‹ Pour bien tenir sa maisonChapitre 19 sur 78 · PLUS RICHE · texte numérisé non relu

PLUS RICHE

i8 couv'' 24 COUV*'

de 60 fr.

à 90 fr.

de 90 fr.

à i4ofr.

de 100 fr.

à 180 fr.

de 155 fr.

à 340 fr.

LE LINGE Le linge de table, cet orgueil de toute maîtresse DE TABLE de maison ordonnée, doit être en quantité suffisanté afin d'éviter les désastres des lavages trop fréquents, et ce qui est devenu hors d'usage do être renouvelé chaque année à une époque fixe.

Le joli linge de toile pur fil, doit être d'un grain rond et pourtant souple à la main, sans nœuds, sans « bouchons », et ses lisières doivent être fines et régulières. Une lisière mal faite, avec des « clairs » et des « bouchons », se déchire avant que le linge ne soit usé. L'achat du linge de table demande donc beaucoup de soin et... pas trop d'économie; Téconomie n'est d'ailleurs jamais à propos, pour les choses dont on attend un bon usage. La maison qui nous occupe a besoin d'au moins deux services de table. Un, d'excellente qualité pour l'usage courant, et un autre plus fin pour les réceptions, qui constitueront le service fondamental nécessaire.

Le linge, qui a ses coquetteries, atteint à un degré de richesse et d'élégance que les bons vieux tisserands d'autrefois regarderaient d'un œil fort surpris. Voici que le linge se pare de dentelles, de points authentiques et précieux, de jours à l'aiguille et de broderies fines.

N'est-elle pas jolie au possible cette nappe de fin crêpe blanc doux et discret dont le milieu est orné, en carré, de motifs de Venise incrustés sur jour et dont la tombée est encadrée de jours à l'aiguille ? Et cette autre incrustée d'entre-d'eux au fuseau, n'est-elle pas séduisante ?

On fait aussi, pour les tables rondes qui sont en honneur dans certaines maisons où l'on a le sens du confort, de ravissantes nappes de la même forme que la table ; elles sont bordées de Cluny, quadrillées d'entre-deux ou ajourées de broderie anglaise.

On passe dans les hauts entre-deux de larges rubans de satin jaune, rose ou cerise que l'on noue, aux quatre coins, en grosses coques. On pose aussi sous les broderies à jour, des transparents de couleur qui les font ressortir et dessinent un « chemin de table » naturel.

Le beau linge doit être légèrement « glacé » par un calandrage soigné, qui lui laisse toute sa souplesse.

On trouvera dans les tableaux suivants la composition et les prix de différents services de « linge de table », qui serviront de base pour leur achat complet ou leur renouvellement partiel.

Nous n'avons pas cru devoir donner des indications pour Tachât des services de grande élégance, dont les prix sont aussi capricieux que leur fantaisie; il suffira de savoir qu'une douzaine de ces précieuses serviettes vaut facilement une centaine de francs et dépasse souvent de beaucoup ce chiffre, et que la nappe semblable varie, suivant la taille, de 300 à goo francs; encore trouve-t-on couramment ces modèles dans le commerce. Les pièces exécutées spécialement atteignent des prix fabuleux.

Tableaux de différents services de linge de table, comprenant chacun un service courant et un service de luxe.

Pour le petit appartement :

fr. fr.

3 douzaines serviettes de table simples à 13 36

4 nappes de 6 couverts simples à 8 52 2 nappes de 8 couverts simples à 12 24 2 douzaines serviettes de table

damassées à 28 56

I nappe 12 couverts damassée à 28 2S

1 nappe 18 couverts damassée à 36 36

Pour l'appartement moyen f 4 douzaines serviettes de table

6 nappes de 6 couverts à . . .

4 nappes de 8 couverts à . . .

3 douzaines serviettes de table

2 nappes de 12 couverts à. . .

1 nappe de 18 couverts à. . .

ir

Tableau d'un service de linge de table. Pour le grand appartement :

fr. fr.

