‹ Poulot en ItalieChapitre 6 sur 35 · REPOS · texte numérisé non relu

REPOS

Ceux qui viennent au village pour le repos se réjouissent de n'être pas morts.

Ils s'installent sur la paille des granges, se lavent au bord de la rivière, s'ébrouent sous les arbres des vergers.

C'est doux de voir des arbres verts, des maisons qui ne sont pas ruinées, des paysans qui ne sont pas des soldats. Chacun se distrait selon son habitude : les uns cherchent à mieux manger et surtout à mieux boire ; d'autres dorment ; d'autres sont habiles à gagner les bonnes grâces des femmes.

L'enfant aime bien ses camarades :

mais eux, pendant le repos, ne s'occupent point de lui. Ils utilisent, pour leur plaisir, ce précieux temps. On ne se serre plus

comme là-haut, les uns contre les autres. Alors, pour ne pas rester seul, il se promène avec des hommes qu'il connaît peu et qu'il aime moins.

Il regarde sans plaisir, pendant des heures, le vieillard et les femmes qui travaillent à la ferme. Ils ne cultivent pas bien et l'enfant ne comprend pas leur langage. Des étrangers pour lui.

L'officier entre souvent dans la grange. Il parle bonnement à chacun. On a plus de force, tant qu'il est là. Mais l'enfant n'ose pas lui répondre, et il respire plus librement à son départ.

Et puis on organise des re\'ues, où il ne faut pas se tromper ; des jeux et des concours, où triomphent les malins ; des théâtres, faits pour amuser. . .

Un matin, des messieurs sont venus dans de grandes automobiles. Les soldats qu'ils rencontraient, ils les groupaient et leur parlaient de « Poilus », de « RosaHc », du « Glorieux» et de * Pinard»...

De quoi se mêlaient-ils, ceux-là? Pourquoi regarder les hommes comme des bêtes

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