L'OXYGÈNE-MÉDICAMENT
que quelques industriels, maîtres de forges, chefs d’entreprise, ont organisé chez eux des services d’oxygénation, qui ont diminué, dans leurs ateliers ou leurs usines, le nombre des anémies professionnelles.
L’oxygénation par voie sous-cutanée est en train de modifier la thérapeutique des affections arthritiques. Au dernier congrès du rhumatisme, le docteur Brims, en 1928, a publié les remarquables résultats qu’il a obtenus dans cette maladie. D’autres ont dit combien elle est d’une aide puissante dans le traitement de la goutte.
. Passons-nous au domaine nerveux, nous trouvons, que les injections d’oxygène fendent les plus grands services non seulement aux névropathes, mais à des malades plus gravement alteints, et le docteur Toulouse a déclaré qu’il avait constaté de très beaux succès dans des cas de confusion mentale.
La chirurgie ne demeure pas à l’écart de ce progrès thérapeutique. Au cours de la guerre déjà, les applications heureuses de cette méthode ne furent pas rares. Le docteur Dodiau vient, de cette façon, à bout de gangrènes diffuses, le docteur Walther assèche par le même procédé des fistules résistantes, le docteur Bayeux guérit des moignons infectés. L’anthrax, si tenace, si douloureux, a cédé fréquemment, ainsi que l’a démontré le docteur Thiriar, à quelques injections d’oxygène faites autour du mal. Des hydarthroses graves ont disparu en quelques jours après injections analogues dans la cavité de la capsule articulaire du genou.
En énumérant ces diverses applications, qui auront évidemment une suite, nous nous sommes éloignés nettement, semble-t-il, de l’explication que
l’on pouvait fournir de ces actions favorables de l’oxygène quand il ne s’agissait que d’affections pulmonaires ou de troubles asphyxiques. Aussi faut-il trouver, comme nous l’avons fait prévoir, des raisons nouvelles. L’oxygène a assez de propriétés, en dehors de celle qui en fait l’aliment indispensable à nos innombrables usines organiques, pour que l’on puisse supposer quelles sont celles qu'il met en jeu dans des circonstances si variées. C’est d’abord un désinfectant de premier ordre et c’est là sans doute une des raisons de son efficacité dans les maladies infectieuses du poumon, comme le docteur Kirk vient de le montrer après quelques autres. C’est encore cette valeur de désinfectant qui le rend précieux dans la grippe et, d’autre part, en chirurgie. Le docteur Thiriar a exposé comment, si l’on en imprègne constamment les tissus infectés, il constitue contre cette infection même une arme puissante. Il favorise aussi en pareil cas les défenses naturelles de. l’organisme en exaltant sa vitalité par l’accroissement des combustions. D’autre part, on peut supposer que, porté rapidement par la circulation au niveau des centres nerveux, cet oxygène en excès (car, dans les exemples que nous venons d’invoquer, la respiration seule en apporte une quantité normale) y accomplit une besogne d’excitation et peüt-être de' régulation dont les désordres constatés, notamment au chapitre des maladies nerveuses, démontraient la nécessité.
Mais ne tombons pas dans le travçi'S critiqué par M. Ch. Richet : « Non seulement, dit-il, l’homme ne peut rien comprendre, mais il s’imagine qu’il a tout compris. » Les médecins n’ont guère de - ces illusions. Les explications qu’ils fournissent sont assez