5 douzaines de serviettes damassées à 30 150

12 nappes de 6 et 8 couverts à 34 288

5 douzaines de serviettes damassées à 30 250

3 nappes de 10 couverts, à 4° 80

3 nappes de 12 couverts à 46 9*

3 nappes de 18 couverts à 7° ^4°

Les serviettes ne se plient plus. On les laisse simplement dans les plis du repassage qui doit leur donner à peu près la forme dun carré. Elles se posent à plat sur l'assiette qu'elles recouvrent.

LES COQUETTERIES Les accessoires d'autrefois ont été ra- DE LA TABLE jeuiiis par les petites trouvailles d'au-

jourdhui qui les dépassent de beaucoup en quantité et en élégance.

he poisson se mange avec un couvert spécial ou avec une seule fourchette dont une dent large et plate sert de couteau.

Les fraises ont leur couvert : cuiller et fourchette, dont le manche se termine par quelques feuilles de fraisier entourant la fleur pour la cuiller, et le fruit pour la fourchette. La grande cuiller plate, pour les servir, est ornée de la même façon.

Les fruits ont leur petit couvert avec fourchette à trois dents longues et minces, ou le couvert anglais à manche coutellerie.

Le couvert à ècrevisses se compose d'un couteau court et d'une fourche.

Les légumes se mangent avec une fourchette à dents palmées réunissant assez bien les avantages de la fourchette et de la cuiller, fort commode pour les petits légumes, les macédoines, etc. On fait pour les asperges, de petites pinces formées d'une asperge d'argent et munies de deux anneaux où passent les doigts. On fait de semblables pinces pour éviter le contact de la sauce des artichauts ; l'extrémité de la pince s'élargit en double feuille dentelée. On sert ces deux légumes avec une pelle double à charnière, dont la décoration est appropriée. Les asperges sont apportées sur table dans un berceau fait de gros fils d'argent et reposant sur un plat de même métal, ou assorti au service. Pour les œufs : voici les coquetiers de fine porcelaine laiteuse, placés dans une armature d'argent reposant sur un plateau de porcelaine ; les petites cuillers arrondies, les « coupe-œufs » qui feront sauter la coquille s'y trouvent disposés de façon si commode que chacun peut prendre en se servant les ustensiles nécessaires.

Pour servir les œufs dans l'eau chaude, voici un plat de faïence crème, supportant un large bol de forme basse, à deux anses et à couvercle d'argent, terminé par une mignonne tête de poule. Ce bol contient une armature, où les œufs sont placés à l'abri des chocs, et que l'on retire à volonté. Les coquetiers et les accessoires sont rangés autour du bol. Pour retirer les œufs "de l'eau bouillante, on se sert d'une cuiller ronde percée au centre d'un large trou dans lequel l'œuf s'introduit.

Pour le consommé, voici l'assiette et le bol plat, à anses, en porcelaine brune doublée de blanc, avec couvercle et cuiller d'argent. Ce bol s'apporte tout servi devant chaque convive.

Les couteaux sont légion : il en existe pour le beurre en forme de spatule, qui se placent dans les beurriers, et de semblables, plus petits, qui ser-

vent à beurrer les tartines, les toasts, etc. D'autres, pour servir et manger le fromage, se rapprochent davantage du vrai couteau. Le couteau à caviar possède une lame courbe arrondie, en écaille. Pour découper le melon on fait un couteau à lame argentée très effilée, et pour chaque convive une fourchette coupante à trois dents.

ha. glace demande une pelle large, une serpette ou un couteau pour la servir et une petite cuiller plate pour la déguster. Voici encore le couteau à pain, de grande taille; le couteau à pâtisserie à grande lame argentée, la pelle à tarte, la pelle à pâté à manche court, ayant tout à fait la forme d'une pelle d'enfant.

Pour les œii/s sur le plat et le macaroni, on fait une cuiller ayant un bord très mince et plat et l'autre un peu roulé. Le ri^ se sert avec une curieuse cuiller hollandaise très creuse, à bout large et à manche court, semblable à ces cuillers de bois coloré que vendent les bazars. Les ragoûts, les sauces, le punch ont leur cuiller spéciale.

Les fruits se prennent avec une cuiller très creuse à long manche courbe ; cette forme est réservée pour les fruits au sirop, au vin, ou apprêtés sous la forme liquide. Une autre pelle plate sert à les faire glisser des coupes. Les confitures et les compotes se servent avec une grosse cuiller ronde.

