‹ Poules et œufsChapitre 32 sur 34 · I. — Considérations particulières à l'engraissement · texte numérisé non relu

I. — Considérations particulières à l'engraissement

Bien que la destination dernière des volailles soit d'entrer <kns Valimentation de Thomme, la spéculation de l'élevage: peut néanmoins avoir, conmçie elle a à Belair,< un but spécial,: eS8entiel> tout autre> celui de la producdon abondante et lucrative de beaux et bons œuft, conséquence naturelle d'une culture intelligente de races pondeuses ayant pour objet prin^ cipal le déveloi^)ement aussi étendu que possible d'une &culté de l'espèce, de la fécondité la plus active et la plus continue de la'potde. Dans ce cas, on ne revient à cette autre aptitude/ — faire de la viande grasse, — qu'après épuisement plus ou moins rapide et plus ou moins complet de la première.

Dans d'autres situations, au contraire, beaucoup moins 430ucieux de la production considérable des œufs, qui n'est plus que très-secondaiiie, l'élevage recherche les races à viande et en poursuit le développement exclusif avec art, avec habileté, avec succès. Alors les animaux vont directement à la-<>onsommation, au marché. Leur vie est plus courte f elle n'est pas moins utile.

Voilà pour deux industries très-différentes, deux modes d'exploitation très-divers, divisant une même espèce et spécialisant les races. A pousser la spécialisation de celles-ci et de celles-là jusqu'à ses limites extrêmes, on ferait de la pondeuse une bête immangeable, que l'Acadànie nous pardonne le mot, et de l'autre une poule inféconde ou stérile.

Si féconde que soit la première, il y a certainement avantage à en faire une bonne volaille avant de la réformer; si élevé que soit le prix de vente de la seconde après sa complète préparation, encore faut-il l'avoir fait naître de reproducteurs capables. Or, la spéculation n'irait pas loin si l'élevage ne ccoiservait pas aux races les plus aptes à l'engraissement un

certain degré de fécondité, et elle reste yraiment incomplète qoandy après une ponte considéi:able, elle ne met pas les pondeuses en condition de vente profitable. On peut confier les œufe de la poule à yiànde à une couveuse étrangère à sa race^ mais il &ut qu'elle les donne ; il n'y a point à substituer à la pondeuse réformée une autre poule, et puisqu'elle doit, comme l'autre, finir siu* la t^ble , il est d'un intérêt bien entendu de faire qu'elle offre au coùsonmiateur un aliment Sain et nutritif.

Sans se livrer d'une manière spéciale à l'eâgraissèment à Belair, tous les poulets, tous les coqs, toutes les poules qui en sortent sont en bonne condition, plus gras que inaigres, trèsen chair et peu ossus. Cela tient tout à la fois, nous avons fort insisté sur ce point, à l'épuration constante des troupeaux dont la souche a été bien choisie, au régime excellent auquel ils sont soumis, aux soins éclairés qui les entourent . Des deux spéculations dont le poulailler est l'objet, celle de la production des œufs est là plus générale, la plus usuelle en France. Elle laisse saniB doute beaucoup à désîrer,'màis en disant comment elle est comprise et menée à Belair, nous.avdns: offert un spécimen achevé de perfection, un modèle à suivre en tous points pour obtenir à la fois riche inoisson d'œufs et viande de bonne qualité, t;'est-à-dire succès et profit.

Il nous reste à parler à présent de l'industrie spéciale de l'engraissement. En dehors du choix des races, tout ce qui est hygiène, reproduction, attentions particulières, esfe le même et tout aussi utile dans l'une et l'autre direction donnée au poulailler : il n'y a Vraiment qtié la prépâxrition qui apporte dès modifications à tout ce que nous avons dit jusquici ; c'est l'engraissement proprement dit.

Il en^est des volailles comme des autres animaux : toutes, alors même qu'elles appartiennent aux meilleures races, n'ont pas le même degré d'aptitude à fabriquer vite viande et graisse. Les trop jeunes s'occupent à parfaire leur développement ; les trop vieilles manquent d'activité physiologique, ou bien celle-ci est plus facilement détournée du but unique que se propose l'éducateur. Il en est de la pondeuse, par exemple, comme de la laitière; elle est d'autant moins disposée à prendre la graisse, que sa fécondité est plus déve-

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loppée efc actuellement plus active; de même la vache n'engraisse rapidement que lorsque Tactivité des mamelles s'amoindrit et s'arrête pour se reporter exclusivement sur la production de la viande; . . . . ' -

Il va sans dire que les bêtes souffreteuses et malingres, celles qui ont les plumes ternes, hérissées, qui sont dévorées par la vermine, engraissent malaisément, quand eÙesengraissent, et à perte pour l'éleveur plus qu'à bénéfice assurément. .

Ainsi, ni les très-jeunes, ni les vieux, ni les pondeuses au temps de leur fécondité, ne constitueront des animaux de choix pour l'engraisseur émérite. Ajoutons qu'il né s'exercera pas non plus sur les coqs qui ont servi les poules pendant un an, mais qu'il tirera très-bon parti encore des pondeuses réformées vers la fin de leur quatrième année, car il les engraissera trèsconvenablement en quinze ou dix-huit jours. Plus tard, la durée de l'engraissement devant se prolonger pendant vingt- (juatre et trente jours, l'opération cesserait d'être pécuniairement avantageuse sans réussir à donner à la viande une qualité équivalente à son prix de revient.

Enfin, une chose qu'il faut savoir également, c'est que les animaux nés d'œufs pondus par de vieilles poules, fécondées elles-mêmes par de vieux mâles, ne réussissent guère à l'engraissement. Le principe de la pécocité, -chez les produits, a sa base première dans la jeunesse des reproducteurs.

Si l'engraissement lucratif n'admet pas les bêtes âgées, il n'a pas de limites pour les jeunes, qu'il prend pour ainsi dire à la naissance, moins cependant parmi les produits des races à viande. qu'on trouve plus d'avantage à laisser venu: à tout leur développement que parmi ceux de la race commune, la moins spécialisée de, toutes, mais aussi la plus apte à tout faire. En échelonnant les couvées de celle-ci, comme. cela se peut, on a facilement des volailles, grasses toute Tannée. Au printemps, on entreprend les élèves tardifs de l'automne, ceux : qu'on a fait naître en septembre ou même en octobre. L'engraissement d'été est pratiqué sur les poulets nés tout au commencement de l'exercice, en janvier et février. Les naissances de mars et d'avril succèdent à ceux-ci, et les couvées de mai et de juin viennent à la suite. Les premiers et les derniers-nés de l'année, nn peu plus difficiles à mener à bien.

dédommagent néanmoins des soins plus particoliers qu'ils exigent par le pins haut prix auquel as se vendent» Us trouvent moins de concorrents sur le marché, où la demande est tout aussi active qu'aux époques plus ordinaires de la grande vente.

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