se faire une idée par la Sgure 38, qui représente l'ensemble d'une de ces épinettes. Chacune d'elles peut être considérée comme un grand tambour prîsmatique ayant 2 mètres de hauteur sur 3".20 de largeur, complètement vide à l'intérieur, dontle centre seul est occupé par un axe en fer auquel se relie tout ; cet axe tourne à. volonté sur un pifot, entraîùant ainsi l'appareil entier , ce qui permet à celui-ci de présenter successivement ses quatorze faces sur un* même point. Chaque épinette comprend cinq étages numérotés de 1 à 5, de bas en haut, et porte à son sommet des numéros d'ordre qui vont de 1 à 14, nombre de séries parallèles verticales; des planches placées perpendiculairement divisent chaque case en trois loges renfermant chacune. un poulet (fig. 89 , n 10, 16, 12)^; il y a donc quinze poulets par sérié verticale,; puisqu'il y a cinq étages de cases, et comme ces séries soi t au nombre de 14 , il en résulte que chaque épinette contient 210 loges, par conséquent 210l habitants. L'étabh'ssement comportant neuf épinettes, six dans la salle supérieure e*) trois dans le eoub-eoI, près de 1,900 poulets sont à la fois

EN6RA1SSEHEKT ln&

eoomis à l'engraiBseineiit chez M, Odile Martin , et se kdou- Tellent BnccesBiTement selon les besoins. C'est donc, ainsi

FIjr. SS — Tue d« renBemble' d'une. 4pia«l(e,

qu'on pent le voir, nne industrie importante, une véritable ^drÀTtMdc rdailles, i là tête de laquelle s'est placé M- Odile

ibe *OULES ET ŒOFS

Kartrin. Il Va Banadire qne ni lafonne des épinettes, ni le nombre de séries , pas pins qne celni des éteges qu'elles com-, prennent, n'ont rien d'abâola, et qne ces choses penvent varier Btdvant le besoin qn'on ena, l'emplacement dont on dispose on la nature des volaillea qn'oli ee propose d'engraiaaer. Ces fonnes et les dimensions qn'a adoptées M. Odile Martin sont celles qni, dans lenr ensemble, lui ont paru réaliser les meillenres conditions. On comprend , du reste facilement que les cases devront être plus grandes poor des dindons ou des oies que si elles doivent contenir des poulets.

lîouB avons dit que la figure 88 dans son ensemble ; la figure 93 m d'un étf^ dessinée à une plus gra bien faire ressortir les détails, la chariot ou chaise mobile dans I chargé de donner à manger aux va gavmtr. Ce chariot est une sorte i assis l'opérateur; il contient nn eo ture, et de plue le mécanisme au m< «st poussée dans an tuyau E "(Èg. :

par une sorte de canule en cuiv:

gosier de l'animaL Ce diariot €i ment au gré de l'homme'qoi eatpl des bandas de fer D D disposées à < veur n'a qu'à tourner la manivelle cente se Mt sans effort par là pesi Après tous ces détails, nous poi tituded'être compris, expliquer \\ volailles , qui se fait trois fois par

veur procède: installé dans sa caisse, devant l'épinette, il' saisit de la main gauche , par le cou (fig. 38 et 40 ) , le poulet placé enbce de lui, et qui, par suite delà pression, ouvre le bec ; en même temps, de 1& main ^ite , il pnend le tube î! en caoutchouc et introduit la canule en cuivre, qui ie,tennine , dans le gosier de l'animal. Au même moment ,il appuie légèrement le "pied snr la pédale A (fig. 40 ) qui , par cett« pression, fait mouvoir l'aiguille de l'indicateur F , et la fait remonter vers le haut du cadran. C'est- ici surtoat que '^it se montrer l'habileté du gaveur: en^êmé temps qu'il appuie

KNGRAISSEMEHT lOI

BOT la pédale, il doit avoir l'œil sur l'indioaleai et- bien oliserver le mouTement de l'aiguille, de manière à s'arrêter juste au moment ou celle-ci est but le numéro correspondant à la case de la volaille qu'il gave, afin de ne pas dépasser la quantité de nourriture indiquée par ce numéro , lequel exprime cette qnautité en centilitres. Il fant beanconp moins de temps pour &ire toutes ces choses que nous en mettons à les énumérer/ce dont on se rendra bien compte lorsqu'on saura qu'un homme au courant de ce travEÙl fait manger, en une heure, 9«'' '' —'""'-

Tig. M. — CoropanliniDt mobile d'un ttage d'une tpinclle. (

AU. fur et à mesure que les poulets placés à la portée du gayeur ont mangé, l'opératenr, sans se déranger, tire un peu l'épinette ; ceUe-ci tourne sur son aze, emporte les animaux repos et en présente d'autres à qui l'on va fiiire subir la même opération. Lorsque tous les poulets d'un étage ont mangé, le gaveur pose sa canule dans le godet Q pour éviter tonte perte d'aliments, puis, k l'aide de quelques tours de la ma-

l'OULES ET ŒUFI

nivelle C (fig. ioyt&it monter Bon chariot à la hantear de l'être sapérieur, et ainsi de suite ^qn'à ce qtie tona les ponletB de l'épinette aient reçu leur ration. Alors le gavenv descend aa machine jnsqu'an boI où se trooTcnt deux rails