Les hors-d' œuvre ont fait naître plusieurs ustensiles, spéciaux à leur usage : les sardines se servent avec une fourchette large à quatre dents écartées, le thon avec une pelle ovale, les olives avec une cuiller repercée, le saucisson avec une fourche; les couteaux à beurre et à caviar ont déjà été indiqués. Pour les autres hors-d'œuvre, des pelles et des tridents se placent dans les raviers. Le pèle-orange et le pèle-noix sont d'invention récente. Pour manger les escargots, on fait la fourche étroite et longue; pour les bigorneaux, une pointe aiguë cc>mme une épingle ; pour les huîtres, le trident large et court; pour les pâtisseries, une longue fourchette à deux dents, et, à peu près, la même pour les viandes froides. Les cornichons et les pickles ont leur fourchette étroite pouvant pénétrer dans tous les flacons.

Pour briser les pattes de homard ou d'écrevisse, voici la pince à double usage, et pour en détacher la chair délicate, voici la pelle individuelle faite d'une longue tige terminée d'un côté par une minuscule fourche et de l'autre côté par une sorte de manche creux. Les jambons, les gigots exigent un manche pour le découpage; les côtelettes aussi, pour remplacer les « fraises » de papier. On fait, pour remuer et servir la salade une sorte de pince démontable, mais qui ne vaut pas le bon couvert spécial, large et trapu. Suivant les mets et le goût des convives, on place sur la table une petite râpe à muscade enfermée dans un étui d'argent.

Les bouchons ordinaires des bouteilles sont remplacés par des bouchons de

liège fin surmontés de motifs en métal argenté dont la drôlerie est extrême : c'est un chien méditatif, un coq arrogant, un lapin inquiet ou une souris malicieuse. Pour les bouteilles respectables que Ton ne doit pas débarrasser de leurs poussières, on fait des anses en métal argenté simulant une anguille, enserrant le col et le pied de la bouteille, ou des supports affectant la forme d'un cep noueux. Les brochettes à rognon sont terminées par une tête d'agneau, une feuille, un fruit, une fleur, ou plus joliment encore par un élégant motif Louis XVI.

Nous voici sortis des couverts spéciaux pour entrer dans les véritables coquetteries de la table.

L'argent, le métal argenté, le vermeil et le fin cristal à facettes ou gravé en sont la base.

Voici tout d'abord la corbeille à fleurs, tantôt panier rustique, tantôt légère vannerie, faits tous deux de fils d'argent tressés. Un bassin de métal ou de porcelaine les double. Cela n'est-il pas plus joli et plus simple que l'antique jardinière Louis XV ?

Le vin se sert souvent en carafes, et quelquefois celles-ci sont remplacées par des brocs de cristal à anse et couvercle d'argent. C'est dans le choix du cristal que se porteront les recherches de l'originalité. Ces brocs conviennent à toutes les boissons, parce que le cristal en respecte la couleur.

J.a. glace à rafraîchir se passe dans un grand bol de gros cristal craquelé. cerclé d'argent et à anse mobile : le fond du bol est garni d'une grille sur pied. Le seau est un peu démodé. On puise la glace à l'aide d'une pince à griffe ou d'une pince coupante qui permet de diviser proprement les morceaux. La cuiller à glace doit être repercée.

La diversité des hors-d'œuvre oblige à des combinaisons ingénieuses si l'on veut en simplifier le service. On les sert sur un grand plateau rond, ovale ou carré, divisé en compartiments réguliers, où se placent les raviers de cristal. Un élégant service à hors-d'œuvre est le suivant : grand plateau rectangulaire en cristal cerclé d'un fil d'argent, et divisé par ce même fil en compartiments irréguliers; grande anse fixe, au milieu du plateau. Au centre, beurrier rond, à couvercle, flanqué du pot à caviar et d'un flacon trapu pour les olives ; tout autour, les raviers munis de leurs couverts spéciaux, complètent le plateau qui peut contenir une douzaine de hors-d'œuvre. On fait aussi des plateaux composés de trois feuilles de choux réunies par une anse et doublées de cristal. Ou bien encore de petites coupes de porcelaine blanche à bord jaune s'adaptant dans une armature argentée qui supporte en même temps pelles, fourches

