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L’OXYGÈNE-MÉDICAMENT

tion très minime. C’est en considération de ces causes d’échec et aussi pour étendre le champ de la médication que l’on songea à faire prendre à cet oxygène une autre route et à le faire pénétrer dans l’organisme par voie sous-cutanée.

Au premier abord, cette innovation surprend. A la réflexion, elle se montre parfaitement légitime, à la condition, du moins, qu’on nous démontre que l’oxygène est absorbé quand il est ainsi introduit. Or nous savons qu’il en est bien ainsi depuis les expériences de Demarquay et Lecomte, qui datent déjà de soixante-dix ans, et ces expériences ont démontré qu’il est non seulement absorbé, mais utilisé comme il convient.

Il devient dès lors naturel de penser qu’il peut, en effet, trouver, au point où on l’introduit, les globules rouges qui lui servent, comme nous l’avons vu, de véhicule. Les médicaments que l’on injecte sous la peau n’agissent (et ils agissent, cependant, intensément) que parce qu’ils sont repris par la circulation et transportés de la sorte aux régions que l’on désire atteindre. N’en est-il pas de même pour l’oxygène? C’est infiniment probable. Même si cette explication est discutable, le fait est là : l’oxygène introduit sous la peau agit et, dans un très grand nombre de cas, beaucoup plus vite et plus énergiquement que s'il est simplement inhalé.

Toutefois, quoique les essais sur l’homme, faits en Espagne par Domine, datent déjà d’une trentaine d’années, quoique des médecins en grand nombre aient eu recours à ce procédé aussitôt qu’il fut connu, il n’entra vraiment dans la pratique que le jour où on eut à sa disposition une instrumentation un peu moins sommaire que celle que l’on proposait au début. Celle-ci devait permettre, pour

bouquet. — Pour bien se porter.

constituer un progrès réel, la mesure mathématique de la quantité de gaz dispensé en même temps que • se plier facilement à toutes les circonstances où il la faudrait varier. Ce fut le docteur Bayeux, mort il y a quelques mois, qui vint à bout de ces difficultés, et son oxygénateur de précision laisse loin derrière lui tous les appareils à poire ou à flacons qui jusque-là étaient mis à contribution. Armés de cet instrument, les médecins allaient pouvoir doser l’oxygène et l’administrer en connaissance de cause.

Bien entendu, dans les maladies du poumon, dont nous avons parlé, son action demeure, sous cette forme, aussi bienfaisante. Certains préfèrent, il est vrai, s’en tenir, du moins chez les intoxiqués par les gaz, à l’inhalation, pour des motifs physiologiques et surtout pour des raisons de commodité. Us n’hésitent cependant pas à joindre l’injection sous-cutanée à leur méthode pour accroître les chances de guérison. Dans les broncho-pneumonies, dans la coqueluche, les injections d’oxygène font de bon travail, ainsi que dans quelques suffocations ayant leur siège dans le larynx et où le passage du gaz inhalé est, en conséquence, gravement entravé,

Mais ensuite, quelle variété d’indications n’a-t-on pas découverte? Pour demeurer dans le domaine respiratoire, il n’est pas douteux que nombre de cas de tuberculose pulmonaire trouvent dans l’injection d’oxygène un soulagement très réel. Dans les maladies du cœur, elle calme fréquemment l’angoisse et ramène le sommeil qui avait fui. Dans les dyspnées infectieuses ou nerveuses, même résultat très satisfaisant. Dans la grippe, nombreux succès aussi. Dans beaucoup d’anémies, elle combat la déficience des globules rouges et aide le retour du sang à sa formule normale; Ceci à tel point

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