( un petit chemin de fer ) sur lesquels il la fait gUsser jusqu'à une antre épinette oà il recommence le même travaiL

Durée de Vengraistemetit. t- SniTant la nature des

volatiles, le temps nécessaire pour leiû: engraissement présente quelques variations; ainsi il est de quinze jours pour les canards, dix-huit pour les poulets, de dix-htiit à vingt jours pour les oies, et de vingt-cinq pour lés dindons. Ces cliif5&és présentent peu de variations pour chaque sorte; on peut même les considérer comme absolus, de sorte que, à jour et à heure fixes, on peut fournit telle quantité déterniinéè de volaiUes grasses.

Aliments. — Les nombreuses expériences auxquelles s'est livré M, Odile Martin lui ont démontré qu'en raison de rétat.de reposàpeu près complet dans lequel se trouvent placées les volaiUes, il leur faut à la fois ime nourritiure substantielle, rafraîchissante et aussi bonne que possible! aussi choisit-il ce qu'il y a de mieux. Cette alimentation se compose de'farine d'orge et de farine de maïs délayées avec du lait, de 'manière, à eu faire une sorte de bouillie consistante. La ration ordinaire varie entre 10 et 20 centilitres par repas et pour chaque volaiUe, suivant sa grosseur. Toutefois cette quantité maximum n'est pas donnée tout de suite : les deux ou trois premiers jours, elle est un peu plus faible, afin de préparer les poulets au régime; puis,- ayant reconnu les besoins de chacun d'eux, on arriveau maximum, qui ne varie plus pendant toute la période de Vengraissen^enl. C'est alors qu'on place à chaque case un numéro indiquant la quantité d^ nourriture nécessaire au poulet qu'elle renferme, ainsi, du reste, qu'on peut le voir figure 39.

Soins à donner aux volailles pendant T engraissement — Ce n'est pas non plus le moins important de Taffaire que de maintenir la propreté et de réunir les conditions' les plus convenables pour conserver la santé de ^tanit d'animaux, ce qui est une des premières conditions de succès. Grâce à un agencement tout particulier du matériel, toutes ces conrditions se trouvent tèalisées. Indépendamment de l'aérage, qui est très-bien entendu, la disposition des cases, qui sont fortement inclinées, permet aux déjections de tomber k l'intérieur des épinettes, d'où on les enlève tous les jours, puis on lave avec de l'eau additionnée de sulfate de fer; aussi la propreté la plus grande règne-t-elle dans toutes les parties, de sorte que, malgré cette quantité considérable .d'animaux

210 POULES ET OEUFÇ

accuihulés dans un espace relativement restreint, on n'y fl^t aucune odeur, même la plus légère.

Malgré tous ces soins minutieux, il était difficile de prévenir l'invasion des mites et des poux de poule, les plus grands ennemis des volailles. De toutes les éubstances (acides, alcalis, etc.) employées par ML Odile Martin, aucune ne lui avait donné jîe bons* résultats, il y avait toujours dé ces insectes, ce qui s'explique par la rapidité" avec laquelle ils se multiplient et par l'impossibilité, d'en détruireles œufe,. qui se collent sur les planches de l'épinette et entrent dans leurs interstices. Cest alors que M. Odile Martin eut l'idée de recourir à la vapeur d'eau. Chaque fois qu'une èpinette est vide, toutes ses parties sont placées, pendant une demi-heure environ, dans une sorte d'étuve, ou elles sont soumises à l'action concentrée de la vapeur, travail qui se fait sans difficulté, grâce à la mobilité des pièces de l'appareil. *. \ Conclusion. — L'engraissement des volailles & là mécanique est aujourd'hui un fait horstie doute, et fonctionne régulièrement au jardin d'acclimatation dans rétablissement créé par M. Odile Martin. Ses avantages ne consistent pas seulemenfdans la promptitude des moyens, mais siïrtout dans la qualité toute particulière de la viande des animaux soumis à ce traitement 5 ce qui s'explique, d'une part, par l'ensemble des bonnes conditions hygiémques que compr-end ce système ; de l'autre, par la qualité des aliments employée. La vîiande des volailles ainsi engraissées est ferme, très-fine, bien fnfonduéi^] la graisse, sans être trop abondante (ce qui n'est pas une qualité), est blanche, très-ferme et largement, Buffisante.pour donner à la chair une finesse et une saveur particulière. C'est donc un grand service qu'a rendu M. Odile Martin, et qui, nous n'en doutons pas, sera bien apprécié.

Page 1