et couteaux. Le beurre, le caviar et les sardines se présentent aussi séparément. Le beurrier se fait bas, large et tout en cristal cerclé d'argent, ou encore à double récipient, pour recevoir la glace. Il se fait aussi tout en métal argenté de forme boule. Un petit vase de cristal s'y enchâsse pour recevoir le beurre ; entre le fond et ce vase on place la glace pilée ; le couteau s'adapte au couvercle par un crochet. Le beurre se sert encore dans de petites coupes d'argent formant une grosse anémone, une marguerite, une fleur de nénuphar, que Ton place tous les deux ou trois couverts, et qui restent sur table jusqu'au dessert. Les sardines se servent dans des boites de cristal à couvercle et plateau d'argent ; la simplicité est leur seule élégance. On fait, pour le caviar, des bols de cristal cannelé, qui s'emplissent de glace et reçoivent un tonnelet assorti, tenu en équilibre par un croisillon d'argent, qui se fixe aux bords du bol. Pour le caviar encore, un pot de cristal enfermé dans une large résille de métal argenté; plateau semblable. Les flacons à pickles se font larges, en cristal taillé, à pans coupés et à grande ouverture, avec bouchon de cristal à facettes. Ils se placent soit par deux, soit isolément dans un simple support à anse, fait d'un gros fil rond de métal argenté. La fourche se suspend à l'anse.

La bouteille de sauce anglaise se place dans une gaine de métal surmontée d'une anse rigide très étroite et très haute. La bouteille entre jusqu'à mi-hauteur dans cette gaine.

Les salières sont de formes excessivement simples, en « bout de table » et en « saleron ». La première est Louis XVI à plateau ou à supports, mais sans ornements inutiles. La seconde, plus fantaisiste, est faite d'une coquille, d'une feuille ou d'un minuscule chaudron de vermeil doublé de cristal.

Pour le service courant, la salière à l'anglaise est des plus commodes : le sel se place dans un godet large et bas, la moutarde et le poivre dans deux flacons trapus; les trois ustensiles reposent sur un plateau de cristal et sont maintenus par trois cercles de métal argenté.

Comme la salière, V huilier doit être simple; l'élégance est dans la beauté du cristal et la sobriété des ornements. L'huilier fait d'un gros fil argenté formant l'armature et l'anse, d'un seul jet, sans soudure, est tout à fait élégant, bien que d'une simplicité toute britannique. Les moutardiers isolés se font larges et bas en cristal à côtes, cerclé d'argent.

On fait pour la salade des saladiers ravissants, en cristal taillé ou craquelé, dont le bord est orné d'une « frise » de pissenlits en argent ciselé, ou de capucines en vermeil; ces bordures sont fort jolies. Le saladier d'argent martelé, plus riche, n'est peut-être pas aussi élégant.

Les desserts exigent encore toute une quantité d'objets susceptibles de mettre

en relief l'art de l'orfèvre. Pour les fruits, ce sont des coupes de cristal cerclées d'argent, des assiettes à pied bas, se posant sur un pied indépendant en orfèvrerie, des corbeilles plates en vannerie de métal argenté, ou d'énormes feuilles renversées. Pour les compotes et les crèmes, de grandes jattes dont les cristaux sont garnis d'appliques d'argent ciselé. Les fraises des bois se servent dans de petites coupes de porcelaine transparente, en forme de feuille de fraisier, groupées et enchâssées dans des cercles de métal, qui retiennent aussi la cuiller; au centre du groupe une autre feuille recroquevillée porte le sucre et la cuiller trouée. On fait pour le raisin une large feuille de vigne dont la tige contournée se dresse et remonte, pour se terminer en crochet au-dessus de la feuille et recevoir la plus belle grappe; les autres se placent dans la feuille d'argent; les ciseaux ont aussi leur place dans cet ingénieux bibelot. Une grosse fleur de nénuphar ou d'anémone forme un bol pour le sucre en poudre. Les « poudriers » se font unis à bouchon Louis XVL

Le presse-citron peut aussi, à certaines occasions, paraître sur la table. Il n'écrase plus le citron, il le serre, comme on le ferait avec la main. Le soda se place dans une légère armature en fil argenté. On réunit encore sur un plateau spécial tout ce qui est nécessaire à la confection de la citronnade, que des coutumes étrangères font quelquefois figurer au repas.

Un joli pot à miel peut être fait d'une abeille géante dont les ailes repliées forment couvercle. L'intérieur est doublé de cristal. Une longue cuiller à boule d'argent sort d'entre les ailes. Dans le même esprit, la confiture aura, suivant sa nature, un récipient fait d'un gros abricot, d'une énorme fraise, ou d'un autre fruit de métal argenté doublé de cristal.

Quatre tartines trouvent leur place sur un plateau qui porte en guise de séparations les lettres du mot « Toast » en fil argenté. Les biscottes sont servies dans des boîtes unies, en métal argenté, ou en cristal cerclé d'argent; ces boîtes ont détrôné les seaux à biscuits. Une grosse fleur épanouie devient assiette à gâteaux, à petits fours, à marrons glacés.

La corheille à pain est simple, mais robuste, et d'une forme susceptible de recevoir un nombre suffisant de morceaux coupés. Le ramasse-miettes ne se fait plus en brosse, mais en forme de pelle qui fait glisser doucement les miettes au lieu de les jeter sur les convives.

Les coquetteries de la table sont des plus nombreuses, mais les plus élégantes seront toujours les plus simples.

Les Menus Voici encore un des ornements de la table, et non des moindres, lorsque le bristol est rehaussé

d'une gravure à l'eau-forte, d'un croquis à la plume ou d'une aquarelle signée d'un nom connu.

Le menu doit porter une illustration de valeur, ou se priver de tout ornement. Dans ce cas, on choisit simplement un bristol ivoire à coins arrondis et dorés, portant en tête les armes ou le chiffre des maîtres de la maison. Ce menu-là est toujours joli et peut paraître sur toutes les tables.

On place un menu devant chaque couvert, ou seulement quelques-uns, un peu plus grands, que l'on répartit sur la table.

Le nom de l'invité est écrit au dos du menu, que l'on place alors de façon que le nom soit apparent, mais plus souvent un petit carton de bristol spécial porte le nom de l'invité; ce carton est uni, à coins dorés, avec armes ou chiffre minuscules, si le menu est orné de la même façon.

Chemins Le chemin de table se nomme maintenant « centre DE TABLE de table », « tapis », et ne mérite plus le nom de « chemin » que lorsqu'il conserve sa forme allongée d'autrefois. Les « centres » sont ronds ou carrés; les premiers vont sur toutes les tables, et les seconds sur celles dont ils ont la forme. Mais les tables longues sont toujours mieux ornées avec le « chemin ».

Celui-ci se fait en « crêpe » blanc, brodé au passé et encadré de deux rangs de jours, ou encore incrusté de petits motifs différents, en vieux points de Venise et bordé d'un picot. Les motifs sont très rapprochés et forment avec le fond de crêpe un quadrillé régulier. En voici un autre de satin blanc, brodé de fines marguerites en broderie anglaise entourées d'une guirlande de feuillage, et bordé d'une dentelle en point de Milan; pour le déjeuner, ce « chemin » se pose sur un transparent de couleur vive, « bouton d'or », par exemple.

Les « centres de table » ronds sont considérés comme les plus élégants à cause sans doute de leur récente apparition. Ils sont entièrement en dentelle, Milan, Venise ou Cluny ; ou bien montés sur un fond de toile batiste, de la largeur d'une assiette, bordé d'une haute dentelle en forme, en point de Paris,

Les « centres » carrés sont ornés d'incrustations, de jours, de dentelles et de carrés de filet.

Les tissus employés pour les « centres habillés » sont le crêpe blanc mat et le satin blanc qui se nettoie fort bien ; les fonds et les broderies de couleurs sont réservés pour l'intimité.

Jnsfallafiotj du ^omt.

CABINET DE TRAVAIL STUDIO. BIBLIOTHÈQUE SALLE DE BILLARD. FU- MOIR. ATELIER D'ARTISTE

CABINET DE TRA- Dans ce sanctuaire du travail et de l'étude VAIL ET STUDIO tout doit contribuer à la tranquillité de Tesprit.

Son ameublement peut même affecter une certaine sévérité.

Si Ton choisit le style moderne qui prête à de si ingénieuses combinaisons de bureaux, de meubles et d'étagères, on aura soin d'éviter les exagérations qui sont l'écueil de ce style.

Si le cabinet de travail n'est pas celui d'un avocat, d'un médecin, obligé de ménager les susceptibilités de ses visiteurs, mais celui d'un homme tout à fait indépendant, il pourra prendre une allure beaucoup plus intime, plus artiste, et devenir l'un des plus agréables coins de la maison.

L'ameublement moderne peut être d'acajou sombre ou de clair citronnier qui se prêtent l'un et l'autre aux mêmes formes de meubles et de sièges. Ceux-ci seront larges et robustes. Les dossiers épousent la forme des épaules, les accoudoirs sont commodes. On les recouvre de cuir fauve et mat s'ils sont de citronnier, et d'un velours uni capucine foncée, par exemple, s'ils sont d'acajou. Le bureau doit avoir un fauteuil spécial bas et arrondi.

Le milieu de la pièce sera simplement occupé par le bureau. Les autres meubles se partageront les murs et les encoignures, et la plus large fantaisie leur est permise.

6o POUR BIEN TENIR

Un d'entre eux, au moins, doit être assez élevé et combiné de façon à recevoir les papiers, les livres, les journaux et à cacher leur désordre. Les portes seront donc pleines, ou à verres cathédrale, ou tendues de soie. Il sera muni de tiroirs à poignées ouvragées et ciselées et d'étagères irrégulières qui rompront sa monotonie.

Pour faire vis-à-vis à ce meuble, en voici un autre fort original ; plus large et moins haut que le premier, c'est une sorte de banquette très encaissée entre deux montants et dont le fond revient en auvent au-dessus du siège; au-dessous de cet auvent court une étagère qui supporte quelques jolis vases. Cela forme un coin propice au repos et à la méditation. L'importance de ce meuble peut être doublée par l'adjonction de deux petites bibliothèques basses, sans portes, dont le dessus fait suite à l'étagère du meuble de milieu.

La toile unie avec décoration au pochoir, ou le papier au lé avec retombée de grappes fleuries, est ce qui convient le mieux pour la décoration des murs. Avec les meubles d'acajou, un papier ou une toile de teinte rouille, s'harmonise fort bien. Le haut peut être décoré de motifs stylisés empruntés à la capucine, au chardon, à l'algue et à tous les feuillages d'automne.

Les tableaux ne devront pas abonder, mais être choisis selon les goûts et d'après l'ensemble de la pièce. Les bronzes, les statuettes et les grès, se nicheront à ravir sur les étagères qui seront, par endroits, divisées en petites cases irrégulières.

Une très heureuse idée est de faire recouvrir le revêtement blanc de la cheminée de plaques de céramique à grandes coulées de tons différents, mais harmonieux, et de masquer tout le marbre visible par une cheminée de boiserie sculptée, s'y adaptant exactement. Cette même boiserie remonte en encadrement autour de la glace.

Si la cheminée' est très saillante, on peut faire placer de chaque côté, donc en retrait, un petit meuble long, dont la profondeur sera celle de la largeur d'un livre, à quatre rayons, sans portes, mais surmonté de petites cases fermées à portes sculptées.

Les étagères à livres se font souvent ouvertes, mais elles gagnent à cela tant de poussière, qu'il serait préférable de les

SA MAISON 6i

fermer par un simple rideau de taffetas, monté à anneaux de cuivre, glissant sur une tringle semblable, ou mieux encore par une coulisse de bois à fines lames, disparaissant dans l'intérieur du meuble; mais cela complique sensiblement la façon et n'est faisable que si la forme du meuble s'y prête.

Le bureau peut affecter la forme la plus fantaisiste à la condition de rester un bureau n'ayant rien de commun avec la coiffeuse ou le bonheur-du-jour.

Ses dimensions doivent être celles d'une grande table à écrire, et les cases, les tiroirs ou les rayons, qui ornent son plateau, ne doivent pas empiéter sur la place réservée au travail. Le corps du bureau aura autant de tiroirs, de casiers et de portes, qu'il sera possible d'en aménager. C'est la première qualité d'un bureau que de pouvoir renfermer, à portée de la main, tout ce qui est utile pour écrire et travailler.

Si l'on choisit un bureau à bouts arrondis, on peut faire exécuter les classeurs à lettres et à papiers dans le même mouvement; on les place à droite et à gauche un peu en avant, ce qui laisse tout le milieu et le devant du bureau entièrement libre. En faisant ces classeurs plats et assez larges, on aura la ressource de pouvoir poser dessus une lampe de travail. La lumière ainsi élevée n'en éclairera que mieux le bureau. La place indiquée de celui-ci est le centre de la pièce, mais, de toute façon, il doit être éclairé à gauche, aussi bien dans la journée que le soir.

Le meilleur éclairage de travail est, sans contredit, une bonne lampe, à flamme vive et très abritée par un abat-jour tendu ou doublé de soie verte. C'est la seule nuance qui convienne à la vue, pour un travail assidu. Cet éclairage doit briller à la hauteur de la tête et non pas au-dessus, car il pourrait frapper le regard ou rencontrer un obstacle qui deviendrait une ombre gênante.

C'est aussi dans le cabinet de travail que Ton place souvent le coffre-fort, meuble disgracieux, sans doute, mais indispensable pour que papiers, valeurs et bijoux soient en sûreté.

Le meilleur coffre-fort est le coffre classique d'acier, sans joints extérieurs et blindé ; son aspect est massif, sa couleur laide, c'est le coffre-fort de commerce, qui ne fera pas très jolie figure dans le cabinet de travail où tout aura été choisi avec recherche. Mais il y a heureusement plusieurs moyens de le transformer, de « l'habiller » pour mieux dire, car l'intérieur du coffre restera le même.

62 POUR BIBN TENIR

Le premier et le plus simple moyen de Tembellir est de le faire peindre du ton des meubles, ou de le faire laquer blanc ou gris ; cependant si la tonalité générale de la pièce n'est pas très claire, cela ne servira qu'à faire ressortir davantage le coffre, au lieu de le confondre avec les boiseries.

Il sera donc préférable d'assortir sa couleur à celle de Tameublement.

Certains constructeurs de coffres-forts excellent à habiller ceux-ci de fine ébénisterie, d'après les indications et les dessins qui leur sont soumis. Le coffre n'est plus alors qu'un meuble élégant, dont l'apparence même détournera les soupçons.

Le coflre-fort demande un bon éclairage, le peu de développement de la porte rendant l'intérieur assez obscur. Son transport se fait par des maisons spéciales, possédant le personnel et l'outillage nécessaires.

Le cabinet de travail peut être en même temps le studio. Il oagne alors en art ce qu'il perd en élégance, au moins dans une partie de la pièce, car il faut réserver aux travaux qu'il peut abriter une place suffisante, bien en lumière. Une grande table à dessin, placée devant la fenêtre, et accompagnée de petits meubles, de sellettes pour les accessoires, est indispensable dans un studio. En dehors des heures de travail, un des grands meubles du cabinet peut renfermer tout l'attirail de l'amateur. La table à dessin, couverte d'un carré de panne, ou de même toile que celle des murs, deviendra table de lecture pour le soir. Et le studio qui aura vu son hôte travailler et repousser les cuirs blonds des belles reliures, ajuster les coffrets de bois et de métal ciselé, sculpter la corne transparente des coiffures et modeler la cire des petites figurines gracieuses, reprendra l'aspect ordonné d'un bureau, grâce à l'ingéniosité de l'organisation.

La moquette de ton neutre est ce qu'il y a de mieux pour le cabinet de travail. Elle fait valoir d'ailleurs la douceur de tons des tapis d'Orient, que l'on jette par-dessus, dans un beau désordre. Il existe des tapis lavables, que Ton peut placer sous la table du studio pendant qu'on y travaille.

BIBLIOTHÈQUE Elle s'accommode parfaitement de l'élévation des vieilles demeures qui permet le classement des collections importantes, car la bibliothèque n'a lieu d'exister que si l'on possède un nombre respectable d'ouvrages. Sa décoration et son ameublement seront plutôt sévères et

d'une neutralité de tons générale. En dehors des meubles consacrés aux livres, la bibliothèque comporte des fauteuils bas et larges, de cuir ou de velours, des chaises confortables, un ou plusieurs divans profonds surmontés d'étagères.

Une fort élégante manière de les orner consiste à faire tomber entre l'étagère et le divan un petit rideau de velours de même couleur que le siège, qui comble le vide du mur et fait une sorte de trait d'union entre les deux meubles ; ces petits rideaux, qui ont l'air de ne servir à rien, sont tout à fait meublants et jolis. Une grande table de milieu est presque indispensable pour poser les volumes, les consulter et prendre des notes ; d'autres petites tables légères aussi sont nécessaires auprès des fauteuils, où l'on s'installera pour lire.

L'éclairage doit être ingénieusement combiné, car la lumière doit porter plus spécialement sur les rayons de la bibliothèque.

Une petite rampe que l'on dissimule dans la corniche des meubles projette à souhait la lumière sur les volumes et facilite la lecture des titres. 11 est aussi très commode d'avoir une petite lampe à main avec un très long fil mobile, pour s'éclairer dans la recherche des livres, courir d'une bibliothèque à l'autre et grimper sur la petite échelle roulante à balustrade, qui fait partie du mobilier de fond de toute bibliothèque importante. Un angle de la pièce lui est réservé, dans la pénombre, car elle est, somme toute, peu décorative.

Les bibliothèques pourront affecter des formes diverses suivant la quantité de volumes que Ton aura à classer. Si leur nombre ne demande pas un rayonnage considérable, de jolis meubles, qui peuvent être fort grands d'ailleurs, les recevront, tout en les préservant de la poussière dont les bibliothèques murales ne sauraient les garder. Ces meubles, de style moderne, seront très simples — tout l'intérêt devant rester aux livres. Les bibliothèques murales sont constituées par un robuste rayonnage montant jusqu'au plafond, et sur lequel on peut classer d'innombrables volumes. Mais ils ne sont malheureusement pas à l'abri de l'air ou de la poussière. On les protège cependant assez bien, par un lourd rideau de velours tombant à 20 centimètres de terre.

Lorsque la construction le permet, on peut encore ménager la bibliothèque en creux, dans l'épaisseur du mur, le rayonnage ne dépassant pas le niveau des murs voisins, et faisant en

somme l'effet d'un immense placard. Les livres sont ainsi mieux protégés, les rayons sont plus solides et la pièce n'est pas diminuée par l'avancement de la bibliothèque.

Les bibliothèques portatives, c'est-à-dire sous forme de meublesde dimensions variables, sont assez pratiques pour le rangement des livres plus fragiles ou de collections spéciales.

Les bibliothèques tournantes se placent sur la grande table du milieu et sur les petites tables de lecture pour avoir, à portée de la main, les ouvrages commencés. Elles se font aussi plus importantes, montées sur pied solide, et se placent alors un peu en retrait, dans les angles ou près des fenêtres.

Le classement des livres doit être fait avec soin ; les volumes les plus lourds seront placés autant que possible sur les rayons du bas, les autres seront réunis par auteurs, et par époques si l'on possède des ouvrages très anciens. Si la bibliothèque est tout à fait importante, il est bon de dresser une sorte de catalogue avec le titre des ouvrages, le nom des auteurs et la place qu"ils occupent.

On aura soin, dans le classement des livres, de les aligner avec ordre ; s'ils sont inclinés, même légèrement, la reliure, à la longue, se voilera ; les livres brochés souffriront plus encore de ce placement défectueux, ils seront tordus, s'ouvriront mal et se déchireront plus vite. Les rayons doivent toujours déborder de quelques centimètres au-dessus des livres pour les protéger.

Il est bon aussi de tenir une petite comptabilité des ouvrages prêtés et empruntés, pour éviter les oublis et les distractions, tout aussi bien pour soimême que pour autrui. Voici comment on la dresse.

Livres prêtés.

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